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EURO 2008 - La conférence de Raymond Domenech - DOMENECH : «LE PLUS SALE MOMENT»

mer 28 mai, 18h12


L'annonce de la liste, et des sept joueurs non retenus. «Premièrement, je tiens à dire que je ne suis pas là pour commenter le pourquoi de mes choix mais juste pour transmettre mon émotion, pour dire à quel point c'était dur. J'ai vécu le plus sale moment de ma carrière d'entraîneur et de sélectionneur. J'ai essayé de rester professionnel, mais j'avoue qu'avec certains je n'ai pas pu, j'ai été plus dans l'affectif. C'est difficile, même si je sais que ça l'est encore plus pour les joueurs concernés. C'est une étape de franchie, mais il va me falloir encore quelques heures pour digérer».

Comment il a procédé pour prévenir les sept. «J'ai beaucoup discuté avec Aimé Jacquet pour l'organisation. Je voulais que ça soit professionnel, qu'ils sachent que les autres les soutenaient. Je savais comment ça s'était passé en 1998 et je ne voulais pas que ça se fasse dans les mêmes conditions. J'ai pensé dans un premier temps faire l'annonce devant tout le monde. Mais, en réfléchissant, je me suis dit que ce n'était pas jouable. Personne n'a envie de s'entendre dire devant les autres qu'il doit s'en aller. J'ai donc rassemblé tout le monde pour leur dire que j'allais passer dans les chambres. On a fait le tour avec Pierre Mankowski, et quand on a frappé à la porte, les joueurs savaient que la sentence était là. Mais il y a eu derrière une explication avec chacun d'entre eux. C'est là où ça a été le plus compliqué, c'était difficile, il y avait beaucoup d'émotion. Après, tous les autres les ont attendus dans le hall de l'hôtel pour les soutenir quand ils sont partis. Tout le monde a vécu ça de la même manière. C'était un vrai moment de groupe, ils formaient une équipe».

A-t-il regretté à un moment d'avoir retenu trente joueurs ? «Je peux dire oui, parce que c'était lourd, c'est toujours difficile d'annoncer à quelqu'un qu'il n'est pas dans la liste. Mais je ne vois pas comment j'aurais pu faire autrement. Quand on pèse le pour et le contre, on se dit qu'il fallait absolument mobiliser un petit peu plus de joueurs. On ne savait pas ce qui pouvait se passer».

A quel moment a-t-il fait son choix définitif ? «Au moment où j'ai envoyé la feuille à l'UEFA, juste avant de voir les joueurs. Je savais ce que je voulais faire, j'avais une orientation, mais j'ai eu des doutes jusqu'au bout, jusqu'à temps que je finalise. Je me suis demandé si je faisais le bon choix, si j'avais la bonne solution. J'ai pesé le pour et le contre jusqu'au dernier moment, mais je n'ai finalement pas enlevé de nom. C'était réfléchi, on a pris notre temps avec le staff. Le match de mardi contre l'Equateur n'a eu aucune influence, ce n'était qu'un match de plus. C'est juste un élément qui s'est ajouté à ma réflexion».

Quid des sept joueurs. «Ils ont tous accepté d'être réservistes jusqu'au 9 juin, ce qui prouve leur investissement car c'est encore beaucoup plus dur. Ils sont toujours disponibles, ils ne partent pas au bout du monde car on peut les rappeler du jour au lendemain. Même s'il y a eu un déchirement, ils sont prêts à revenir».

Julien Escudé, seul exclu pour raison médicale. «Julien Escudé a des petits soucis, et ce n'était pas jouable. Je ne pouvais pas partir avec des gens qui avaient un petit problème. C'est pourquoi on s'était donné du temps pour voir l'état de tout le monde. Et on a fait un choix».

Les spécificités de la liste. «Pour les gardiens, il y a un numéro un, et deux numéros deux. On verra ensuite comment ça fonctionnera. Greg (Coupet) est le numéro un, indiscutable, et les autres sont là pour pallier une absence. Devant, il y a quatre attaquants mais plusieurs peuvent jouer sur les côtés. Au niveau de l'organisation du jeu, je ne suis fixé sur rien, on verra en fonction des circonstances, et des adversaires. Et on décidera en temps voulu».

La suite des évènements . «Voila, maintenant, pour moi, c'est fini tout ça. Demain, on passera à autre chose. La suite doit permettre d'atténuer le présent, et puis en septembre la vie de l'équipe de France recommence. Ils ont tous le droit de s'inscrire encore, il n'y a pas de barrage définitif pour eux. Il n'y a pas d'Euro, c'est tout. Maintenant, on va se retrouver à 23 sur le terrain. On va repartir, nous sommes tous des professionnels. Personne n'oubliera ces moments forts, les joueurs garderont ça en mémoire pendant tout l'Euro. Et ils auront quelque part une responsabilité par rapport aux sept qui sont partis. Ils devront se dire «Nous on a eu cette chance-là, on n'a pas le droit d'être simplement moyen, de faire un Euro tranquille. On est là pour gagner quelque chose, en pensant à ceux qui ont dû partir». Maintenant, il faut regarder l'avenir. Ce qui compte, c'est que les 23 soient performants à l'Euro».

 

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