Eurosport - ven, 28 mars 19:59:00 2008
A 20 ans, Kevin Sireau déboule sur la piste des grands dans les Championnats du monde à Manchester, où il a remporté mercredi soir un titre qui doit sans doute en annoncer beaucoup d'autres.
Géant débonnaire de 1,88 m pour 90 kg, le Berrichon est prêt à tout dévorer avec le sourire... quand le vélo est rangé. Sur la piste, le jeune homme devient un lion transcendé par la compétition. Sans laisser prise apparemment à l'enjeu. "A l'entraînement, il fait son travail. Lui, c'est d'abord un compétiteur" , raconte Benoît Vétu, son entraîneur au pôle de Hyères qui polit la dernière perle du cyclisme français depuis trois ans. Remarqué dans les rangs des cadets par Daniel Morelon, qui était à l'époque le responsable de Hyères, Sireau a rejoint le centre à l'automne 2004.
Moins de deux ans plus tard, il étrennait sa première cape en équipe de France aux Championnats du monde à Bordeaux (5e du kilomètre) et devenait déjà champion de France de vitesse. Victime l'année passée aux Mondiaux d'une manoeuvre illicite d'un adversaire (l'Australien Mark French) en keirin, Sireau a dû patienter quelques mois de plus avant de prendre son envol. En février, il a décroché, premier de tous les sprinteurs français, sa sélection pour les JO de Pékin en remportant le classement général de la Coupe du monde. Devant son coéquipier de Hyères et du groupe Cofidis, Mickaël Bourgain.
"Il vient pour gagner"
Le "phénomène" - dixit Daniel Morelon - est arrivé à Manchester sans complexes. "Il vient pour gagner. A ce niveau, je n'imagine pas qu'un coureur puisse viser autre chose", annonce Benoît Vétu. Souriant, le jeune Français confirmait avant le début des compétitions le propos de son entraîneur. L'objectif ? "La totale", rigolait-il. A savoir les trois épreuves dans lesquelles il est engagé dans ces Mondiaux 2008. Le premier volet du triptyque est déjà tourné. Sireau a conquis sa première médaille d'or au plus haut niveau dans le trio de l'équipe de France de vitesse. En réussissant, de surcroît, le meilleur temps au deuxième poste.
"Je suis autant à l'aise en deuxième qu'en troisième (position)", expliquait le nouveau champion du monde, indiscutable titulaire de ce trio en compagnie du démarreur Grégory Baugé. "On m'a laissé le choix". La vitesse ? "J'ai ma chance", affirmait-il. "Si je n'allais pas en finale, ce serait une déception". Le voilà déjà en demies... Le keirin ? "J'ai une revanche à prendre après ce qui s'est passé ", rappelait-il, conscient cependant de tous les aléas d'une course moins limpide qu'un match de vitesse.
Ses adversaires ne s'y trompent pas. A commencer par le champion du monde de la vitesse, le Néerlandais Theo Bos, qui lui a rendu un hommage direct: "Il a un talent énorme. Il lui manque encore un peu d'expérience. Mais c'est déjà l'adversaire le plus dangereux ." Cet avis prémonitoire a trouvé confirmation, jeudi, dès les qualifications de la vitesse individuelle. Sur le 200 m lancé, Sireau a amélioré son meilleur chrono. Seul à descendre sous les 10 secondes, il a réussi tout simplement le meilleur temps du tournoi. Même s'il s'ets ensuite compliqué la vie en perdant son huitième face à Roberto Chiappa, il a su relever la tête pour franchir les repêchagés et sortir Greg Baugé en quarts. L'avenir a un nom...
avec AFP / Eurosport