L'équipe de France a fait tomber la Croatie lors des deux dernières compétions qu'elle a disputées (29-23 en demi-finale de l'Euro 2006 et 21-18 en quart de finale du Mondial 2007). Et samedi à Lillehammer (15h30), elle se retrouve face à ce même adversaire avec l'espoir d'atteindre la finale de l'Euro norvégien. Mais la prudence reste de mise face à une génération qui a déjà enlevé un titre mondial (en 2003) et une médaille d'or aux Jeux Olympiques (en 2004) et qui possède dans ses rangs la perle du hand actuel : le demi-centre Ivano Balic (28 ans, Pampelune), élu meilleur joueur de la planète en 2003 puis en 2007. Du reste, depuis que les Bleus ont pris connaissance de leur adversaire jeudi soir, son nom apparaît dans toutes les conversations. Avec un seul constat : il est l'âme de son équipe. Ainsi Didier Dinart déclare « qu'il y a Balic et les autres » et Olivier Girault confirme que «la Croatie, avec ou sans lui, ce n'est plus la même équipe ». Et Claude Onesta en rajoute enfin une couche en affirmant que « la clef du programme sera de l'empêcher de jouer. »
Mais, autour d'Ivano Balic, la Croatie dispose aussi d'éléments de valeur : l'arrière gauche Blazenko Lackovic (Flensburg), l'arrière droit Petar Metlicic (Ciudad Real) ou encore le pivot Igor Vori (Croatia Osiguranje). Dans cette équipe, Claude Onesta a toutefois relevé « un petit point de faiblesse » au poste d'ailier droit due aux absences de Mirza Dzomba et Vedran Zrnic. Mais, face à cette pléiade de joueurs, la France lui oppose un bloc défensif soudé, celui qui fait sa force depuis le début du tournoi. « Nous avons une arme à lui opposer : notre défense avec Bertrand (Gille), Didier (Dinart) et Thierry (Omeyer), affirme d'ailleurs Girault. Il aura trois remparts à franchir avant d'atteindre notre but .» Et, si la Croatie possède Ivano Balic, la France n'est pas démunie non plus de joueurs de calibre mondial. Ce que Girault sous-entend parfaitement : « Balic fait partie des deux meilleurs joueurs du monde. Je dis deux parce que nous en avons un également qui n'est pas loin de l'être .» Une allusion qui renvoie à Nikola Karabatic , l'homme fort de la sélection tricolore, membre depuis l'année dernière du club de Kiel, en Allemagne, le meilleur sur la scène européenne actuellement.
«Même si tu te méfies du diable, il y a toujours un moment où il peut t'attraper»
Depuis son titre de champion olympique à Athènes, il y a quatre ans, la Croatie n'a plus goûté au bonheur de la plus haute marche du podium. Encore médaillée d'argent au Mondial 2005 (battue en finale par l'Espagne 40-34), elle a terminé quatrième de l'Euro 2006 et un rang plus bas au Mondial 2007. Pas de quoi s'enflammer néanmoins, côté français, ni de prendre en compte les deux succès enlevés ces deux dernières années. « On ne vit pas dans les souvenirs des matches gagnés en Suisse et en Allemagne , confie Olivier Girault. Là, c'est la réalité. Les rencontres, il ne faut pas les rêver mais les jouer. » Depuis le début de l'Euro 2008, la Croatie a alterné le bon et le moins bon. Victorieuse de ses trois matches du premier tour (32-27 contre la Pologne, 30-27 face à la République tchèque et 29-24 contre la Slovénie), elle a connu une baisse de régime inquiétante face au Danemark (défaite 20-30) et est passée en corrigeant le Monténégro (34-26) puis en obtenant le nul face à la Norvège (23-23). Mais Claude Onesta de prévenir : « On ne peut pas partir confiant contre la Croatie. Être déterminé, croire en ses chances, oui. Mais arriver en disant que tu vas tout maîtriser, non. Même si tu te méfies du diable, il y a toujours un moment où il peut t'attraper .»
Une fois que le vainqueur de France - Croatie sera connu, le Danemark et l' Allemagne vont à leur tour entrer en scène à Lillehammer (18h00). Les premiers nommés restent sur deux médailles de bronze à l'Euro 2006 puis au Mondial 2007. Ils ont également remporté leurs trois matches du tour principal. L'Allemagne, championne du monde en titre, a, de son côté, dû attendre les ultimes secondes de son dernier match face à la Suède (31-29) pour valider son billet pour les demi-finales.
Olivier PAQUEREAU, à Lillehammer


