VIENNE (AFP) - Après s'être débarrassée de l'Italie aux tirs au but (0-0 a.p., 4 t.a.b à 2) en quarts de finale, l'Espagne se projette déjà vers la finale, mais tous les feux sont-ils vraiment au vert pour la "Roja"?
Petit tour des points encourageants et inquiétants.
= Encourageant
. Double malédiction brisée
Depuis la finale de l'Euro-1984, perdue face à Michel Platini et sa bande, l'Espagne n'avait jamais réussi à atteindre le dernier carré d'un tournoi majeur, que ce soit un Championnat d'Europe ou un Mondial. La "Roja" s'était même fait une spécialité de trébucher dès les matches à élimination directe. Il y avait aussi un signe indien avec l'Italie. L'Espagne n'avait jamais vaincu cet adversaire dans un tournoi majeur. Il y avait bien un petit succès, il y a 88 ans, lors d'un match comptant pour les JO-1920, mais cela faisait peu. Zinédine Zidane avait prévenu avant ce quart de finale: "Quand l'Espagne va commencer à gagner, attention à elle...".
. Casillas mieux que Buffon
Tout le monde parlait de Buffon comme étant la référence mondiale en matière de gardiens. Mais dimanche soir à Vienne, Casillas a fait oublier son homologue italien. Le gardien du Real Madrid n'a pas encaissé de but dans le temps réglementaire (et la prolongation), alors qu'il en avait pris un à chaque fois au premier tour (il n'a joué que deux matches). Ensuite, lui qu'on disait peu à l'aise dans l'exercice des tirs au but, a arrêté deux penalties. L'Espagne peut continuer à brûler des cierges pour "San Iker".
. De la ressource
Deux joueurs qui n'avaient pas fait parler d'eux jusqu'ici ont fait chauffer les gants de Buffon. Le meilleur joueur de champ fut Silva, joueur de 22 ans de Valence. Découvert par ce club alors qu'il évoluait aux Iles Canaries, ce joueur aux yeux légèrement bridés n'a pas tremblé pour sa 17e sélection. Positionné à gauche, il a changé de côté pour troubler les Italiens et a constamment offert des solutions offensives. Senna, d'origine brésilienne, a commencé le match sur un rythme de diesel, dans un rôle ingrat devant la défense, avant de prendre sa chance lui aussi, pour sa 14e sélection, et de porter le danger dans le camp adverse.
= Inquiétant
. Attaquants décevants
Pirlo et Gattuso étant suspendus, on s'attendait à un boulevard pour Torres et Villa. Mais les deux hommes ont très mal commencé le match. Torres n'était pas dans un bon jour. Le "kid" de Liverpool a même été sorti à la 85e minute. Cette fois, il a évité toute polémique en claquant la main de son sélectionneur, en signe de complicité. Même chose pour Villa, qui a cependant réussi à hausser son niveau de jeu en fin de match et en prolongation. Mais le meilleur buteur de l'Euro (4 buts) est resté muet.
. Milieu mou
La paire de milieux du Barça, Xavi-Iniesta, n'a pas été aussi tranchante que d'habitude. Les deux hommes ont sans cesse joué sur le registre de la sécurité, dans le jeu court, au lieu de percuter et ouvrir. La peur d'un contre assassin? Aragones les a en tout cas sortis avant l'heure de jeu, sans doute contrarié.
. Fatigue
Les Espagnols ont paru émoussés. La "Roja" n'a jamais réussi à emballer le match. "Nous n'avons pas joué un grand football, nous n'avons pas su imposer notre rythme, a reconnu Luis Aragones. Le rythme était assez lent". Dimanche soir à Vienne, les Italiens n'étaient guère plus fringants. Mais en demi-finales, il y aura les Russes, qui semblent à l'apogée de leur forme, nullement dérangés par les fortes chaleurs qui alourdissent les jambes des autres formations.

AFP/Alberto Pizzoliagrandir la photo

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