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Coupe de la Ligue: indignations et plaintes contre une banderole anti-Ch'tis

dim 30 mar, 22h17


PARIS (AFP) - Une banderole stigmatisant les habitants du Nord et déployée samedi au Stade de France en finale de la Coupe de la Ligue Paris SG-Lens (2-1) a soulevé une vague d'indignations dimanche, qui se traduira notamment par les plaintes de la Ligue et du député-maire de Lens Guy Delcourt.

La banderole proclamait: "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Cht'is", en référence au film à succès de Dany Boon.

"Je porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Béthune comme maire de Lens et au Tribunal de grande instance de Paris comme député. J'ai averti et reçu le soutien de toute la classe politique de la région", a dit M. Delcourt à l'AFP en précisant qu'il allait aussi saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde).

L'élu PS a assuré que le président de la République Nicolas Sarkozy, présent en tribune officielle, avait "réagi très vite" et "exigé que la banderole soit retirée". M. Delcourt a d'ailleurs demandé la citation comme témoins du chef de l'Etat, de la ministre de la Justice Rachida Dati et du secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte.

La Ligue de football professionnel (LFP) a également annoncé son intention de porter plainte, dès lundi, pour "incitation à la haine et à la violence", plainte à laquelle "s'associeront" les deux clubs finalistes.

Implicitement visés, les supporteurs parisiens de la tribune Boulogne ont "condamné les propos des banderoles" et se sont "désolidarisés de ce fait isolé de quelques individus", a indiqué à l'AFP le porte-parole de cette tribune sulfureuse du Parc des Princes, Philippe Pereira.

Le président du PSG avait présenté en milieu de journée sur France 2 ses "excuses officielles" aux Lensois. "Cette banderole ignoble hier soir m'a personnellement gâché mon lendemain de victoire", a aussi déclaré Alain Cayzac.

Bernard Laporte, a, lui, condamné "les agissements inadmissibles de quelques supporters" avec une banderole "dont la stupidité a gâché le spectacle d'une belle finale", et a demandé "la plus grande fermeté", tout en insistant sur le "dispositif d'interdiction administrative de stade encore insuffisamment appliqué en France".

Dès l'issue du match, l'entraîneur nordiste Jean-Pierre Papin avait estimé qu'il fallait "juger Paris sévèrement", puisqu'"on a jugé Metz sévèrement" (un point retiré, un match à huis clos) dans l'affaire Ouaddou, du nom du capitaine marocain de Valenciennes qui avait essuyé des insultes racistes à Metz le 16 février de la part d'un supporteur lorrain.

Sur le plan sportif, M. Delcourt voudrait "faire rejouer le match car il s'agit d'une Coupe", ce que réclame également le club lensois. Ce sera à la commission de discipline de la Ligue, qui s'est saisie de l'affaire, de trancher.

Frédéric Thiriez, le président de la LFP, a en tout cas souligné que "la sévérité dont a su faire preuve la Ligue dans ce domaine vaudra pour tout le monde", en référence aux sanctions prises contre Metz.

Les joueurs parisiens sont plus réservés sur les sanctions sportives. "Une sanction financière pour le club, je suis d'accord, mais il ne faut pas aller au-delà, ne pas tomber dans l'exagération, a estimé Jérôme Rothen. J'espère qu'on va trouver une solution, mais sanctionner sportivement un club ne sert à rien."

La question porte désormais aussi sur d'autres responsabilités éventuelles. "Les palpations ont été faites par la police et cette banderole est arrivée sauvagement, mais il y a des moyens, une vidéo-surveillance qui doit permettre d'identifier les coupables, les sanctionner durement", a estimé Alain Cayzac, sur la même longueur d'ondes que son homologue lensois.