Chpts d'Europe - Le magicien d'eau

Eurosport - lun, 24 mars 10:08:00 2008

En signant un chrono de 21"50 en demi-finale du 50m nage libre des championnats d'Europe, Alain Bernard écrase tout sur son passage. Après le record du monde du 100m nage libre battu deux fois en deux jours, le voici maintenant roi du 50m nage libre. Phénoménal !

SWIMMING Alain Bernard - 0

N'en jetez plus la coupe est pleine ! Alain Bernard vient de passer en trois jours de nageur à l'énorme portentiel en une sorte de monstre des bassins. Après le 100m nage libre, le voici désormais affublé d'un nouveau costume : celui de roi du sprint mondial, de croqueur de records à la pelle. L'appétit venant en nageant, Bernard s'est donc offert la cerise sur le gâteau de trois jours de folie. En venant poser son nom sur la première ligne des tablettes du 50m nage libre, le Français n'en finit plus d'impressionner.

Pour certains sportifs, on dit souvent que la confirmation est la chose la plus difficile à appréhender. Avec le désormais recordman du monde du 50m et du 100m nage libre, on dirait que sa soif de vaincre ne fait que lui donner un surplus de confiance à chaque course. Impérial sur 100m où sa puissance faisait la différence, Alain Bernard a cette fois-ci surpris tout son monde en réalisant la course parfaite sur une distance peu favorable à ses qualités naturelles.

Un mental de fer

Presque trop simple pour lui à y regarder de plus près. Une mise à l'eau efficace et sobre et la suite se veut d'une simplicité enfantine. On parlera de technique parfaite, de glisse facilitée par une combinaison révolutionnaire, il n'en demeure pas moins qu'une sorte de grâce à toucher le nageur d'Antibes. Un rêve éveillé où tout ce qu'il touche se transforme en un record du monde.

Avant la finale qui aura lieu lundi, ce ne sont pas des oeufs de Pâques que le Français s'en vient glaner au nez et à la barbe de ses adversaires vexés, n'est ce pas Magnini, mais des titres, des records et une gloire naissante. L'année 2007 était celle de l'émergence au niveau mondial, 2008 est celle de la confirmation au sommet. Derrière cet incroyable destin qui vient de basculer, il reste désormais à percevoir la capacité du Français à gérer la pression inhérente à ses performances.

Des questions vont évidemment fleurir aux quatre coins du globe pour comprendre comment un nageur de près de 25 ans a pu en trois jours s'offrir trois records du monde. Le travail, une longue montée en puissance justifient jusque là l'épanouissement d'un athlète qui en devient fascinant. Plus qu'un simple requin sympathique sur son aine, c'est désormais un requin blanc que devrait se tatouer Alain Bernard. Sa soif de victoires semble inaltérable. Espérons que ce printemps d'Eindhoven nous offre un été pékinois de folie.

Patrick Bonneil / Eurosport