Eurosport - mar, 27 nov 22:08:00 2007
En l'absence probable de Karim Benzema, Lyon s'appuiera sur Fred comme attaquant de pointe face au Barça. Le Brésilien devra saisir l'occasion qui lui est offerte pour lancer sa saison après de bien ternes performances. Il en va peut-être du sort des champions de France en C1.
Le poids des responsabilités risque de vite le rattraper. En phase de reprise et pourtant déjà essentiel dans le dispositif, Fred, attaquant de l'Olympique Lyonnais, n'a pas le temps de gamberger ou de se chercher des excuses. Il lui faudra réaliser une grosse prestation ce mardi face à Barcelone car de sa performance pourrait dépendre l'avenir continental de Lyon. Rien que ça. Le Brésilien devrait ainsi pallier le forfait plus que probable de Karim Benzema, victime d'une grosse béquille samedi à Rennes. " Actuellement, il n'est pas en état de jouer", a indiqué Alain Perrin lundi. Avant de poursuivre : "Ses chances sont faibles mais non inexistantes." En cas de titularisation, Fred aura un énorme défi à relever : faire oublier ses productions quelconques depuis son come back.
Un challenge de taille. Car Fred cumule les approximations depuis sa rentrée face à Monaco, fin octobre. Aucun but inscrit en 233 minutes passées sur le terrain et un apport dans le jeu qui frise le néant. Face à Marseille, l'avant-centre de l'OL a connu sa première titularisation, et une longue traversée du désert. Trois occasions franches de la tête, trois loupés. Un manque criant de tonicité dans l'attaque du ballon mais aussi et surtout une confiance qui le fuit. Depuis le début de saison, Fred n'a inscrit qu'un but...en CFA contre la réserve de Nancy. Alors le Brésilien gamberge et ses prestations s'en ressentent.
Perrin veut croire en lui
Alain Perrin l'a bien compris et, devant la nécessité d'avoir un attaquant efficace face au Barça, le coach de l'OL n'hésite pas à passer la brosse à reluire : "Je pense que Fred, nous l'avons encore vu à Rennes, n'est pas encore dans le rythme mais il est de plus en plus présent dans le jeu. Il ne pourrait certainement pas tenir 90 minutes mais je sais que sur 60 à 70 minutes, il est capable de donner le meilleur de lui-même et, sur ses qualités naturelles, de trouver une bonne inspiration pour marquer un but ou faire marquer."
Perrin sait qu'il ne peut pas dans les circonstances actuelles se passer du Brésilien. Benzema sur le flanc, Lyon perd son principal argument offensif. Reste Milan Baros. Mais l'attaquant tchèque semble plus préoccupé par son départ au prochain mercato que par la saison de Lyon. Oublié donc l'intersaison agité où Fred clamait son envie de quitter le Rhône. Oublié les contretemps liés à sa participation à la Copa America contre l'avis du staff médicale lyonnais pour finalement se casser le cinquième métatarse du pied droit. Oublié enfin ses vrais faux retours du Brésil. Lyon passe l'éponge car Lyon n'a pas le choix.
Le talent est là
D'autant que le talent est là incontestablement. Fred n'a pas marqué 25 buts en 51 matchs de Ligue 1 (avant cette saison) par hasard. Et il pourrait bien profiter de l'occasion qui lui est donnée de briller pour prendre sa revanche. Pour montrer à ses dirigeants qu'il peut être plus qu'un simple recours en cas d'absence de Karim Benzema. Alors, quelle meilleure exposition que la C1 et cette rencontre capitale face au FC Barcelone pour se racheter ? En 2006, Lyon s'incline face au froid réalisme des Milanais incarné par Inzaghi et Shevchenko. En face, Fred ne tient pas la comparaison et de nombreux observateurs expliquent l'élimination de l'OL par l'absence d'un buteur de classe mondiale dans l'effectif.
Un an plus tard face à l'AS Rome, en huitième de finale, l'attaquant de Lyon perd ses nerfs et inflige un violent coup de coude à Chivu, ce qui lui vaudra trois matchs de suspension en C1. Dans le jeu, son apport est minime et nombreux sont ceux qui l'accablent après la contre-performance des Rhodaniens. Alors, est-ce que, ce mardi, l'Histoire s'offrira ce curieux clin d'oeil ? Faire d'une compétition qui a fragilisé le Brésilien un moyen de le relancer.
Martin MOSNIER / Eurosport