Eurosport - dim, 23 mars 11:09:00 2008
Alain Bernard a enlevé samedi la finale du 100 m nage libre des Championnats d'Europe à Eindhoven, avec deux records du monde en 24 heures à son actif (47.60 puis 47.50). Un exploit phénoménal qu'il a mis du temps à réaliser.
ALAIN BERNARD, que vous êtes-vous dit dans la ligne d'eau?
A.B.: Je me suis dit: oh là! Je suis peut-être parti un peu vite. Finalement, j'avais de bonnes sensations et je suis allé au bout. J'ai juste pensé à m'appliquer. Je sens qu'on s'approche du but et je me languis d'y être.
Quelle est la recette du succès d'Alain Bernard?
A.B.: Celle du bonheur! Prendre plaisir à y aller, vouloir faire le maximum, se rapprocher de la perfection. Même si je sais que c'est très dur d'avoir une nage parfaite, j'ai envie de m'en rapprocher. C'est ce qu'on recherche tous les jours à l'entraînement et c'est ce qu'on va rechercher encore et encore pendant des mois. Des années, je ne sais pas! C'est comme ça qu'on va progresser.
A quel moment tout s'est joué?
A.B.: C'est surtout dans les 15 derniers mètres. Je vois qu'ils sont encore assez loin et que j'ai encore pas mal de fraîcheur par rapport à d'habitude. Je pense que c'est dû à mon relâchement à l'aller et ce sur quoi on a travaillé, tout simplement. Le meilleur conseil que m'a donné Denis (Auguin, son entraîneur, ndlr), c'est de faire ce que je savais faire. J'ai dit d'accord.
Un mot sur ce chrono...
A.B.: Là, c'est énorme. C'est encore 10/100e de moins. Finalement, 47.40, ce n'est pas si loin que ça.
Avez-vous senti venir ce record du monde?
A.B.: Non, parce que j'ai eu beaucoup de pression quand même. Depuis hier soir, j'ai eu beaucoup de pression. Et quand je suis arrivé dans la piscine aussi. Mais je m'en suis servi comme un test. Maintenant, il va falloir que je m'y habitue. C'est un nouveau statut. Ca a été une grosse répétition.
Qu'est-ce que ça fait quand on entend au micro: Alain Bernard, recordman du monde?
A.B.: Ca fait plaisir. On met du temps à s'en rendre compte, mais une fois qu'on s'en rend compte, on se dit c'est moi qui ai fait ça pour de vrai ! avec l'art et la manière, je pense. Tant mieux.
Et le titre?
A.B.: C'est mon premier titre de champion d'Europe en grand bain. Je ne suis pas prêt à l'oublier!
Est-ce que vous pensez à Stephan Caron (champion d'Europe en 1985) ou Alain Gottvallès (recordman du monde en 1964, décédé au début du mois)?
A.B.: Oui, bien sûr. Je pense à Alain Gottvallès. C'est quelqu'un que j'aurais bien aimé rencontré, mais voilà, la vie en a décidé autrement. Je pense à lui et à sa famille pour lui dédier un peu ça.
Vous portiez votre nouvelle combinaison. Pensez-vous que ça a pu jouer sur vos performances?
A.B.: Ca peut jouer, mais même en pyjama, j'aurais nagé vite parce que j'avais de bonnes sensations et c'est tout. Et surtout quand on a un matériel dans lequel on croit, psychologiquement, peut-être qu'on a l'ascendant. Alors tant mieux.
Avez-vous une réaction aux propos de Filippo Magnini, qui a déclaré que vous aviez "trouvé les bonnes vitamines"?
A.B.: Je sais comment je m'entraîne, ce que je mange, je sais ce que je bois et je sais que j'y arriverai comme ça.
Qu'est-ce qui est le plus important aujourd'hui, la médaille ou le record du monde?
A.B.: Ce sont les deux parce que ça va avec.
AFP