Vainqueur de l’édition 2007 avec Sochaux, Alain Perrin, sans pression ni superstition, espère transmettre la magie de la Coupe de France à ses joueurs, samedi face au PSG.
Comment l’OL aborde cette finale de Coupe de France, la première depuis 1976 ?
Avec beaucoup de plaisir. On a déjà envie d’y être. Il y a une excitation particulière. Mais il faut être capable de bien gérer l’événement. Etre capable de gérer son émotion. Et mettre les ingrédients suffisants pour, non pas jouer cette finale, mais la gagner.
Vous avez remporté la dernière édition avec Sochaux. Quels sont les ingrédients du succès ?
Nous n’étions pas favoris avec Sochaux contre Marseille. J’ai déjà parlé avec les joueurs de la joie de disputer une finale. C’est un instant magique et rare dans une carrière. Il faut l’aborder avec conviction car rien n’est plus terrible que de perdre une finale. Il faudra mettre ce qu’il y avait dans nos derniers matchs contre Sedan, Nancy et Auxerre.
C'est-à-dire ?
Etre présent mentalement. Celui qui la veut le plus va la chercher. Le PSG a des arguments. Ils sont libérés du poids du maintien. Il y a à Paris des joueurs de qualité comme Pauleta, Diané, Rothen, des défenseurs solides et un gardien souvent en réussite dans ces grands moments. Ce sera une belle finale.
Depuis le début de la semaine, les joueurs répètent à l’envi que le PSG est une équipe de Coupe et le favori de cette finale. Est-ce votre avis ?
N’oublions pas qu’ils ont l’avantage de jouer à domicile. C’est une équipe de Coupe parce que chez elle, elle est transcendée par son public. C’est ce qui peut amener ce surcroît d’efficacité. A nous d’aller chercher l’exploit. Car ce serait un véritable exploit de battre Paris au Stade de France et de réaliser le doublé.
Vous avez battu le PSG deux fois cette saison en L1. Est-ce important dans la préparation de cette finale ?
Il faut se souvenir des contextes. La première fois, le PSG était une équipe mixte, très jeune. Le match retour a été plus serré chez nous. Paris a vécu une période noire avec un manque flagrant de réussite et des buts bizarres. Quand on voit la qualité du jeu qu’ils peuvent produire, on s’étonne qu’ils aient dû attendre la dernière journée pour se maintenir. A l’inverse, en Coupe de la Ligue, ils se sont imposés en fin de match. La Coupe leur sourit.
« Je n’en fais pas une affaire personnelle »
Votre approche du match sera-t-elle la même qu’avec Sochaux l’an dernier ?
Je ne suis pas superstitieux. Ce n’est pas la même équipe, pas les mêmes hommes. Je n’en fais pas une affaire personnelle. Je suis juste le préparateur qui doit faire gagner l’équipe.
La Coupe de France était l’un des objectifs fixés par le président Aulas en début de saison. Ressentez-vous une certaine pression ?
Non, nous avions plus d’ambition en Ligue des Champions. Le titre était aussi plus important d’un point de vue économique. Les Coupes sont des bonus. Je suis encore frustré de cette élimination en quarts de finale de la Coupe de la Ligue. J’ai de l’appétit sur la scène nationale : j’aurais aimé faire le triplé.
Quand Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe, les derniers Lyonnais à avoir remporté la Coupe de France en 1973, sont présents aux entraînements, ressentez-vous le poids du passé ?
Oui, il y a aussi Georges Prost, directeur du centre de formation. Les anciens joueurs rappellent ce passé mais l’environnement aussi, notamment les personnes qui ont assisté à cette dernière victoire quand ils étaient enfants. Ils veulent revivre un moment historique. Nous avons une responsabilité envers tous les Lyonnais qui attendent cette Coupe depuis si longtemps.
De notre correspondant à Lyon, Olivier Vincenti
Olivier VINCENTI

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