À Helsinki, il a étonné tout le monde! Samuel Contesti, abandonné par la Fédération française ces dernières années, a décroché largent derrière Brian Joubert. Une médaille à ajouter au compteur de lItalie. Explications.
Sur le podium, il sourit dans sa tenue de cowboy. La médaille d’argent autour du cou, Samuel Contesti est radieux. À côté de lui, sur la plus haute marche, Brian Joubert savoure son troisième titre européen. Avant ils patinaient dans la même équipe. L’équipe de France. Mais aujourd’hui, Samuel Contesti défend les couleurs de l’Italie.
Une revanche sur le passé
Pour séduire les juges, le patineur de 25 ans, a déroulé un programme propre, sans erreur technique, sur le thème "Il était une fois dans l’ouest". Cette chorégraphie, qui rappelle le célèbre Lucky Luke de Philippe Candeloro, lui a porté chance. Elle lui a offert sa première médaille européenne. Une revanche sur le passé. En 2006, Samuel Contesti avait été écarté de la sélection des championnats d’Europe. Ce qui avait donné lieu à une affaire pleine de rebondissements, comme seul le patinage artistique sait en inventer. Le Comité national olympique et sportif français avait été appelé à la rescousse. La justice administrative avait même été saisie. Au final, c’est Frédéric Dambier, le patineur coaché par Annick Dumont, qui avait obtenu son ticket pour Lyon. Une sélection qui lui ouvrait par la même occasion la voie des Jeux olympiques de Turin.
"Je me rappelle d’une compétition à Bercy. J’avais senti que Samuel n’était pas en odeur de sainteté auprès de la Fédération. Il faut dire qu’il ne s’entraînait pas à Champigny… (le club réputé pour avoir les faveurs de la fédération, ndlr)", témoigne Alain Leblond, conseiller en communication de Philippe Candeloro depuis 1993. L’homme fait allusion à ces perpétuels jeux de lobbying, propres au milieu du patinage artistique.
Marié à une Italienne
Sauf que cette fois, c’est allé si loin que Samuel Contesti a préféré passer de l’autre côté des Alpes, là où la concurrence est moins exacerbée. Marié à une Italienne, Géraldine Zulini, qui est également son entraîneur, le nouveau vice-champion d’Europe a élu domicile à Courmayeur, dans le Val d’Aoste. "Samuel n’a pas de regret. S’il était resté en France, ça aurait toujours coincé dans les sélections. Pourtant il assumait la pression. Mais même quand il gagnait, on ne l’envoyait pas aux compétitions…", regrette Didier Lucine, son ancien entraîneur, installé à Annecy.
L’amertume est palpable dans la voix de son ex-mentor. Lui aussi mentionne la préférence pour Champigny, le club d’Annick Dumont. En veut-il à la Fédération ? "À un moment donné, je leur ai dit tout ce que j’avais sur le cœur. Mais maintenant, la page est tournée", raconte Didier Lucine. Philippe Candeloro avait lui aussi connu une pareille injustice en 1992. "La Fédération lui avait interdit la pratique de la moto. Il a passé outre. Pas de sélection pour les Jeux !", relate Alain Leblond. Et de tempérer : "À présent, les choses se clarifient. Le milieu s’assainit".
Samuel Contesti, lui, ne souhaite pas cultiver un esprit de revanche. En conférence de presse, il refuse d’évoquer cette malheureuse affaire. Sa meilleure réponse, il l’a donnée, hier, sur la glace du Hartwall Areena, à Helsinki. "Il a été exceptionnel, renchérit Didier Lucine. Revenir après trois ans d’absence en haut-niveau, c’est très difficile".
Grâce à sa belle performance, Samuel Contesti peut tourner son regard vers Vancouver, ville hôte des prochains Jeux olympiques d’hiver, en 2010. À l’entraînement, il maîtrise deux quadruples sauts. Un atout qui pourrait bien l’aider à décrocher une médaille. Pour l’Italie.
Autres articles :
Polo Masters: À couper le souffle
Fausse Laure Manaudou: L'Equipe s'excuse
Un mal nommé "perte de figure"


agrandir la photo




Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire
Pas encore utilisateur Yahoo! ? Inscrivez-vous maintenant pour ouvrir un compte gratuitement