Eurosport - lun, 26 nov 20:46:00 2007
S'il existe un moment opportun pour affronter le FC Barcelone, c'est peut-être bien maintenant. L'adversaire de l'Olympique Lyonnais en Ligue des Champions traverse quelques turbulences et n'arrive pas à Gerland en confiance. En voici les raisons.
- LE CAS RONALDINHO :
Samedi, le FC Barcelone a fait le travail. Face au Recreativo Huelva, le club catalan a mis une heure avant de débloquer la situation mais a fini par l'emporter 3-0 avec des réalisations signées Milito, Bojan et Messi. Ronaldinho n'était pas de la partie. Fatigué car tout juste rentré d'Amérique du Sud où il était allé disputer les éliminatoires du prochain Mondial avec la Seleção, le Brésilien n'a même pas été convoqué par Frank Rijkaard. Une décision sage. Et loin d'être rédhibitoire pour un Barça qui apprend jour après jour à composer sans sa superstar. Il faut bien l'avouer, le Ronnie de ces derniers mois n'est plus indispensable au club. Depuis le début de la saison, l'ancien Parisien traîne sa peine, déçoit sur le terrain, fait parler de lui en boite de nuit et commence sérieusement à agacer ses coéquipiers qui ne sont pas logés à la même enseigne.
- BARCELONE COINCE A L'EXTERIEUR :
Si le Camp Nou est pour le moment inviolé et que le FC Barcelone y a gagné toutes ses rencontres de championnat et de Ligue des Champions, les déplacements du club catalan sont souvent plus mouvementés. A l'extérieur, les hommes de Frank Rijkaard n'ont remporté qu'un seul match de Liga, à Levante fin septembre (1-4), et un autre de C1, du côté de Stuttgart (0-2) dans la foulée. Pour le reste, les défaites ont succédé aux nuls et vice versa. Le 4-3-3 du Barça et ses ambitions offensives sont souvent inefficaces loin du Camp Nou. Comment l'expliquer ? Si les coups de moins bien de ses créateurs sont de plus en plus fréquents (Ronaldinho ou Henry en particulier), certains joueurs pointent un manque de flexibilité tactique : "On devrait savoir interpréter un match au lieu de rentrer sur le terrain avec une seule idée en tête : attaquer", analyse Xavi. Plus facile à dire qu'à faire.
- LES STARS NE SONT PAS EPARGNEES :
Le FC Barcelone n'est pas verni. Des Quatre Fantastiques, seul Lionel Messi tient son rang actuellement. L'Argentin fait le travail pour quatre. A vrai dire, il n'a pas le choix. Ronaldinho est à des années-lumière de son niveau de 2005, Samuel Eto'o et Thierry Henry sont eux poursuivis par la scoumoune. Le Camerounais s'est blessé fin août aux ischio-jambiers et vient de reprendre l'entraînement la semaine dernière. Il n'a toujours pas joué le moindre match officiel cette saison et ne sera pas à Lyon. Thierry Henry non plus ne sera pas présent à Gerland, mardi. Le Français souffre du dos et du pubis. Un nouveau coup dur que Frank Rijkaard devra surmonter avec la titularisation probable de Bojan et le retour de Ronaldinho.
- DU RIFIFI DANS LE VESTIAIRE :
Constellation de stars, le FC Barcelone a également hérité des ego qui accompagnent ces joueurs de talent. Si la cohabitation se passe souvent bien, il y a parfois de la friture sur la ligne. C'est le cas en ce moment. La semaine dernière, Edmilson en a donné un bon exemple en sortant de sa réserve habituelle. L'ancien Lyonnais a critiqué le manque de professionnalisme de certains de ses partenaires : "Le monde dans lequel nous vivons est différent parce que l'argent, le succès, la célébrité, les femmes et les choses faciles font que les vraies valeurs tendent à être mises de côté. Dans notre monde il y a des gens bons et mauvais, a encore affirmé Edmilson. Nous, joueurs et entraîneurs, formons une famille. Et très souvent dans une famille, il y a une brebis galeuse." Dire que le vestiaire barcelonais a moyennement apprécié est un doux euphémisme. Le Brésilien a d'ailleurs été obligé de s'excuser. Rjikaard a regretté le dérapage public de son joueur jugeant qu'il aurait mieux fait de livrer le fond de sa pensée dans le vestiaire. Mais il ne l'a pas condamné.
Maxime DUPUIS / Eurosport