Aujourd'hui entre Nalut et Al Qaryat, le parcours du Rallye OPTIC 2000 s'enfonce un peu plus au cœur du territoire libyen. Sur cette étape, les concurrents ont pu traverser des paysages grandioses où l'immensité désertique a pris tout son sens. Sur cette spéciale très rapide, Christian Lavieille signe le deuxième temps après notamment une crevaison et un peu de temps perdu en raison d'une erreur sur le road-book. Il pointe ce soir à la deuxième place du général à seulement trente-quatre secondes de son adversaire Krzysztof Holowczyk.
En catégorie production, malgré des soucis de navigation, Laurent Rosso prend malgré tout la tête des T2 devant son équipier Jean-Pierre Strugo. Les participants du Rallye de Tunisie ont aujourd'hui eu le privilège de parcourir des terrains vierges de toute compétition. Entre Nalut et Al Qaryat, cette troisième étape était sans doute la plus rapide de toute l'épreuve.
Sur les 359km du tracé, la principale difficulté fut de faire les bons choix en navigation en raison de nombreuses pistes parallèles. A mi-spéciale les concurrents devaient entrer dans un petit canyon, et suivre une piste de sable étroite au milieu de la végétation. Sur une petite centaine de kilomètres, il fallait longer des falaises sur des pistes empierrées mais roulantes. Au Km 296, dernière descente d'un plateau par un col sinueux avant de passer la ligne d'arrivée.
Christian Lavieille ouvrait la route ce matin. Loin de lui déplaire, son élan fut coupé net quand, comme bon nombre de concurrents, une erreur sur le road-book est venue tout perturber. En effet, un mauvais cap indiqué sur les notes du jour a sérieusement semé la zizanie chez les motos puis les autos.
« Beaucoup de navigation sur cette étape. Vers la km 280, une note du road-book n'était pas bonne. Nous nous sommes arrêtés pour faire le point et François m'a dit de tirer vers le cap qui nous ramenait sur la piste. Nous étions au sommet d'une falaise avec beaucoup de grosses pierres et peut-être un peu déconcentré j'ai roulé sur un énorme caillou avec la roue avant, mais manque de chance, je crève à l'arrière. Nous perdons un peu de temps pour procéder au changement de roue et nous voyons Holowczyk nous passer. » déclarait Christian Lavieille.
Puis il poursuivait : « Nous voilà repartis dans une descente très technique de falaise et à trente kilomètres de l'arrivée nous le repassons. François a bien assuré car ce n'était pas évident. »
François Borsotto fut largement mis à contribution aujourd'hui : « Malgré notre résultat, je suis content car nous avons fait la spéciale devant la plupart du temps. Mais cette erreur sur le road-book nous a gênés. Je préfère quand nous roulons devant, spécialement sur ce type de terrain où la poussière est très pénalisante. »
L'écart au général est faible et les jeux sont loin d'être faits aux avant-postes. En T2, changement au classement général. C'est désormais Laurent Rosso et Fabian Lurquin qui ont pris la tête devant leur équipier Jean-Pierre Strugo.
« Le rythme était très rapide dès le départ, très roulant. Nous avons pris un « lièvre » et nous nous sommes calés derrière pendant cinquante kilomètres. Nous sommes arrivés dans ce canyon infernal en ne sachant plus comment en sortir. Pendant quinze minutes nous avons jardiné et Fabian nous a remis sur le bon cap. Jusqu'à l'arrivée nous étions un peu tendus en pensant perdre beaucoup de temps. Finalement, bonne surprise, nous prenons la tête de la catégorie. Aucun souci sur la voiture et aucune crevaison… »
Jean-Pierre Strugo et Jean Brucy se retrouvent ce soir en deuxième position du général des T2, à moins de trois minutes de leurs équipiers : « Nous avons perdu entre vingt et trente minutes aujourd'hui à cause de cette erreur de road-book. Nous étions au-dessus d'une grande vallée et nous n'arrivions pas à descendre. En plus, dans cette séance de jardinage, nous avons crevé. C'est rageant car nous étions sur le bon rythme depuis le début. »
Thomas Loussier fait la mauvaise opération du jour. Après une belle séance de jardinage, deux crevaisons et plus de freins, l'équipage du N° 254 se retrouve à la cinquième place de la catégorie. Très contrarié, Bernard Irissou ne cachait pas sa déception à l'arrivée. Thomas nous conte les péripéties du jour : « Après avoir longtemps cherché la bonne piste, nous avons fini par crever. En remontant dans la voiture, je me suis aperçu que je n'avais plus de freins. Et en roulant sans freins, en glissade, j'ai touché une pierre…et deuxième crevaison à une centaine de kilomètres de l'arrivée. Plus de droit à l'erreur car nous n'avions plus de pneu de rechange. Jusqu'à l'arrivée la route nous a paru bien longue ! »
Demain, entre Al Qaryat et Idri, une étape placée sous le signe de la diversité. En effet, du technique, du roulant et enfin, les premiers franchissements de dunes sur un secteur sélectif de 459 km.


