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Natation - ChF Manaudou : «Cela m'a rassurée»

sam 26 avr, 23h32


Laure Manaudou , championne de France du 200 m dos et record de France : «Je suis super contente parce que je finis bien les Championnats de France après un départ qui ne s'est pas bien passé au 400. J'ai su laisser passer la défaite du 400 et me concentrer sur le dos. Je ne pensais pas faire ce temps, j'espérais 2'08. Après le 400 m, je n'ai pas arrêté de pleurer et je pense que cela m'a libéré moralement. J'ai pensé à tous les nageurs du club qui ont bien réussi, c'était important d'être là et de montrer que je pouvais faire quelque chose même si je m'étais ratée sur le 400. Avant de partir dans cette course, j'avais déjà perdu, beaucoup de choses se passaient dans ma tête. Quand j'étais sur le plot, je savais que je n'allais pas gagner. Maintenant je ne suis plus la meilleure au niveau français, même si j'ai encore les meilleurs temps. Le stress, je n'avais jamais vraiment connu cela avant, c'est assez paralysant et difficile à gérer. Je sais que les 100 dos et 200 dos ressembleront assez à celles de Pékin. J'ai assez bien géré. En dos, je me suis qu'il fallait que je gagne et pas réfléchir comme je l'avais fait au 400. Maintenant il va falloir se concentrer sur le 100 dos et le 400 parce qu'aux Jeux, cela ne va pas être facile. Le 200 dos sera à la fin, il n'y aura plus de stress, on y va avec un gros groupe de Mulhouse, on va faire toute notre préparation ensemble et cela devrait bien se passer. C'était important de bien terminer parce que je n'ai fait que trois courses ici. Il en fallait vraiment une au moins d'exceptionnelle. Cela m'a rassurée et cela a rassuré tous les gens autour de moi.»

Amaury Leveaux , champion de France du 50 m et recordman d'Europe de la distance : «J'ai battu Alain, c'est la référence. C'est bien. On veut montrer que les Français vont être présents. On est pressés.Je ne réalise pas trop encore mon temps. Mais le record d'Europe, il n'y a pas photo, c'est fantastique. En y repensant, 21"3, cela commence à être proche des 21"2 du record du monde. J'espère décrocher bientôt le record du monde.Depuis quatre ans, j'ai grandi grâce à Lionel (Horter, son entraîneur). J'ai habité chez lui. Il m'a appris des trucs que je ne connaissais pas forcément avec ma mère. On ne vient pas du même milieu. J'ai su écouter. Cette année, j'ai vraiment pris mon temps, j'avais un objectif précis, cela paie et cela n'a pas fini de payer.»

Alain Bernard , deuxième du 50 m : «C'est une joie tempérée parce que j'ai mon billet pour Pékin, mais j'aurais aimé faire mieux. Bien sûr, j'aurais aimé nager vite. Je suis un peu fatigué nerveusement par toute l'agitation en début de semaine. Malgré cela, je positive en me disant que j'ai mon billet pour Pékin et à Pékin, je saurai comment cela se passe. Encore huit jours de compétition, je sais que c'est long. J'apprends encore et toujours. Il fallait faire avec la pression, je n'avais pas le choix, je savais que j'allais être très attendu, j'ai répondu à mes deux principaux objectifs qui étaient mes deux billets aux Jeux. J'étais en forme, physiquement j'étais là, Denis m'a très bien préparé. Mais cela se joue aussi dans la tête pour faire une course. Une grosse performance, ce n'est pas uniquement le physique. C'est un être humain qui nage, ce n'est pas une machine. Il faut que tout aille bien, tout soit dans une bonne harmonie pour pouvoir exploiter au maximum ses capacités. Mais il faut féliciter Amaury, il fait une course énorme, il faut savoir reconnaître le niveau de performance de la course. C'est énorme, je le félicite vraiment et je vais bosser les départs pour partir encore plus vite. Cela me donne envie, je sais qu'en passant 21"9 à la culbute, 21"6, c'est moche.»

Frédérick Bousquet , troisième du 50 m et champion de France du 100 m papillon : «Sur un 50 m, on sait que cela ne se joue à pas grand-chose. Là, cela s'est joué à trois centièmes. Je n'ai pas de regrets à avoir, on avait pris une décision avec mes entraîneurs de jouer les deux (100 papillon et 50 m). Faire 21"72 après 51"50 en papillon, donnez-moi quelqu'un d'autre qui peut le faire dans le monde et là, je dirai Okay. Je sais que je suis très fort et cela fait plaisir. Les trois centièmes qui me manquent sont peut-être dans cet enchaînement, dans mon départ, dans le fait que je prends un demi-mètre par Amaury dès les premiers mètres... Il y a plein de possibilités, mais je pense que j'ai fait le travail nécessaire pour enchaîner deux courses. On a l'exemple de certains nageurs qui en enchaînent huit ou neuf sur quelques jours. Deux courses, ce n'est donc pas grand-chose. Je ne pense pas que ce soit le 100 m papillon qui me coûte ma place au 50 m. C'est le jeu d'être dans une des meilleures nations du monde en sprint. Parfois on gagne, parfois on perd. Mais je ne me sens pas le perdant. Si je me qualifiais au 50, j'aurais été face à un autre problème, que faire ? Il aurait fallu faire un choix aux Jeux entre le 100 papillon et le 50 m. Honnêtement avec ce que j'ai montré ce soir sur le 100 papillon, mes chances sont plus grandes sur cette distance.»

Lionel Horter, entraîneur de Laure Manaudou et Amaury Leveaux : «Vu sa performance, c'est le 50 m qui va être prioritaire mais on a toujours travaillé sans choisir une distance, je crois qu'il faut continuer à faire ce qu'on fait. Amaury a loupé sa course au 100 m parce qu'Alain a dézingué la course, il l'a tellement dézingué qu'il a failli se dézinguer lui-même. Quarante-huit heures plus tard, Amaury a compris qu'il ne fallait pas qu'il s'occupe des autres, qu'il se centre sur lui-même. Dans le 50 m, c'est peut-être un peu plus simple que dans le 100 m, mais il l'a fait. Il a fait sa course. Il a progressivement évolué. Si cela veut dire qu'il a fait beaucoup de bêtises comme tous les gamins, il en a fait. Il en fait moins et sur le 50 m, il n'en a pas fait du tout, c'est ce qui compte. C'est le chemin qu'il parcourt et la pente qu'il est en train de gravir. Laure a fait une belle course, il lui manque 25 mètres pour battre le record du monde, elle était très près, c'est vraiment une course porteuse de beaucoup d'espoirs. C'est important pour les JO. Malgré sa carrière extraordinaire, il peut y avoir un pépin, je trouve que ça la rend humaine, ce ne sont pas des moments faciles à vivre, mais c'est le sport, il faut l'accepter.»

Malia Metella , record de France du 50 m : «Cela promet de belles choses pour demain après-midi. Je suis contente parce que je n'ai pas réussi à dormir cet après-midi ( Ndlr : la nuit dernière avait également été difficile ). Je suis heureuse de passer un cap avec 24''83, il faut aller chercher encore mieux. Avec un bon 53''99 sur 100 m, je suis capable de faire mieux que 24''83. Je saurais pour la prochaine fois que pour un 100 m, je peux passer encore plus vite et avoir encore de la force pour le deuxième 50. Je savais que j'étais prête. Pour les temps, je ne savais pas. Je suis à la fois contente et surprise. »

Recueilli par Sophie DORGAN, à Dunkerque