Euro 2008 - Les Bleus tombent de haut

Eurosport - dim, 27 janv 16:04:00 2008

Jamais dans le rythme, la France est éliminée par la Croatie (23-24) en demi-finale de l'Euro. Les Bleus ont perdu leur couronne sans avoir donné la pleine mesure de leur potentiel. Frustrant, décevant, une remobilisation pour les JO est attendue...

HANDBALL Karabatic - 0

CROATIE - FRANCE 24-23 (11-9)

Croatie : Gardiens de but: Somic (4/10 arrêts), Alilovic (5/22) Marqueurs: Kaleb (1), Balic (5), Duvnjak (1 pen.), Lackovic (2), Vori (2), Metlicic (6), Valcic (3), Cupic (4 dont 2 pen.)

France: Gardiens de but: Omeyer (10/34 arrêts), Karaboué Marqueurs: Fernandez (1), G. Gille (2), Narcisse (7), Girault (1 pen), Karabatic (5 dont 1 pen.), Abalo (7)

A vouloir se croire trop beau, on tombe parfois dans la suffisance. Si la France a perdu sa couronne européenne à Lillehammer face à une solide équipe croate, elle le doit en grande partie à elle-même. La finale lui tendait les bras et par là même un éventuel accessit pour les Jeux de Pékin, il n'en sera rien. Jamais dans le rythme offensivement, sans solution de rechange à l'impeccable duo Narcisse-Abalo, la France n'a plus que ses yeux pour pleurer.

Face à la menace Balic, diminué mais tellement génial, les hommes de Claude Onesta n'ont jamais trouvé la bonne carburation offensive. Gênés sur jeu posé et défaillants dans l'exercice des penaltys, les Bleus devaient leur survie à quelques coups géniaux mais isolés. L'adversaire du jour opposait une logique bien différente. Une organisation sans faille emmenée par un état d'esprit irréprochable notamment dans les moments chauds de la partie.

Dans une rencontre où l'écart au score ne dépassera jamais deux buts d'un côté ou de l'autre, le collectif français aura affiché ses limites. Sans patte gauche à l'arrière, le manque de solutions s'est ressenti surtout qu'au poste de pivot, Bertrand Gille ne reçut que trop peu de ballons exploitables. Claude Onesta tentait bien de remobiliser ses joueurs. Une sorte de léthargie ou est-ce un surplus de pression empêchait les Français d'enfoncer le clou quand Ivano Balic, perclus de douleurs, tenait à peine debout.

Renaître rapidement

Au lieu de cela, les Croates alternaient parfaitement les tirs de loin et le jeu sur les ailes. Invisibles jusqu'à dix minutes de la fin, Cupic et Lackovic faisaient les pires misères du monde aux Tricolores. A 1 minute 30 de la fin et une égalité parfaite (23-23), les Croates faisaient courir la montre et trouvaient la faille par Lackovic d'un tir en suspension. Le dernier ballon joué par les Bleus est à l'image du match. Un manque total d'inspiration avec un premier tir forcé de Narcissse qui est contré. La dernière chance à 6 secondes de la fin ne connaîtra pas un meilleur sort. Le tir de Karabatic s'écrasait sur le poteau et faisait s'envoler les derniers espoirs français.

L'échec se révèle finalement cuisant pour les Bleus. Favoris incontestables du dernier carré, ils échouent sans jamais avoir vraiment exploité leur énorme potentiel. Le temps de la digestion et d'une remise en cause, d'autres échéances sont à venir en mai prochain. Un passage désormais obligé pour obtenir le précieux sésame pour les JO. Alors que les sports collectifs français ont sombré un à un, le hand nous doit une revanche. Une médaille en août prochain voudrait tous les pardons du monde.

LA DECLA : Nikola Karabatic

"A la fin du match on est en défense depuis déjà deux minutes, le bras de l'arbitre est levé (signalant que la Croatie devait attaquer rapidement le but adverse, NDLR), on se bat jusqu'à la fin. On prend le but, derrière il reste trente secondes à jouer. On prend le temps mort, on annonce une combinaison, là on se fait contrer, il nous reste quinze secondes à jouer. On fait rentrer Fernand (l'arrière français Jérôme Fernandez) à la place du pivot mais personne ne l'a vu, personne ne l'a dit. Il reste cinq, dix secondes à jouer alors on essaie de prendre un shoot rapide, trop rapide et on le manque. C'est "con" à chaque fois de perdre d'un but. On avait l'occasion de gagner. C'était très serré".

Patrick Bonneil / Eurosport