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Dopage: Bernard Sainz, le "Dr Mabuse" du cyclisme, devant la justice

mer 26 mar, 17h29


PARIS (AFP) - L'ex-soigneur Bernard Sainz et son complice présumé l'avocat Bertrand Lavelot comparaissent à partir de mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour trafic de "substances vénéneuses et de produits dopants" dans le milieu cycliste, près de dix ans après les faits.

Sainz, alias "Dr Mabuse", soupçonné d'avoir administré ces produits, prescrit des analyses sanguines et effectué des consultations sans avoir le titre de médecin, sera également jugé pour "exercice illégal de la médecine" dans cette affaire où la Fédération française de cyclisme est partie civile.

C'est pendant le Tour de France 1998, marqué par le scandale Festina, que débute l'affaire Sainz-Lavelot. Soupçonnés pendant de longs mois par la brigade des stupéfiants de se livrer à des trafics, placés sur écoute et filés, les deux hommes sont arrêtés en mai 1999.

Avocat de sportifs, notamment de cyclistes convaincus de dopage qu'il défendait, à l'instar de Richard Virenque, devant les instances fédérales, Bertrand Lavelot aiguillait les sportifs en quête de produits vers Sainz, éleveur de chevaux, autoproclamé homéopathe et "défenseur d'une autre médecine" après avoir échoué à obtenir son diplôme de médecin.

Sainz, 64 ans, est ainsi soupçonné d'avoir détenu et prescrit des substances interdites -corticoïdes, stimulants, stéroïdes anabolisants, érythropoïétine (EPO). Au cabinet de son complice, les enquêteurs retrouvent des seringues, des produits, de l'argent liquide et des documents expliquant comment échapper aux contrôles.

Outre Sainz et Lavelot, trois coureurs -Philippe Gaumont, Yvon Ledanois et Pascal Peyramaure- soupçonnés d'avoir participé au trafic avaient été mis en examen dans ce dossier avant de bénéficier d'un non-lieu. C'est sur leur témoignage que repose l'essentiel des charges puisque les produits découverts lors des perquisitions chez Sainz n'ont jamais permis de corroborer leurs dires.

Placé sous contrôle judiciaire depuis les faits, Bernard Sainz a été brièvement écroué en 2002, après avoir été arrêté en excès de vitesse en Belgique en possession de produits destinés, selon lui, au coureur belge Frank Vandenbroucke.

Il a par ailleurs été mis en examen en juin 2005 dans une enquête sur le dopage présumé de chevaux dans l'Orne.