Eurosport - lun., 28 avr. 19:40:00 2008
Laura Flessel-Colovic veut profiter des Championnats du monde par équipes, qui débutent ce samedi à Pékin, pour prendre ses marques dans le Centre National des Congrès où se tiendront dans moins de quatre mois les épreuves olympiques d'escrime. Son objectif ultime.
Avec son palmarès épais comme un Bottin, Laura Flessel-Colovic pourrait vivre une fin de carrière sans pression où seul le plaisir figurerait à son tableau de chasse. Oui mais voilà, l'épéiste tricolore n'est pas faite de ce métal là. Ambitieuse devant l'éternel, la Guadeloupéenne veut tout rafler (Mondiaux par équipes, Europe par équipes et en individuel, JO en solo) avant de se retirer de la scène sportive. Et surtout, boucler la boucle par le titre olympique individuel. Comme en 1996, lorsqu'elle se hissa alors pour la première fois de sa jeune carrière sur la plus haute marche d'une compétition internationale majeure.
C'est donc le mors aux dents et la tête aux Jeux que "La Guêpe" aborde ces Championnats du monde qui s'ouvrent, pour elle et ses coéquipières, ce samedi à Pékin. Et qui seront, à plus d'un titre, pas comme les autres. En effet, ce rendez-vous planétaire ne doit sa tenue qu'au retrait de l'épée femmes et du fleuret hommes par équipes du programme olympique. Un lot de consolation, en somme, en particulier pour les Françaises Maureen Nisima et Sarah Daninthe qui ne seront pas du voyage en Chine en août prochain. "Ce seront nos JO par équipes, insiste Flessel-Colovic. On n'y va pas pour faire de la figuration. Il y a un vrai enjeu car on tient à conserver notre titre acquis l'an passé. Et puis, toutes les plus fortes seront là. Ca me permettra de me jauger par rapport à l'adversité."
Pas de cache-cache au programme
L'autre volet du déplacement qui rend cette compétition digne d'intérêt, c'est l'endroit même où se tiennent ces Mondiaux. Labellisés "test event" par le Comité d'Organisation des Jeux (BOCOG), cette compétition servira de répétition générale avant les Jeux Olympiques de Pékin. La sociétaire du Lagardère Paris Racing va donc en profiter pour découvrir et prendre ses repères dans le Pavillon d'escrime du Centre National des Congrès, théâtre dans moins de quatre mois de son ultime représentation. " C'est très important pour moi de prendre mes repères, confirme-t-elle. C'est du temps gagné pour plus tard. Ca me permettra tout de suite de me sentir bien et de faire abstraction de cette salle. Je vais donc faire plein de photos, bien prendre mon rythme, bien reconnaître l'espace, sentir l'atmosphère et prendre le pouls de l'ambiance. Je veux recueillir tous les indicateurs que je n'ai pas encore en ma possession."
Mais une fois en piste, la quintuple championne du monde (2 fois en individuel, 3 fois par équipes) ne se posera plus de questions. Comme à l'accoutumée, elle jouera une partition bourrée de panache et d'envie. "Ne comptez pas sur moi pour cacher mon jeu, prévient-elle. Je préfère me découvrir plutôt que de jouer à cache-cache avec mes adversaires. Moi, j'apprends dans l'adversité sinon, le Jour J, mes émotions m'inhibent et je ne réponds plus présent. Je préfère apprivoiser ma peur plutôt que de subir un méga coup de stress." Et ce n'est pas à 36 ans révolus que la "doyenne" française va se mettre à chambouler une méthode qui gagne.
Gérald MATHIEU / Eurosport