SAN ANTONIO (AP) - Indéniablement, sa nationalité le dessert. Loin, très loin des meilleurs joueurs du pays, et plus encore du Chinois Yao Ming (Houston) qui chaque année bénéficie d'un véritable "bourrage des urnes" organisé dans son pays, Tony Parker n'a jamais vraiment été dans la course pour le All Star game 2007 prévu à Las Vegas.
Retenu la saison dernière pour son premier rendez-vous avec les étoiles de la NBA, le meneur de San Antonio espérait légitimement, sur la base de sa production actuelle, franchir un cap supplémentaire en intégrant le cinq majeur de la Conférence Ouest. Ces deux équipes sont désignées par les fans du monde entier dont le premier réflexe n'est pas encore de porter leurs suffrages sur les joueurs non américains. Parker, qui avait mis tout son poids dans la balance en créant notamment un site entièrement dédié à sa candidature avec une véritable profession de foi, va donc devoir se faire une raison.
Il saura ce mercredi si, comme un an plus tôt, les coaches de la Ligue lui font toujours confiance car ceux-ci désignent les remplaçants des deux sélections. Seul problème: le critère afin de retenir les joueurs extérieurs pour le All Star game diffère ce que l'on connaît en Europe. Pour une raison obscure, meneurs et arrières dépendent en effet du même vote. Or, à l'Ouest, les joueurs de tout premier plan sont légion sur ces deux postes: Bryant, Nash, Mc Grady... pour ne citer qu'eux.
Le vote des internautes, communiqué mi-janvier, était à cet égard révélateur du déficit de popularité dont souffre encore le Français double champion NBA. Avec un peu plus de 500.000 suffrages, il faisait par exemple... cinq fois moins bien (!) que Yao Ming... pourtant blessé.
Le problème est un peu du même ordre pour un certain Joakim Noah, champion universitaire avec les Gators de Florida. Elu meilleur joueur de la compétition, après une impressionnante montée en puissance pendant le tournoi final, l'illustre rejeton de Yannick avait eu l'outrecuidance de ne pas se présenter à la Draft où le premier rang lui était pourtant promis.
Désireux de parfaire son bagage de basketteur, et pas encore physiquement prêt pour les combats de la NBA, il poursuit aujourd'hui son cursus universitaire sur le même campus et veut défendre sa couronne NCAA.
Un choix visiblement mal compris par l'opinion et les médias américains puisque, après une poignée de défaites des Gators, la cote de Noah a tout à coup baissé. De la place de numéro un, le jeune pivot, né à New York d'une mère suédoise (et qui ne dispose toujours pas de la nationalité française), a été rétrogradé par les analystes de tous poils au 3e rang des principaux candidats à la Draft 2007. "Il est encore trop tôt dans la saison et ce classement ne veut rien dire. Joakim pense avant tout à son université, son choix est très respectable", fulmine son entraîneur Billy Donovan. Ces prochaines semaines diront qui avait raison. AP
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