Eurosport - mar, 28 août 20:49:00 2007
Jonathan Zebina, rappelé par Domenech près de deux ans après sa seule sélection, veut saisir l'une de ses dernières chances. Car, après avoir été éloigné des terrains par une blessure pendant un an et demi, le défenseur de la Juve assure qu'à 29 ans "ou on est bon, ou on est au placard".
JONATHAN ZEBINA, ce retour en Bleu à moins de trois semaines d'Italie-France, ça tombe bien ?
J.Z. : C'est parfait comme timing, oui c'est bien.
Vous y pensez à ce match ?
J.Z. : Bien sûr que j'y pense. Quand il y a eu l'énorme déception, peut-être la plus grosse de ma carrière, de ne pas pouvoir participer à la Coupe du monde... J'étais certain, si j'étais capable physiquement (il s'est blessé aux adducteurs et a été opéré la saison précédant la Coupe du monde, ndlr), d'être dans le groupe... D'avoir raté cette occasion a fait qu'aujourd'hui je relativise énormément. Je suis ici avec le même état d'esprit que le plus jeune, parce que j'ai envie de montrer, à moi-même surtout, que je suis capable d'avoir une place dans ce groupe.
Vous aviez eu des assurances de la disputer ?
J.Z. : C'était une certitude personnelle et surtout des messages assez explicites de Domenech. Le message était assez clair: "Si tu es bien physiquement, il y a de grandes chances que tu y ailles". Après je ne dis pas que j'y aurais été obligatoirement, mais le problème c'est que cela s'est déroulé autrement...
Vous dites que vous relativisez. Ce n'était pas le cas avant ?
J.Z. : Je pense que c'est juste la maturité qui a changé. Jusqu'à maintenant, les déceptions étaient telles que je le vivais très mal. Aujourd'hui, l'envie d'intégrer régulièrement le groupe, de participer, est très très forte, même plus forte qu'avant. Mais elle est vécue d'une manière différente. Aujourd'hui c'est vraiment "carpe diem".
D'autant que votre remplaçant, Pascal Chimbonda, n'a jamais été rappelé...
J.Z. : Pour être clair, il y a une place à prendre derrière Willy (Sagnol, ndlr), c'est sûr. Le coach est en train de rechercher celui qui pourrait postuler.
Vous vous voyez en haut de la liste des probables successeurs ?
J.Z. : Cela fait neuf ans que je joue en Italie, j'ai gagné trois championnats. Je sais que ma réputation en France n'est pas celle que j'ai en Italie, mais si moi je ne me sens pas vers le haut de la liste, qui devrait le faire ? Je suis bien conscient que ma carrière internationale n'a pas été ce qu'elle aurait dû être. Mais la confiance qui m'habite fait qu'aujourd'hui je me propose comme un candidat comme les autres.
Vous êtes passé par deux grands clubs italiens, mais vous n'avez pourtant qu'une sélection à votre actif. Vous le vivez comme une injustice ?
J.Z. : Non. Il n'y a pas d'injustice. Je suis toujours en train de me juger avant tout le monde. Donc quelque part si je n'ai pas fait cette carrière, c'est qu'il y a eu quelque chose dans mon jeu ou dans mon destin tout simplement: ce n'était pas écrit.
Cela reste une fêlure cette histoire manquée avec les Bleus ?
J.Z. : Une énorme... Avoir fait ce que j'ai fait en Italie et ne pas avoir de parcours régulier en équipe de France... Je ne dis absolument pas que ceux qui postulaient au même poste étaient moins bons, mais je dis que pour moi c'était quelque chose de difficile. Aujourd'hui ce serait un juste retour sur les résultats et les efforts que j'ai faits.
Physiquement, vous avez complètement récupéré ?
J.Z. : Physiquement tout va très très bien. C'était inespéré si je pense aux derniers mois que j'ai passés. Aujourd'hui j'arrive à 29 ans, il n'y a plus d'excuses: ou on est bon, ou on est au placard.
AFP