BERLIN (AFP) - Plus de 400.000 personnes, agitant des drapeaux allemands et turcs, s'étaient massées mercredi soir à la Porte de Brandebourg, à Berlin, pour célébrer la demi-finale de l'Euro-2008 qui oppose l'Allemagne à la Turquie.
Une forêt de drapeaux noir-rouge-or remués dans les airs au rythme des drapeaux --moins nombreux-- rouges frappés du croissant de lune et de l'étoile blanche, au pied du monument le plus emblématique d'Allemagne: la belle image pourrait rester longtemps dans les mémoires, comme symbole d'intégration dans ce pays à forte minorité turque.
"Faisons la fête ensemble, faisons preuve de respect mutuel!", s'époumone d'ailleurs un animateur sur l'immense tribune dressée pour l'occasion, avant le coup d'envoi de la rencontre.
Demi-finale inédite de la compétition, le match Allemagne-Turquie oppose deux pays noués par une relation particulière, l'Allemagne accueillant la plus forte communauté turque immigrée en Europe occidentale, soit quelque 2,4 millions de personnes d'origine anatolienne.
Sur l'écran géant de 80 mètres carrés installé devant le monument apparaît également un message d'amitié, inscrit en allemand et en turc: "Berlin fête un grand match".
Les spectateurs, peints aux couleurs des deux pays et qui dépassent rarement les 20 ans, semblent l'entendre. Supporteurs turcs et allemands se prennent par les épaules, posent pour les photographes, vêtus de drapeaux transformés en capes, de peintures sur le visage, de crêtes iroquoises, de chapeaux pointus et de colliers de fleurs.
Quelques rares supporteurs turcs affichent même les deux drapeaux, marquant ainsi leur attachement à leur pays d'origine et à celui où ils vivent.
Au moment où, à Bâle est joué l'hymne national turc, la marée noire, rouge et or se met à siffler, rappelée à l'ordre toutefois par un petit groupe de supporteurs turcs qui chantent en riant: "Deutschllllland"...
Quand, quelques minutes plus tard, l'équipe de Fatih Terim inscrit son premier but, la foule aux couleurs allemandes se tait et regarde ses pieds.
Elle se réveille ensuite lorsque la Nationalmannschaft revient au score. Une immense clameur secoue alors le coeur historique de la capitale allemande.
"Je pense qu'on peut arriver à gagner, je vois bien un 2-1 pour les Turcs", pronostique même Cagatay, un jeune Berlinois de 18 ans originaire de Turquie.
Par mesure de sécurité, l'accès à "cette avenue des supporteurs", longue d'un kilomètre, a été fermé aux nouveaux arrivants une heure avant le début de la rencontre.
A chaque entrée de cette zone, 450 agents de sécurité contrôlent les sacs.
Et si les 1.500 policiers, en uniforme ou en civil, mobilisés pour l'événement, se montrent discrets, ils sont néanmoins bel et bien présents. Certains craignent surtout les débordements d'après match entre supporteurs allemands alcoolisés et fans turcs qui, dans la victoire comme dans la défaite, manifestent rarement leurs émotions sans excès.
Aucun incident notable n'avait été signalé avant le début de la rencontre, et la police ne signalait que quatre arrestations et neuf expulsions de la zone à la mi-temps.

AFP/Sebastian Willnowagrandir la photo

Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire
Pas encore utilisateur Yahoo! ? Inscrivez-vous maintenant pour ouvrir un compte gratuitement