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Dimitri Champion : " Je ne dis rien, j'agis ! "

sam, 26 sept 14:00:53 2009

Cyclismag.com : Ressens-tu une émotion particulière à la veille de tes premiers Championnats du monde en ligne ?

Dimitri Champion : Je suis content d'avoir été retenu mais j'éprouve rien de plus qu'avant une course habituelle. Je suis ici avec des coureurs que je connais, que j'ai côtoyés par le passé. Ce qui change ici, c'est le maillot. Les objectifs seront différents également.

Que t'es-tu fixé ?

Chacun de nous aura sa chance. Il faudra être honnête avec soi-même et honnête avec les autres. A ce stade, franchement, je suis en très bonne forme. Mais rien ne dit que ce sera toujours le cas dimanche. Je suis prêt à apporter tout mon soutien à l'équipe, à remonter des coureurs, à porter des bidons...

" APRÈS MON TITRE, LA PLUPART DES GENS ÉTAIENT CONTENTS "

Avec ton équipe continentale, Bretagne-Schuller, tu as peu souvent atteint le cap des 240 km, la distance de ce Mondial. Penses-tu être pénalisé ?

J'ai travaillé pour essayer de surmonter ce handicap. Après certaines courses, comme à Châlons-Sedan, j'ai rallongé de 1h ou 2h. J'ai aussi travaillé derrière scooter. Enfin, j'ai participé au stage de l'équipe de France en Alsace. Cette préparation était difficile. Mais elle fait partie des sacrifices obligatoires pour faire partie de l'équipe de France.

A l'origine, tu souhaitais participer au contre-la-montre du Mondial. Comment Laurent Jalabert t'a-t-il convaincu de disputer la route ?

On a discuté après le Championnat de France. Il m'a dit que compte-tenu du parcours, il me voyait plus sur l'épreuve en ligne. Je lui ai fait confiance.

Sans ton titre national, penses-tu que tu serais à Mendrisio ?

Je ne sais pas. Ce titre m'a en tout cas aidé à m'approcher de cette sélection...

As-tu perçu les crispations diverses que cette victoire a suscitées ?

Les sentiments étaient mitigés. Mais j'ai vu que la plupart des gens étaient plutôt contents. C'est sûr que tout le monde ne pouvait pas être satisfait.

" JE SUIS CAPABLE DE M'INTÉGRER PARTOUT "

En particulier les équipes ProTour, auxquelles tu souffles une nouvelle fois un pion avec ta sélection au Mondial ?

Ce n'est pas de ma faute si je suis ici ! Il y a des déçus parce que nous n'avions que six places. Ces équipes ProTour auraient dû réaliser un meilleur classement UCI et nous aurions eu droit à neuf places !

Tu es en train de prouver que tu t'intègres en équipe de France alors que tu étais parfois taxé d'individualiste !

Beaucoup de personnes qui ont tenu des propos négatifs sur moi sont en train de retourner leur veste. Les regards sur moi sont en train de changer. Avant l'équipe de France, c'est avec Bretagne-Schuller que j'ai démontré mon esprit d'équipe. Je suis capable de m'intégrer partout. Inutile de crier partout comment je suis : je ne dis rien, j'agis.

Si tu peux crier un peu, quel coureur estimes-tu être ?

Un coureur sérieux, qui fais le métier à 100%, qui donne le meilleur de lui-même sur un vélo. On ne m'a pas toujours vu sous cet angle parce qu'on ne m'a pas toujours laissé le temps. C'est pour cela que j'ai hâte de passer au niveau supérieur.

De repasser, tu veux dire ?

Je n'ai pas toujours eu l'impression qu'on m'a donné la possibilité d'évoluer à ce niveau...

" CROYEZ EN MOI ! "

Entre ton titre de champion de France et ta sélection à Mendrisio, 2009 est-elle pour toi une année revancharde ?

Je souhaitais surtout démontrer mes capacités. Je suis complet, sérieux. Je voudrais dire à tout le monde "Croyez en moi !" Bretagne-Schuller m'a fait confiance. Et le déclic s'est produit.

A quel moment de ta saison ?

Après ma victoire au Tour du Finistère. Je me suis dit que tout finissait par payer. J'ai toujours eu envie de bien faire. Mais ce jour-là, j'ai pris conscience de mes responsabilités.

Tu avais des sollicitations étrangères, notamment de Saxo Bank. Pourquoi as-tu opté pour AG2R-La Mondiale ?

Je ne voulais pas m'expatrier avec le maillot tricolore. Je voulais en profiter du mieux possible et en faire profiter mon équipe. Donc, j'ai choisi de rester en France. Et c'est AG2R-La Mondiale qui me convenait le mieux pour son programme et sa façon de gérer les courses et les coureurs.

Y a-t-il des épreuves que tu souhaites découvrir ?

Oui : Paris-Nice. Je ne sais pas pourquoi. J'ai envie de me faire mal aux jambes sur des courses différentes. Les ardennaises m'attirent également. Bien sûr, j'aimerais participer aussi à mon premier Tour de France. J'ai ces épreuves dans un coin de tête, mais ce n'est pas le tout d'en rêver : il faut les préparer. Je pense être un coureur de classiques, mais, grâce au contre-la-montre, je peux tirer mon épingle du jeu sur des épreuves à étapes. J'ai peu disputé de chronos cette année. Mais ça restera ma spécialité, je continuerai de la travailler.

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