Ligue 1 - Bordeaux en mode apathique

Eurosport - lun, 26 nov 20:44:00 2007

Balayés à Caen (5-0), les Bordelais ont montré leurs limites samedi. Selon Laurent Blanc, ses joueurs ont avant tout manqué de caractère. Mené 2-0 et rapidement réduit à dix, Bordeaux n'a su réagir ni s'accrocher. Une attitude rédhibitoire lorsque l'on veut jouer les premiers rôles.

FOOTBALL SAISON 2007-2008 BORDEAUX LAURENT BLANC - 0

En astrophysique, un trou noir est un objet massif doté d'un champ gravitationnel d'une intensité telle qu'elle empêche même la lumière de s'en échapper. En football, la définition du trou noir est plus simple et ressemble fortement à ce que les Girondins de Bordeaux ont vécu samedi soir du côté de Caen lors de la 15e journée. Les hommes de Laurent Blanc ont pris une raclée monumentale sur la pelouse du stade Michel d'Ornano. Ecrasés 5-0, les Girondins ont également terminé la rencontre à neuf après les expulsions de Mathieu Chalmé et de Marc Planus. Ajoutez à cela que les Marine et Blanc se sont fait hara-kiri avec deux bourdes de Marc Planus - décidément - et d'Ulrich Ramé qui ont amené les deux premières réalisations des Normands. En une demi-heure, la rencontre était pliée.

La trêve n'aura pas fait de bien aux Girondins de Bordeaux qui restaient sur une performance de choix, une victoire convaincante face au Stade Rennais (3-0) marquée du sceau de la rigueur et du réalisme. Revenu à la troisième place du Championnat de France, Bordeaux semblait reparti sur d'excellentes bases. Restait à confirmer à l'extérieur. On sait ce qu'il en est advenu. Les pensionnaires du stade Jacques-Chaban-Delmas ont vite plongé. Si le Stade Malherbe de Caen les a poussés à boire la tasse, les Girondins se sont mis seuls la tête sous l'eau. Et surtout n'ont jamais montré la moindre velléité de repasser au-dessus de la ligne de flottaison.

Après la rencontre, Laurent Blanc regrettait l'apathie de ses hommes. Plus que la défaite - la plus lourde de sa jeune carrière, c'est ce point précis qui a contrarié le "Président" en premier lieu : "Il y a des faits de match qui nous ont pénalisés. Ce n'est pas dans mes habitudes de discuter l'arbitrage, mais il ne nous a pas été favorable. Cela dit, Caen s'est montré plus agressif. J'ai une équipe qui manque de caractère, je ne l'ai pas appris ce soir. Même à dix contre onze, j'aurais espéré une autre réaction d'orgueil." Ceci d'autant plus que l'entame du match des Bordelais ne laissait pas présager un tel naufrage : "Paradoxalement, les quinze premières minutes n'ont pas été si mauvaises que cela. Mais bon, il vaut mieux perdre une fois 5-0 que cinq fois 1-0." Une maigre consolation.

Bordeaux plafonne

Quand Laurent Blanc pointe le mental défaillant de son équipe, on ne peut lui donner tort. La rencontre de samedi est évidemment révélatrice puisque même réduits à dix, les Bordelais auraient pu montrer autre chose et donner l'impression de s'accrocher à des Normands bondissants, à défaut de revenir au score ou même de l'emporter. Il n'en a rien été et les Girondins sont repartis vers le sud-ouest avec une valise pleine à craquer. Depuis le début de la saison et avant d'aller à Caen, Bordeaux avait concédé l'ouverture du score à cinq reprises. Trois fois, les hommes de Laurent Blanc étaient revenus à la marque (Lille 1-1, Strasbourg 1-1 et Valenciennes 2-1). Les deux matches lors desquels les Girondins n'étaient pas parvenus à renverser la situation correspondent aux duels perdus face à Lyon (1-3) et Nancy (1-0). Pas un hasard. Lorsque l'adversité est trop importante ou les circonstances de jeu extrêmement défavorables, les Aquitains coulent. Ce fut le cas samedi. Deux buts de retard et un joueur de moins ont plombé le moral bordelais.

Troisième de Ligue 1, Bordeaux plafonne sans doute. Si les Girondins savent y faire et ont les moyens de lutter contre dix-sept des vingt équipes de l'élite, ils restent un peu justes pour aller titiller l'Olympique Lyonnais, évidemment, et Nancy, son fringant dauphin. L'écart s'est d'ailleurs creusé à l'occasion de la 15e journée puisque l'OL et l'ASNL sont respectivement neuf et six points devant les Girondins. Pour espérer combler ce fossé, les Marine et Blanc vont devoir s'employer et vite relever la tête. Pour ce faire, Laurent Blanc pourra au moins s'appuyer sur Franck Jurietti, qui fulminait après le match : "Dans le dernier quart d'heure, les Caennais se prenaient tous pour des Maradona. Chacun cherchait à réussir un petit pont. Ils nous ont pris pour des cons. Je les attends au match retour." Avant ça, il y aura Toulouse. Rien de mieux qu'un derby pour réagir.

Maxime DUPUIS / Eurosport