LIMOGES (Reuters) - Si la France a préservé sa place dans l'élite du tennis mondial féminin, elle le doit en grande partie à ses deux "mamies", le surnom affectueusement donné par le capitaine Nicolas Escudé à Amélie Mauresmo et Nathalie Dechy.
Les Françaises ne manqueront pas à l'appel du tirage au sort du groupe mondial de la Fed Cup 2010, organisé début juin à Roland-Garros. Elles ont toutefois entrevu le spectre de la relégation ce week-end à Limoges avec un succès arraché 3-2 face à une belle équipe de Slovaquie lors d'un barrage intense qui a vu 12h27 de tennis.
En faisant preuve d'un esprit de corps, d'un courage exemplaire et, peut-être, d'un supplément d'âme, Nathalie Dechy et Amélie Mauresmo ont remporté le double décisif (4-6 6-1 6-4) face à la paire Dominika Cibulkova et Daniela Hantuchova. Les Slovaques ont été emportées par la furia des deux "mamies" tricolores, pour reprendre l'expression de Nicolas Escudé, un capitaine conquis.
Ces deux joueuses avaient d'ailleurs elles-mêmes proposé Escudé aux instances nationales pour reprendre le poste laissé vacant par Georges Goven en fin d'année dernière.
"C'est vrai que lorsque les filles m'ont contacté pour être capitaine, les deux premières à qui j'ai parlé ont été Nathalie et Amélie", a dit Nicolas Escudé.
"J'avais fait de Nat' mon pilier de double et je comptais énormément sur Amé. Quand on voit ce qu'elle a fait ce week-end, c'est monumental. C'est une grande championne."
Après avoir égalisé à deux reprises puis remporté ce fameux double décisif, alors qu'elle restait sur un échec en finale de la Fed Cup 2005 face aux Russes à Roland-Garros, la Picarde a suscité l'admiration de toutes. Elle a en tout cas confirmé qu'à 29 ans, elle restait une compétitrice hors-pair.
CORNET BLOQUÉE
"Je n'ai pas trop pensé à la relégation mais c'était quand même présent", a précisé Amélie Mauresmo. "On avait pris 5-0 à Orléans face à l'Italie et on avait à coeur de montrer autre chose. Il fallait saisir toutes les opportunités, ça passait ou ça cassait. Emotionnellement, ça a vraiment été fort."
Nicolas Escudé ne sait pas encore s'il pourra toujours compter sur Amélie Mauresmo en 2010 mais le capitaine est convaincu que ce barrage constituera un acte fondateur pour l'avenir.
"C'est dans ces moments-là qu'en général les groupes se forment", a déclaré Nicolas Escudé. "On devait tous prendre nos marques face à l'Italie. Moi le premier et les filles vis-à-vis de moi."
Le point noir du week-end limougeaud porte sur les deux défaites en simple d'Alizé Cornet, pourtant numéro un sur le papier. La Niçoise, 15e mondiale, reste sur cinq défaites consécutives dans cette épreuve et cela ne peut laisser insensible Nicolas Escudé.
"Alizé a connu un samedi difficile, elle n'arrivait pas à s'exprimer", a confié le capitaine. "Dimanche, face à Dominika Cibulkova, ça partait sur les mêmes bases. Mais elle a su réagir de fort belle manière. J'ai musclé mon discours vis-à-vis d'Alizé. Je l'ai secouée car elle se faisait marcher dessus. Il fallait qu'il se passe quelque chose.
"Il va falloir qu'elle se serve de ce match pour la suite de sa carrière. Elle a toujours connu une progression constante. Aujourd'hui, elle a des points et un statut à défendre. On l'attend en Fed Cup car c'est la numéro un sur le papier. Ce n'est pas forcément facile à gérer."
La France, qui ne sera pas tête de série lors du tirage au sort du tableau 2010, affrontera au premier tour l'une de ces quatre nations: l'Italie, les Etats-Unis, la Russie ou la République Tchèque.
Edité par Bertrand Boucey

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Commentaires 1 - 1 de 1
vive 2009, maintenant les mamies français ont arreté le tricot pour faire de la muscu !
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