«Les Ardennes n'étaient pas vraiment un objectif. Beaucoup de choses m'attendent encore dans la saison.» C'est une confession bien troublante qu'a lâchée Alejandro Valverde après sa victoire sur Liège-Bastogne-Liège. Mais l'Espagnol, en pleine forme comme l'avait déjà prouvé sa victoire incontestable sur Paris-Camembert, a déjà les yeux tournés vers le Tour de France qui aiguise plus que jamais les ambitions et résume bien l'état d'esprit. A l'image du leader de la Caisse d'Epargne, beaucoup de leaders n'ont plus que la Grande Boucle à la bouche. Est-ce parce qu'en l'absence du tenant du titre Alberto Contador et de l'équipe Astana, aucun favori ne domine les pronostics ?
Un printemps qui confirme les valeurs établies
Fabian Cancellara (Milan - San Remo), Tom Boonen (Paris-Roubaix), Damiano Cunego (Amstel Gold Race) ou Alejandro Valverde (Liège-Bastogne-Liège) : la campagne des grandes courses du printemps a confirmé des valeurs établies puisque tous ces vainqueurs avaient déjà glané des bouquets sur des classiques. Le Belge a retrouvé sa maestria sur le pavé, l'Italien a exporté sa domination entrevue sur la scène italienne (Tour de Lombardie, Giro), l'Espagnol a confirmé qu'il était bien un spécialiste des Ardennaises (déjà trois podiums à Liège, deux à la Flèche Wallonne et un à l'Amstel Gold Race). Seul Stijn Devolder, second couteau chez Quickstep, s'est invité au banquet des grands vainqueurs sur le Tour des Flandres. Mais la principale nouveauté est que les prétendants au Tour n'ont pas eu peur de se dévoiler, loin de la tradition des Miguel Indurain ou Lance Armstrong qui restaient tapis tout le printemps.
Cunego «sur les deux tableaux»
Vainqueur de l'Amstel Gold Race et troisième de la Flèche Wallonne, Damiano Cunego résume cette approche : «Cette année, je disputerai le Tour. En conséquence, la première partie de la saison est consacrée aux classiques et la suite au Tour. Je pense pouvoir être compétitif sur les deux tableaux même beaucoup de gens ont des doutes. Je pense que je peux le faire.» Vainqueur du Giro en 2004, le Petit Prince italien va prendre un peu de recul dans les prochaines semaines, faisant l'impasse sur le Tour d'Italie. C'est le même type de programme qu'a prévu Alejandro Valverde : une semaine de repos puis un programme allégé qui montra en puissance avec le Dauphine Libéré. Même le discret Cadel Evans a laissé entrevoir ces dernières semaines un premier pic de forme qu'il réservait d'habitude pour le début de l'été. L'Australien, deuxième du dernier Tour de France, a ainsi pris la deuxième place de la Flèche Wallonne avant de faire la course en tête dans la «Doyenne» (7e) : «Je ne suis qu'un coureur de classiques à temps partiel, a-t-il tenu à rappeler. Le rendez-vous, c'est le Tour de France.»


