Mondiaux Stuttgart - Di Luca renonce

Eurosport - jeu, 27 sept 21:41:00 2007

Encourant une suspension de 4 mois en raison d'une implication dans une affaire de dopage, Danilo Di Luca ne participera pas au championnat du monde à Stuttgart. L'Italien, vainqueur du Giro, n'a pas supporté d'être visé par le parquet antidopage du Comité olympique italien.

CYCLING 2007 Liquigas di Luca - 0

Le dopage, qui a d'ores et déjà privé l'équipe d'Italie de Danilo Di Luca, a provoqué une guerre ouverte, jeudi, entre les organisateurs allemands des Mondiaux de Stuttgart et l'Union cycliste internationale (UCI). Danilo Di Luca, contre qui le procureur du Comité olympique italien (Coni) a demandé jeudi soir une suspension de quatre mois pour son implication dans une affaire de dopage, a annoncé qu'il devait se retirer.

"C'est un scandale: le procureur a tout fait pour que je ne puisse pas courir le Mondial", a déclaré le vainqueur du dernier Giro. Dans la matinée, les organisateurs allemands avaient dit ne pas vouloir de lui au départ de la course de dimanche. Mais, au-delà de Di Luca, c'est Paolo Bettini, le champion du monde sortant, qui a été surtout visé jeudi. Les organisateurs ont introduit une action en référé pour tenter de l'exclure avant le départ de la course de dimanche. Le comité d'organisation présidée par Susanne Eisenmann espère obtenir du tribunal d'instance de Stuttgart qu'il affirme "le caractère contraignant de l'engagement pour un cyclisme propre", un document que Bettini s'est refusé à signer.

"Une farce"

Le comité, représenté juridiquement par la municipalité de Stuttgart, fait référence à l'accord conclu cet été entre l'Union cycliste internationale (UCI), le gouvernement allemand et les organisateurs. La décision du tribunal allemand est attendue dans les 24 heures. Mais l'UCI, par la voix de son président Pat McQuaid, a pris position jeudi en fin d'après-midi en haussant la voix contre les organisateurs. "Bettini prendra le départ dimanche" , a affirmé Pat McQuaid. "Rien ne s'y oppose même s'il est regrettable qu'il n'ait pas signé l'engagement demandé".

"Cet engagement était une opportunité donnée à tous les coureurs de montrer leur attachement à promouvoir un cyclisme propre. Les coureurs étaient libres de le signer ou non et cela ne peut remettre en cause leur participation aux Mondiaux", a ajouté le président de l'UCI. Dans l'après-midi, Bettini a détaillé ses réserves sur cet engagement qu'il a qualifié de "farce". Dans un texte reprenant le courrier envoyé en juillet à l'UCI, le champion olympique estime notamment que la sanction financière (une année de salaire en cas de suspension de deux ans) va au-delà des pénalités fixées par le règlement. Il affirme également n'être pas impliqué, ni dans le passé ni dans le présent ou le futur, "àun quelconque fait en liaison avec la violation de la réglementation antidopage".

"Pris en otage"

Bettini au au moins obtenu jeudi un démenti de Patrik Sinkewitz, au lendemain de l'annonce par la chaîne de télévision ZDF d'un témoignage à charge de la part du coureur allemand contre son ancien coéquipier. "Patrick Sinkewitz n'a jamais mentionné le nom de Bettini en relation avec les procédures intentées contre lui" , a affirmé le communiqué diffusé par l'avocat de Sinkewitz.

Cette atmosphère surchauffée, rendue quasi-irrespirable par le déferlement médiatique allemand sur le sujet, a suscité le commentaire du Suisse Fabian Cancellara, le vainqueur du jour dans le contre-la-montre élite: "On en a marre!" En fin d'après-midi, le président de l'UCI s'en est pris à son tour aux organisateurs allemands en dénonçant "une stratégie politique et commerciale".

AFP / Eurosport