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Tennis: Tsonga, un retour à la maison agité pour un garçon "tranquille"

mar 29 jan, 14h06


PARIS (AP) - Le finaliste de l'Open d'Australie Jo-Wilfried Tsonga est rentré mardi matin à Paris suscitant un engouement digne d'une rock star, totalement à l'opposé de sa nature discrète.

Avant même de rejoindre Roland-Garros où il était attendu pour une conférence de presse en fin de matinée, le Manceau a ainsi été, à sa grande surprise, accueilli à sa descente d'avion à Roissy à 7h du matin par une forêt de caméras et de micros. L'ambiance était d'ailleurs tellement survoltée qu'une dizaine de policiers a jugé nécessaire de former un cordon de sécurité afin de permettre au joueur et son entourage de rejoindre leurs voitures, sans pour autant mettre fin aux piétinements des journalistes dépêchés sur place.

"Tout cet engouement, je n'en ai pas l'habitude", a avoué un Jo-Wilfried Tsonga toujours aussi calme et posé. "Quand je suis arrivé à l'aéroport, c'était particulier. Une soixantaine de journalistes et de photographes autour de moi, je n'en ai pas l'habitude! Il y a encore quelques mois, cela ne m'arrivait pas".

Quatre heures plus tard, la surprise du jeune Français de 22 ans n'était pas terminée. La salle d'interview principale du court Philippe Chatrier de Roland-Garros n'était en effet pas assez grande pour permettre à tous les membres de l'assistance de s'asseoir ou même d'entrer. Du jamais vu, même au soir d'une finale des Internationaux de France.

"Je suis un peu impressionné, forcément", n'a pas caché Jo-Wilfried Tsonga, "parce que ce n'est pas habituel. Là, je me rends compte que j'ai réussi quelque chose de pas mal".

Même dans le cocon de Melbourne, si loin de la France, l'élève d'Eric Winogradsky avait déjà eu l'occasion de se rendre compte de l'engouement qu'il avait suscité à la faveur de son parcours australien et de son goût pour le show pleinement assumé sur le court. Mais jamais dans de telles proportions.

Bien sûr, à l'aéroport de Melbourne, déjà, des fans étaient venus le féliciter et lui demander, en l'applaudissant et en le prenant en photo, des autographes. Même les agents de sécurité lui avouaient qu'ils auraient aimé le voir battre Novak Djokovic en finale.

Mais "Jo" n'avait, de son propre aveu, qu'une vague idée de ce qui l'attendait à son retour en France et le voyage s'est résumé pour lui à beaucoup de repos et de discussions en famille. Nul besoin d'anticiper la folie qui l'attendait ou de brandir des exigences de rock star. "Pendant le vol, j'étais tellement fatigué, que j'ai dormi", a-t-il confié. "J'étais plutôt relax et j'ai essayé de ne pas penser à tout ça".

Profondément marqué par ses deux années de blessures à répétition, le nouveau 18e mondial a en effet promis, et ce dès dimanche soir et sa finale perdue, qu'il ne serait "pas de ceux qui se font avoir" par le cirque médiatique. "Mes amis, je les connais", a-t-il dit. "Parce que pendant toutes mes galères, j'ai vu les gens qui sont partis et ceux qui sont restés. Alors, je crois que je ferai partie de ceux qui ne se feront pas avoir".

Cette maturité acquise dans les périodes de doute, et qui lui a également permis de progresser sur le terrain, "Jo" l'a promenée tout au long de son séjour australien. Aucune raison, donc, pour qu'il l'abandonne à son retour à Paris et ce malgré l'enchaînement des émissions de télévision et de radio qui l'attendaient jusqu'à mardi soir. "Je me reposerai mercredi", a-t-il anticipé avec humour.

"Moi, j'aime bien être un bon joueur de tennis", avait-t-il d'ailleurs expliqué sur le ton de la confidence lundi à Melbourne, au lendemain de sa finale. "Après, je n'aime pas forcément la vie publique. Je n'ai pas demandé ça. Mais cela vient avec et je n'y peux rien. Je suis prêt à le gérer car c'est le prix à payer. Mais j'aime ma petite vie tranquille".

Grand amateur de pêche à la ligne car "cela apprend la patience", Jo-Wilfried Tsonga devra justement encore patienter avant de pouvoir se retrouver au calme avec les siens. Car dans l'avion qui l'a emmené de Melbourne à Singapour, escale obligée dans ce très long voyage retour vers la France, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Guy Forget lui a annoncé qu'il comptait sur lui pour la rencontre face à la Roumanie, du 8 au 10 février prochain.

"C'est une récompense de jouer en Coupe Davis, c'est un rêve", s'est enthousiasmé Jo-Wilfried Tsonga lorsque cette première sélection est devenue réalité. "Quand Guy me l'a annoncée, j'ai accueilli la nouvelle avec un grand sourire. Maintenant, il va falloir assumer. Je suis prêt". AP

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