L'exploit de 1999 - Debout les morts

Rugbyrama - dim, 25 oct 18:19:00 2009

Toute cette semaine, notre site vous faire revivre l'incroyable exploit de l'équipe de France en demi-finale de Coupe du monde 1999, il y a dix ans, contre les All Blacks (43-31). Retrouvez, pour commencer, le résumé de la rencontre publié dans Midi Olympique le lendemain du match.

1999 Magne Mola - 0

Exceptionnel, hallucinant, extraordinaire Les superlatifs vont pleuvoir dans le courant de la semaine à l'endroit de ce XV de France et rien, d'évidence, ne sera plus mérité. Comment, au reste, cette équipe battue de plus de cinquante points il y a trois petits mois par cette même équipe des Blacks, comment cette équipe si approximative tout au long de ses matchs de poule, a-t-elle pu sortir une rencontre de ce tonneau, un match si plein, à ce point épatant de maîtrise et de lucidité, de courage et d'envie ?

Avec une patience et une application inouïes

C'est la grande interrogation du sport moderne, professionnel ou pas, c'est l'un des mystères les plus savamment entretenus du rugby à la française. Mais Dieu que cette victoire est belle et que cette équipe de France est héroïque. C'est si vrai qu'on ne lui donnait plus beaucoup de chances après que Lomu eut marqué son deuxième essai personnel, le huitième de son Mondial, sur une relance impayable de Wilson. A 24-10 face aux Blacks, qui aurait osé imaginer un scénario à ce point démoniaque ? Mais il était écrit quelque part que cette équipe, si encline à commettre des fautes lors du dernier acte, avait beaucoup plus de ressources et d'amour propre qu'on n'aurait jamais osé l'espérer. Comment expliquer autrement ce retour d'une patience et d'une application inouïes qui conduit Lamaison, à l'ombre de son pack, à passer coup sur coup deux drops d'un autre âge, puis deux pénalités, avant que Dominici monstrueux Dominici ne porte une estocade fatale aux Blacks par un essai de son cru, sur un coup de pied dans la boîte de Galthié ?

A 29-24, mon cher Bala, les mouches avaient changé d'âne et Pierre Villepreux, à bon droit, pouvait laisser filtrer une larme

Sur les traces de Dominici

Au vrai, ce match, le XV de France, le prit à bras le corps d'emblée ouvrant le score par Lamaison et donnant sur toute l'étendue des vingt premières minutes, une impression de sérénité et de confiance qui nous laissent sans voix. Ah ! Le premier essai de Lamaison, sur une valise monumentale de Dominici, déchirant sur trente mètres tout le tissu de la défense adverse, s'arrachant aux griffes d'Umaga, de Wilson, par deux cadrages-débordements d'école, un soleil de rugby ! Et Dourthe qui renverse pour Lamaison, idéalement replacé Comment ne pas aimer cette équipe quand elle grimpe pareillement sur un nuage de rugby, qu'elle évoque l'équipe de Dubroca battant l'Australie en 1987, celle de Rives réussissant l'exploit du 14 juillet 1979, celle de Saint-André glanant de haute lutte le droit de battre les Blacks à deux reprises sur leurs terres en 1994 et toutes celles, moins connues, qui nous firent le cur chaud et nous bouleversèrent à proportion ?

Lomu et après ?

L'incroyable, pour lors, est encore de constater qu'à part Lomu, gigantesque comme à son habitude et auteur de deux essais que lui seul eut été capable de marquer, jamais au grand jamais, cette équipe de France n'eut à redouter les All Blacks. Ils ne proposèrent, au juste, rien de recevable à notre admiration, sur cette seule rencontre. Pris à la gorge, martelés défensivement, asphyxiés par quinze Bleus qui semblaient des milliers, ils redevinrent par la grâce des hommes d'Ibanez une équipe quelconque, tourneboulée par tant d'agressivité, de confiance et de plénitude.

Ce fut si frappant que le pilier Dowd, après que Dominici eut marqué son premier essai, adressa à ses coéquipiers un regard terriblement édifiant sur le doute qui saisissait alors les siens.

Villepreux l'avait annoncé

Admirables donc de santé, de ténacité, de lucidité, les Français que l'on attendait décidément pas à pareil niveau, n'allaient plus rien lâcher au tournant de l'heure de jeu, marquant même un essai tactiquement parfait, annoncé la veille par Pierre Villepreux sur tableau noir et qui consista à lober la défense noire par un botté admirable de Lamaison par-dessus le mur noir. Richard Dourthe se jeta sur cette balle avec une envie et un enthousiasme qui en disent long sur l'état de rébellion où se tenaient nos bonshommes

Le reste, tout le reste, peut se chanter à voix forte : la férocité défensive, comme le dernier essai de Bernat-Salles ponctuant au sprint un contre d'Olivier Magne au pied. L'équipe de France marchait sur les eaux et effaçait d'un coup, d'un seul, toutes les déceptions qu'elle avait fait naître.

"Plus on nous critique, meilleurs on est", dira Pierre Villepreux sur le tard. D'ici qu'il nous fasse une « fourouxade » il n'y a qu'un pas. Mais on lui pardonnera tout, allez, tellement cette victoire fait honneur au rugby français, tellement elle relance dans le cur des braves gens un peu de cette flamme passionnelle jusqu'ici vacillante, tellement cette équipe de France fut admirable. Debout les morts ? On ne pouvait rêver plus bel hommage une veille de Toussaint.

Jacques Verdier / Rugbyrama

Commentaires 1 - 9 de 9

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  1. super match, exploit historique, etc...
    exploit sans­ lendemain car tjs pas de coupe du monde dans la­ corbeille ...
    c'est pas com le foot ... vive ZZ

    De jimbolo, le lun 9 nov 11h 47
  2. c 'est jolie tous ça mais tjrs est il que le cop a­ laissé ses plumes faces aux blacks !!!! pffff

    De faupala, le lun 9 nov 3h 41
  3. Oui que c'était beau!
    Mais en demi-finale...les­ français sont très forts dans les 1/4 et les 1/2­ finales...mais en finale c'est bonjour­ tristesse!
    Alors quand les rugbymen feront comme les­ hanballeurs et un peu les footeux, alors là on pourra­ s'extasier sur ses prouesses d'anthologie.
    Mais­ pour le moment, permetez-moi de jouer les rabats-joie­ mais l'anthologie reste en berne.

    De Christophe, le sam 31 oct 1h 55
  4. Tournaire et Soulette n'avaient pas donné leurs­ parts aux chiens dans la destruction savante du pack­ noir! Chapeau à ces deux grands piliers dont on peine­ toujours à trouver les successeurs...

    De chrisetnat2002, le ven 30 oct 16h 28
  5. Cette victoire là sur les blacks écrase celle de 2007­ !
    Que celui qui ose dire le contraire se manifeste­ !
    Quant on revoie les 2, il n'y a pas photo ! En­ 99, il y avait la grace sur les bleux ! C'est à en­ repleurer de joie quand on revisionne ce match...
    Ce­ match en 99 fait partie du panthéon de l'ovalie­ (comme en 79 contre les blacks, 87 contre les walabies­ et 94 avec les 2 tests gagnés chez les blacks)
    Vive­ N'Tamak, Galthié, Lamaison, Benazzi et tous les­ autres !

    De francois j, le jeu 29 oct 14h 52
  6. je dois dire que moi aussi j'ai un souvenir ému­ lorsque je regarde ce match.
    je l'ai encore en­ vidéo (prise en direct) et je le regarde lorsque je­ veux voir de varis guerriers, avec du coeur et de la­ vista.
    je l'ai montré à mon fils qui n'a que 11­ ans et donc trop petit à l'époque pour apprécier,­ il en resté sur le c..
    cette équipe est bien la digne­ héritière de celle de jean-pierre rives en 1979, de­ blanco and co en 1987.

    De lexpert, le jeu 29 oct 0h 37
  7. encore, encore ! ! !

    De christian, le mer 28 oct 15h 42
  8. quand je revois ce match, je ne peux pas m'empêcher­ de verser une larme de joie...
    C'est le plus beau­ match de rugby que je n'ai jamais vu.
    Dourthe­ avait terrorisé Umaga qui commettait des en-avant sur­ les receptions de chandelles. Dourthe était habité ce­ jour là. il avait la gagne et la rage dans les yeux...­ J'ai adoré ce joueur.
    Bennazzi avait fait un match­ parfait, même s'il avait rebondi sur Lomu lors de­ son 2eme essai. Bennazzi a toujours mon joueur préféré.­ La classe, le sens du sacrifice, le mec qui allait tout­ le temps au charbon. En plus un mec gentil et­ cool.
    Lamaison était sur un nuage, touché par la grâce­ il réussissait tout ce qu'il tentait... sa vista et­ son jeu au pied étaient énormes...
    Galthié était au­ sommet de son art.

    que d'émotions ! rien que pour­ ces exploits et ses actions qui m'ont faits bondir­ de mon canapé... Je suporterai toujours les bleus !

    De st0ng4, le mer 28 oct 10h 20
  9. Quelle équipe ! Quelle fantastique génération avec les­ Galthié, Lamaison, Juillet, Dourthe, Dominici,­ Bernat-Salles, De Villiers, Pelous, etc... Un match­ historique entré dans la légende du rugby...

    De serge, le mar 27 oct 7h 30
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