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PRO D2 / MONT-DE-MARSAN :La magnifique épopée

mar 24 jui, 12h32


Formidable de courage et de panache face au Racing, Mont-de-Marsan n’a pas volé son accession en Top 14 au terme d’une saison historique pour le club landais. Retour sur un exploit improbable avant de retrouver l’élite.

Cent fois méritée. La victoire de Mont-de-Marsan face au Racing, samedi à Limoges, a bluffé et enthousiasmé les observateurs. Alors que la première demi-finale du Top 14 entre Clermont et Perpignan approchait à grands pas à Marseille, c’est toute la tribune de presse qui se passionnait pour l’exploit majuscule qu’était en train d’accomplir la formation landaise, aux dépens des Parisiens, logiquement bombardés immenses favoris de cette finale. Vainqueurs 32-23 après prolongation, les joueurs de Marc Dal Maso ont non seulement terrassé l’autre ogre de la Pro D2 - avec Toulon - mais surtout affiché des vertus qui forcent l’admiration. De la bravoure, de l’abnégation et ce panache dans le jeu qui marque la mémoire collective. « Nous avons vécu un grand match, confiait avec émotion l’entraîneur montois après cet authentique exploit. Pour nous, c'est fabuleux parce que nous avons eu des intentions toute la saison. Nous n'avons pas tout le temps pu les mettre en marche. Aujourd'hui (ndlr : samedi), elles se sont concrétisées. La rencontre a été pleine d'émotions, avec des moments difficiles pour nous mais nous avons bien su les gérer et nous avons reçu l'aide d'un petit coup du sort. »

Au-delà des chiffres et sans tomber dans la caricature facile, c’est une certaine philosophie qui a été récompensée samedi. Avec son minuscule budget de 2,5 millions d’euros (le deuxième plus petit de Pro D2), Mont-de-Marsan a prouvé qu’il était possible de rivaliser au plus haut niveau. En s’adaptant tactiquement aux circonstances. Gestionnaires contre Lyon en demi-finale (victoire 12-6 la semaine passée), les partenaires du troisième ligne et capitaine Jérôme Dhien ont lâché les vannes en finale, en jouant à tout va tous les coups sur les extérieurs jusqu’à la centième minute et l’essai assassin et libérateur de Jean-Marc Mazzonetto. « Nous avions une revanche à prendre vis-à-vis de ça et des critiques qui ont suivi, savoure l’ailier montois. On a dit que nous étions valeureux, soudés mais pas de grands rugbymen. Nous avons montré que notre équipe pouvait battre de grands joueurs. Nous étions bien physiquement, nous nous sommes accrochés et avons envoyé du jeu. » Et anéanti les espoirs des Parisiens et de leurs stars Lombard, Pichot, Auradou et autres Bobo, condamnés au redoublement malgré un budget made in Top 14.

Déjà remarquables troisièmes de la première phase, une performance que peu d’observateurs avaient pronostiquée en début de saison, les Montois ont confirmé en phase finale toute l’énergie et le talent qui suintent de cette équipe. Et ce n’est pas la perspective de retrouver l’élite pour la première fois depuis 2003 qui va susciter la moindre appréhension. « Accéder au Top 14 peut paraître effrayant mais c'est magnifique pour ce groupe, résume Jérôme Dhien. Nous sommes sur les terrains de rugby depuis tout jeune pour arriver au plus haut niveau. Nous y sommes, c'est fabuleux. » Même son de cloche du côté du président Philippe Cazaubon : « Nous avons gagné un match référence qu'on peut montrer dans toutes les écoles de rugby. Je voulais aller en Top 14. C'est fait, et je ne préfère pas vous dire la prochaine étape que j'ai en tête parce que ça va faire frémir, mais nous allons y rester. Nous avions des recrues potentielles, nous allons devenir plus gourmands, même si je ne connais pas encore notre budget. » Le prochaine mission de la direction est triple : attirer les sponsors, recruter et conserver des éléments clés tel le superbe deuxième ligne José Suta (qui avait signé un pré-contrat avec le Racing…), et pérenniser cet esprit club qui a enthousiasmé toute la Pro D2.

Mathieu BAHUET

 

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