Battu logiquement par Clermont samedi en demi-finale du Top 14 (21-7), l'USAP a clairement affiché ses limites à Marseille, et a encore du travail pour briguer le titre de champion de France. Les Catalans le savent, mais veulent se servir de leur deuxième partie de saison pour continuer à avancer.
Clermont simplement plus fort
« C'est une déception, surtout sur la manière. Sur la première mi-temps on n'a pas joué, on a rendu les ballons, on a été trop peu entreprenants pour les battre .» Le constat de Jacques Brunel est très clair, et il est on ne peut plus logique : en refusant le jeu pendant les quarante première minutes, en rendant trop souvent le ballon à un adversaire qui ne demandait que ça, l'USAP s'est condamnée elle-même. Et elle a surtout montré ses limites dans ce dernier carré où la différence avec les trois grosses écuries a sauté aux yeux. Les joueurs ne s'en cachent pas, avec une belle honnêteté. Marius Tincu avoue : « On est tombé sur une équipe de Clermont plus forte que nous, tout simplement. On n'a pas pu mettre notre jeu en place. On les a regardé jouer .» Christophe Porcu, avec son franc parler et son immense expérience, tranche dans le vif : « Je suis déçu, parce qu'on n'était venu avec de grosses intentions, mais on en en dedans en première mi-temps, on en arrive à déjouer et on fait n'importe quoi, et ça nous a coûté le match.» Tous les Perpignanais ont finalement dit la même chose. Certes Clermont était sans doute meilleur, mais le gros regret est surtout d'avoir rendu les armes aussi vite, sans se battre, au terme d'une première période complètement manquée.
Un bilan positif
Reste désormais à dresser le bilan d'une saison singulière pour le club, puis à passer à la suite. Au terme de cet exercice, les Catalans affichaient quand même le sentiment du devoir accompli. A la peine à mi championnat, ils ont réussi à arracher le dernier billet pour les demi-finale au prix d'une deuxième partie de saison quasi parfaite (seulement deux défaites entre les 11e et 26e journées). Le bilan est donc positif, et Perpignan a retrouvé les valeurs de combat et de solidarité qui ont toujours fait sa force. Brunel avoue sa satisfaction : « Suite à de nombreux bouleversements dans l'équipe, dans le staff, dans les dirigeants, on a réussi en quelques mois à créer une cohésion, une cohérence, on a réussi à forger un état d'esprit. On a réussi à faire une deuxième moitié de parcours assez remarquable .» Porcu, encore, trouve aussi les bons mots : « Clermont c'est pas mal, mais l'USAP c'est pas mal non plus. On est partis de vraiment bas, personne ne nous respectait, mais nous on sait ce qu'on a fait, on sait d'où on vient. L'aventure s'arrête aujourd'hui, c'est un sentiment d'inachevé, parce qu'on a tout donné, mais on a peut-être mal donné. »
Le début de l'aventure
Le problème est donc là. Perpignan est unes des valeurs sûres du championnat, mais il lui manque encore quelque chose pour espérer se battre pour le Bouclier. Il manque de la constance évidemment, mais aussi un jeu un peu plus ambitieux. Brunel avoue lui-même : « Ce match prouve qu'il nous manque encore trop de paramètres pour rivaliser avec les meilleurs et qu'il faut encore travailler.» et pour arriver à franchir un nouveau palier, l'entraîneur des Catalans a son idée : « On privilégie la stabilité. Il faudra très vite se remettre au boulot puisque ça repart dans un mois, il faut espérer que les joueurs vont pouvoir bien récupérer. On va repartir pour une nouvelle aventure, dont on espère qu'elle aura un meilleur épilogue. » Repartir avec un groupe qui ne bougera pas beaucoup, puisque l'USAP comptera d'abord sur le retour des blessés : « Nos premières recrues, ce sont les blessés, les quatre ou cinq joueurs qui n'ont presque pas pu jouer . »
Percy Montgomery va rentrer au pays, Cédric Rosalen devrait rejoindre Montauban, Christophe Porcu va définitivement ranger les crampons, mais à part ça le groupe devrait peu évoluer. Farid Sid et surtout Maxime Mermoz viendront renforcer la ligne de trois quarts. Il faudra ensuite avancer sur le projet de jeu : « On va essayer d'affirmer notre jeu, qu'il y ait plus d'alternance .» conclue Brunel. Perpignan veut donc rapidement tourner la page et passer à autre chose. Pour mieux avancer, comme le résume Julien Candelon : « cela doit être le point de départ d'une aventure, pas la fin car je crois que ce groupe a encore de l'avenir. » A. M.



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