Eurosport - lun, 26 nov 20:47:00 2007
Le retour en forme du jeune meneur olympien coïncide avec le sursaut de l'OM. Samir Nasri entraîne dans son sillage tout le collectif marseillais dont il est le métronome. Marseille a confié les clés de son jeu à un jeune gamin de 20 ans. Un pari qui s'avère gagnant.
1987. L'année bénite. Des pépites à foison, des talents à l'état brut et un futur qui s'annonce souriant. En tête de liste : Benzema, Ben Arfa, Ménez. Et Samir Nasri comme symbole de cette génération décomplexé. A 20 ans, il drive le jeu du club le plus titré de France. Car c'est bien Nasri qui détient les clés de l'OM. Un symbole, là-encore, le meneur de jeu revient en forme et le club phocéen refait parler de lui, en bien cette fois-ci. Tout sauf un hasard tant Nasri, véritable baromètre du club phocéen, pèse sur le jeu de l'OM. Eric Gerets l'a bien compris et lui a confié le brassard de capitaine à la sortie de Mamadou Niang face à Metz (3-1). Un symbole, un de plus.
Au contraire de Karim Benzema ou d'Hatem Ben Arfa à Lyon, l'influence de Samir Nasri sur le jeu de l'OM n'a jamais été quantifiable. Peu de buts (5 en 101 matches de Ligue 1), mais une faculté à accélérer le jeu, à donner le tempo, à organiser l'animation offensive, à se glisser dans les intervalles pour créer la brèche. Ces derniers temps, le jeune olympien y a ajouté l'efficacité. Trois passes décisives lors des deux derniers matches de Marseille. Un fait nouveau qui donne de l'épaisseur à ses prestations.
A l'aise à la base du trio offensif
Des chiffres en hausse qu'il doit avant tout à sa complicité avec Mamadou Niang : "C'est quelque chose qui s'améliore parce qu'avec Mamadou on a l'habitude de jouer ensemble, ça fait deux ans que ça dure. En dehors du terrain nous avons de bonnes relations ce qui facilite notre entente sur le terrain aussi." Nasri est à l'aise. A l'aise à la base d'un triangle offensif complémentaire. Comme lui, l'attaquant sénégalais et Mathieu Valbuena préfèrent le jeu court, à terre, en remises et à une touche de balle. Rapidité et explosivité caractérisent ce trio façon poids plume. "Avec Mathieu on s'entend bien aussi sur le terrain parce que c'est un joueur qui provoque beaucoup. Aujourd'hui il a épuré son jeu, avant il gardait beaucoup le ballon, il dribblait beaucoup. Aujourd'hui il appuie, il donne, il bouge, quand il y a du mouvement dans le jeu c'est plus facile pour tout le monde", témoigne Nasri.
Comme Hatem Ben Arfa délesté de l'ombre de Florent Malouda, Nasri a gagné en responsabilités avec le départ de Franck Ribéry. Dans une Ligue 1 abandonnée par ses stars, ce sont les jeunes qui prennent le pouvoir. Sans son meneur, l'OM a patiné en début de saison. Au risque de brûler les ailes du prodige, Marseille a décidé de précipiter son retour comme pour souligner la Nasri-dépendance qui s'installe sur la Canebière. Une rentrée trop précoce synonyme de débuts plutôt ternes. Après sa blessure, le jeune meneur a dû observer plusieurs semaines de repos en raison d'une méningite : "J'ai eu une grosse entorse à la cheville, je suis revenu un peu trop tôt... Après tout s'est enchaîné, j'ai eu une méningite et je suis resté douze jours à l'hôpital. Mais ce sont des moments qui font mûrir, qui font grandir. Il faut traverser ces étapes car ce sont des choses qui peuvent encore arriver. L'essentiel, c'est d'en sortir grandi."
Une grande maturité
Car Nasri tire aussi sa force de sa grande maturité. Maturité dans le jeu, maturité hors du pré. Bien que convoité par le Real Madrid ou l'Inter Milan, il a choisi de continuer de grandir dans sa ville. Devenir indiscutable avant de tenter l'aventure à l'étranger, un pari jusqu'ici gagnant puisque cette année, le champion d'Europe des moins de 17 ans a franchi à cap en cumulant deux buts en 7 sélections chez les "grands". Un statut d'international qui n'est pas pour déplaire à Eric Gerets :"C'est une fierté pour notre équipe d'avoir de nouveau un joueur qui frappe fort à la porte de l'équipe nationale. Tout le monde sait qu'il a du talent. " Avec la faillite de Djibril Cissé, Nasri est le seul Marseillais à avoir participé aux dernières rencontres de l'équipe de France. A 20 ans, il n'est déjà plus la relève mais bien le présent. Indispensable à l'OM, il pourrait très vite se rendre essentiel au onze tricolore.
Martin MOSNIER / Eurosport