Les têtes tombent à Wimbledon et celles qui restent dodelinent à l'image de Jelena Jankovic (n°2), victorieuse (2-6, 6-4, 6-2 en 2h06') de Caroline Wozniacki (n°31). Si cette victoire la soulage, la torsion de son genou gauche sur une glissade lors du deuxième set invite à l'inquiétude. « J'ai ressenti une douleur aiguë et cela a empiré au fil du match , déplore la numéro 2 mondiale qui a joué le genou strappé pendant les cinq premiers jeux du troisième set avant de retirer le bandage. Je vais passer une IRM pour connaître la nature de la blessure. J'espère pouvoir jouer mon prochain match. » Allo, maman, bobo... Et sa qualité de jeu ne panse pas ses plaies. La tête de série n°2 a délivré un match très moyen, ponctué de 39 fautes directes, mais a su profiter des largesses de sa jeune adversaire lors des moments importants. La Danoise peut nourrir quelques regrets à mettre sur le compte de ses 17 ans. Trop passive sur les points clés et encore maladroite au filet, elle a attendu les erreurs adverses à l'instar de sa balle de débreak à 3-4 dans le deuxième set. Jelena Jankovic joue court, Caroline Wozniacki n'ose pas attaquer, recule et voit la Serbe prendre l'initiative. Cela s'appelle l'expérience, l'expérience de gagner en jouant mal et l'expérience de gagner en ayant mal. Pour les erreurs de jeunesse, il ne faudra pas compter sur sa prochaine adversaire, Tamarine Tanasugarn . Après la joueuse la plus jeune, Jelena Jankovic affronte la plus âgée ! En pleine cure de jouvence depuis quelques semaines, la Thaïlandaise de 31 ans, victorieuse (4-6, 6-4, 6-4 en 2h15') de Marina Erakovic, démontre qu'elle n'a pas perdu ses bonnes habitudes sur gazon avec son septième huitième de finale à Wimbledon ! Le premier remonte à 1998. Mais le deuxième titre de sa carrière remonte à... la semaine dernière à 's-Hertogenbosch contre Nadia Petrova (n°21) qui retrouve également des couleurs. La Russe s'est qualifiée (7-6 [11], 7-6 [4]) en 1h57' aux dépens de Victoria Azarenka (n°26) et rejoint ainsi en huitièmes de finale sa compatriote Alla Kudryavtesva qui confirme sa victoire sur Maria Sharapova en disposant (6-3, 1-6, 6-4) de Shuai Peng.
Cette expérience, Venus Williams (n°7) ne la compte plus. La quadruple lauréate de Wimbledon a bien géré pour sortir (6-1, 7-5) Maria Jose Martinez Sanchez, au nom beaucoup plus long que son palmarès. Impressionnée par la majesté du Centre Court et par la puissance de son adversaire au service (11 aces), la 101e joueuse mondiale a mis plus près de 50 minutes (6-1, 4-2) à trouver ses marques. Plus libérée, la gauchère espagnole a commencé à perturber son adversaire en enchaînant service-volée et en déclenchant ses bonnes frappes de revers décroisées. Mais l'aînée des Williams a mis la surmultipliée sur les trois derniers jeux en ne laissant que deux points à l'Espagnole. « Je suis content parce que j'ai trouvé les bonnes réponses quand elle a commencé à me mettre davantage de pression », se réjouit l'Américaine qui affrontera au prochain tour Alisa Kleybova , tombeuse (6-4, 6-4) d'Ai Sugiyama. Le constat d' Elena Dementieva (n°5), victorieuse (7-6 [2], 7-5 en 2h08') de l'Argentine Gisela Dulko, s'apparente à une leçon de jeu : « Au début du match, j'étais un peu nerveuse car je n'avais jamais battu Gisela (Ndlr : deux défaites en deux matches). A 0-4, j'ai décidé de ne pas penser au score, de jouer tous les points et de me concentrer sur mon jeu.
Et la Russe pourra peut-être aussi récolter les graines semées par sa compatriote Dinara Safina . La petite soeur de Marat Safin a vécu un match marathon de 3h25' du fond de court et une défaite cauchemar contre l'Israélienne Shahar Peer (n°24), toujours aussi volontaire. Epuisée et perclue de crampes, la finaliste de Roland-Garros cède sur une 12e double faute alors que son adversaire n'arrive pas à conclure et tremble sur chaque balle de match à l'image de sa première balle de match à 5-4 dans la deuxième manche, de sa deuxième à 6-5 dans le troisième et de sa troisième balle de match qui termine dans le bas du filet sur un service à deux à l'heure... Et la dernière double faute n'a jamais aussi bien porté son nom.

La journée des femmes - Troisième tour - LES TÊTES RESTENT EN PLACEagrandir la photo
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