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JO - Bilan C'était les Jeux

lun 25 aou, 06h16


Une bulle, un condensé de vie ou une vision du monde, les Jeux Olympiques concentrent pendant plus de quinze jours toutes les émotions. Un bilan chiffré autour des quarante médailles françaises, un résumé des exploits des uns, des échecs des autres ou un guide du parfait spectateur pékinois ne montrent qu'une vision de la boule à facettes. Au-delà du clinquant, il reste donc pour chacun d'entre nous quelques instantanés glanés au fil des rencontres et surtout de nombreuses émotions partagées.

Les "Experts" de France

En escrime, quand deux tireurs ne sont plus actifs sur la piste, ils peuvent être crédités d'une minute de pénalité supplémentaire. Pas au hand. Alors qu'il reste un peu moins de trente secondes au chronomètre de la finale masculine, les Bleus sont déjà sur une autre planète. De Girault, le visage dans les mains, à Karabatic, les bras tirés derrière la nuque, les joueurs de l'équipe de France savourent avant l'heure officielle leur titre de champion olympique. Sur le parquet, l'Islande n'a pas existé. Les Français ont enfin décroché cette médaille d'or attendue depuis seize ans et la saga des Barjots à Barcelone. Comment gèreront-ils ce succès dans les mois à venir ? A mettre de côté pendant quelques heures... Pour la troisième mi-temps, en revanche, il n'y a pas eu de souci !

Premier jour et premier coup de froid sur Pékin

Quatre ans de travail partis en fumée en vingt-cinq secondes. C'est la douloureuse expérience qu'a vécu la judoka Frédérique Jossinet (-52 kg), une des prétendantes au titre, inconsolable après son élimination par ippon dès le premier combat. Jamais dans sa carrière la double championne d'Europe (2001, 2002) et médaillée d'argent à Athènes (2004), n'avait connu une telle désillusion dans une compétition majeure.

Bernard, l'élève n'oublie pas le maître

Il vient de remporter la course des rois, le 100 m nage libre. Alain Bernard contient ses émotions. Il explique sa course et fait partager sobrement sa joie jusqu'à l'évocation de son entraîneur, Denis Auguin. Là, le colosse craque. Les mercis pour son fidèle bras droit qui l'accompagne depuis huit ans se confondent avec les larmes. Depuis toujours, l'Antibois emploie le « on » à la place du « je » pour parler de ses exploits. Au moment de la consécration, l'élève n'oublie pas le maître.

Un Maradona peut en cacher un(e) autre

A Pékin, Diego Maradona n'a pas fait que supporter l'équipe de football argentine, désormais double championne olympique en titre. La star mondiale du ballon rond est également allé encourager l'équipe féminine de hockey sur gazon et son emblématique n°8 Luciana Aymar, magicienne comme lui, mais de la crosse, et comparée au Pibe de Oro en Argentine. L'apparition du footballeur prodige a entraîné les hurlements des 12 000 spectateurs du Stadium ! Insuffisant cependant pour empêcher les Pays-Bas, futurs champions olympiques, de vaincre « Las Leonas » en demi-finale (1-5).

Bolt, le show jamaïcain

Avec Michael Phelps, il est le roi des Jeux de Pékin. Bolt, c'est trois chronos de folie (9"69 au 100 m, 19"30 au 200 m et 37"10 au 4x100 m) et autant de médailles d'or. C'est aussi une attitude, une décontraction, un sens du spectacle. Au-delà de sa victoire et de son temps sur la ligne droite, on se souviendra surtout de son pas de danse entamé avant la ligne d'arrivée. Ou encore de sa course derrière Asafa Powell après lui avoir transmis le témoin au 4x100 m. Avant même ses courses, le public du Nid d'oiseau savait déjà qu'il allait avoir droit à un one man show. Et il s'en délectait.

Guénot, une histoire de famille

C'est l'histoire rêvée. Quand un sport ancestral des Jeux Olympiques comme la lutte apporte la première médaille d'or à la France. Quand deux frères partagent un podium olympique. Quand un agent de sécurité répond en toute simplicité à un président de la république qu'il « est de Bagnolet dans le 93 ». Quand toute une famille s'est consacrée à ce sport qui sort de l'ombre tous les quatre ans, et encore si l'exploit est au rendez-vous. Quand Steeve Guénot, déjà paré d'or, livre son combat le plus dur. Dans la zone d'interview, le champion olympique regarde le match de son frère Christophe pour la médaille de bronze. Pour la première fois de la journée, on le voit trembler et douter. Quand certains parlent de famille olympique, les Guénot peuvent témoigner.

Lopez, tout peut arriver

Michel Sicard, le DTN de l'escrime, n'avait pas voulu citer nommément les chances de médaille française. Parce qu'il y a toujours des surprises. La médaille d'argent de Nicolas Lopez en a été une. Ce jeune homme au regard clair, à la voix douce teintée d'un accent qui sent bon le Sud-Ouest et au discours atypique a surgi de nulle part pour arriver en finale. Il a fait mordre la poussière à deux anciens champions olympiques. Sa sobriété n'a pas été entamée par la déception à chaud de sa deuxième place. Son podium, à mettre en parallèle avec les échecs de Flessel, Guyart et Touya, a montré qu'aux Jeux tout pouvait arriver.

Bouhail ou comment saisir sa chance

Elle est belle l'histoire du gymnaste tricolore Thomas Bouhail, médaillé d'argent du saut de cheval. Et il était ému, le Français, initialement remplaçant de l'équipe de France jusqu'à la blessure de Pierre-Yves Bény (main) au début du mois de juillet. Au final, il est venu, il a vu, et il a (presque) vaincu, classé 1er ex-aequo à l'issue l'épreuve, mais finalement placé sur la deuxième marche du podium en raison d'une meilleure note inférieure au champion olympique, le Polonais Leszek Blanik.

Estanguet, la classe

On se pose souvent la question : « Qu'est-ce qu'un champion ? » Des titres, des médailles et des exploits, bien sûr. Mais c'est aussi le respect et la dignité. Malgré son échec en demi-finale, « la plus grande claque de sa carrière », Tony Estanguet a prouvé une nouvelle fois sa grandeur. Défait, le champion a assumé. Abattu, il a fait face aux médias sans jamais se trouver d'excuses ni chercher la tangente. Triste, il est allé encourager le soir même ses copains de l'escrime et du judo. La classe.

Phelps, huit fois trop fort

Si on ne devait retenir qu'une image de son fabuleux record de huit médailles d'or dans une même Olympiade, il resterait sûrement sa joie explosive lors de la victoire du relais américain 4x100 m. En route pour battre le record de Mark Spitz, Michael Phelps exulte pendant de longues minutes après le dernier relais canon de Jason Lezak qui terrasse Alain Bernard.

Gay, grand aussi dans la défaite

C'était l'un des hommes que la planète attendait aux Jeux. Tyson Gay faisait partie des trois candidats au titre le plus prestigieux de l'histoire olympique. Mais, diminué par deux mois d'absence suite à une douleur aux ischio-jambiers, l'Américain a quitté le 100 m dès les demi-finales avec un chrono de 10"05 indigne de son statut. Et il s'est retrouvé obligé de se justifier devant le monde entier. Gay aurait pu évoquer sa blessure. Il aurait aussi pu fuir, se transformer en hurdler pour passer la barrière de l'explication, comme certains le font. Mais il ne s'est pas comporté de la sorte et a reconnu sa défaite. Quelque part, Gay a été grand.

Entre rires et larmes

Quinze jours de compétition et pas un jour sans larmes. De tristesse parfois, après de grosses déceptions : Yann Cucherat (8e à la barre fixe), Frédéric Belaubre (10e du triathlon), où encore l'équipe de France féminine de handball, passée tellement près de sa qualification dans le dernier carré, pourraient en témoigner. De joie aussi... à l'instar de Boris Sanson, heureux comme un gamin sur la plus haute marche du podium en sabre par équipes. A l'image également de l'équipe de France masculine de handball, en totale osmose, qui a conclu ces 26es Jeux Olympiques de la plus belle des manières. Vivement Londres en 2012...

Absalon a de qui tenir !

Avec ses jambes fluettes et son air enjoué, elle court, elle court la mamie de Julien Absalon pour féliciter son petit-fils, double champion olympique de VTT. Pour soutenir le prodige de la famille, ils sont venus à vingt. Et le Vosgien possède le sens du devoir. En huit tours parfaitement maîtrisés, il réussit l'incroyable exploit de garder un titre olympique. Le premier, c'est déjà très bien. Le deuxième, c'est très, très fort.

Les épéistes, un seul être vous manque...

Il est des podiums moroses. Les frères Jeannet ont conservé leur titre par équipes, ce vendredi 15 août. Ulrich Robeiri a, lui, goûté à l'or olympique pour la première fois. Mais, sur la plus haute marche du podium, les Français ont eu le masque. Parce que le quatrième épéiste du groupe, Jean-Michel Lucenay n'a pas pu entrer en cours de jeu et n'a donc pas eu de médaille. La blessure de Jérôme Jeannet aurait pu inverser la tendance mais les arbitres n'y ont pas cru. Pendant la Marseillaise, Lucenay, à quelques mètres de ses partenaires, a pleuré. Pas de joie.

Quand la télévision dicte les règles

Carton rouge au changement soudain du règlement du BMX, nouvel arrivé au programme olympique. Celui-ci stipule notamment qu'en cas de grosses intempéries lors des épreuves finales, les sessions soient simplement annulées et que les temps de qualifications fassent office de classement final. Il n'en a rien été à Pékin malgré la pluie tombée en continu le 21 août, jour des finales. Il se murmure que la télévision américaine, détentrice des droits, aurait fortement influencé cette décision. «Il pleut et la course a été repoussée à demain matin, soit vendredi, pour faire plaisir a ces messieurs de la tv américaine», indique sur son site internet Anne-Caroline Chausson... finalement sacrée championne olympique sous le soleil le vendredi en question !

Matthew, le Maudit

Matthew Emmons pourrait être scénariste à Hollywood. Son histoire relève de l'abracadabrantesque ! Après avoir tout perdu à Athènes pour avoir visé la cible d'à-côté lors de son dernier tir, l'Américain a récidivé à Pékin. En finale du tir à la carabine trois positions, il ne lui reste qu'une balle pour être sacré. Il possède alors une avance considérable et un maigre 7, une formalité, suffirait à son bonheur. Résultat : 4.4 sur ce dernier tir et une quatrième place ! De quoi abattre un mammouth ! Et pourtant Matthew le Maudit reste fair-play et stoïque. En zone d'interview, il raconte et raconte encore sa mésaventure avec le sourire. Il relativise en perdant magnifique. A Athènes, il avait rencontré sa femme, la Tchèque Katarina Kurkova, venue le consoler. Depuis ils se sont mariés. Et à Pékin, son épouse a remporté la première médaille d'or des JO et ils prévoient d'avoir des enfants.

La tristesse de Flessel

Sa sortie à Pékin a été anonyme. Laura Flessel rêvait d'une quatrième médaille individuelle aux JO mais elle a disparu en quarts de finale du tournoi d'épée. Elle avait toujours affirmé qu'il ne s'agissait pas de « Jeux », pas de « derniers Jeux ». Pour s'interdire toute forme d'émotion. Mais le mercredi 13 août son regard était rempli d'une énorme tristesse. Laura Flessel ne s'est pas attardée. Ne pas la voir sur le podium des Jeux a été quelque chose auquel on n'était pas habitué. Une page de l'histoire de l'escrime française s'est tournée.

Et si tout commençait par la ponctualité...

La rigueur chinoise n'est pas une légende. L'organisation impeccable des Jeux en est le principal témoin. L'heure c'est l'heure. Avant l'heure, c'est pas l'heure, et (une seconde) après l'heure, c'est trop tard ! Même chose sur le terrain : les Chinois ont été prompts au rendez-vous. Avec 51 médailles d'or décrochées, l'Empire du Milieu pointe tout en haut du tableau au classement. Seul regret, il leur manquera éternellement celle de la superstar Liu Xiang, blessé, qui n'a pas pu courir son 110 m haies.

Et tous les autres...

Comment oublier les images de Roger Federer, lui la méga-star, fou de joie après son titre en double avec Stanislas Wawrinka, de la détresse de Liu Xiang, blessé et anéanti de quitter le Nid d'oiseau sans se battre, ou du courage de Paula Radcliffe lors du marathon ? Et tous les autres...

Peggy BERGERE, Olivier PAQUEREAU et Sophie DORGAN, à Pékin

 

Commentaires 1 - 2 de 2

Trier commentaires : Les plus récents | Les mieux notés
  1. Tu es tout ce qu'on veut sauf chauvin toi : tu dois pas être Français pour écrire çà

    De powermachine1068, le lun 25 août 11h 07
  2. Arrêtez avec la Flessel ! Elle est finie depuis bien longtemps... Qu'elle fonde le club des "as been" avec ses collègues Manaudou et machine (j'ai oublié son nom, la sierra-léone de l'athlé). Et que les journaleux-neu-neu ceswsent de les aduler comme ne le mériteraient même pas des vainqueurs potentiels !

    De LEROUX G, le lun 25 août 8h 35
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