Premier de la phase régulière et serein en demi-finales contre Perpignan la semaine passée, Clermont semblait armé pour s’emparer enfin du Brennus cette année. Mais les Auvergnats ont coulé en conquête.
Et si les Jaunards de Clermont n’étaient pas maudits ? La finale 2008 a beau rejoindre les huit précédents échecs de l’histoire du club auvergnat, le scénario du match contre le Stade Toulousain (26-20) n’a rien à voir avec une quelconque malédiction. Pas question de procéder à une chasse aux sorcières aux alentours de la place de Jaude. Les Auvergnats ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes et d’abord à leur manque de maîtrise sur le plan des fondamentaux. « C’est sûr que nous avons souffert en conquête et notamment en touche, reconnaît Vern Cotter, l’entraineur néo-zélandais. On avait des opportunités de leur mettre la pression dans leur camp mais nous n’avons pas pu en perdant des ballons importants. Le match bascule sur une mêlée dans leurs 22 mètres. Ils ont réussi à repartir ensuite sur une course de 100 mètres. » Il n’est pas près de l’oublier, cette percée des Toulousains en plein cœur de sa défense et qui se termine par l’essai de Maxime Médard. Pas plus que les ballons perdus en touche, d’ordinaire l’un des points forts de sa formation.
A Marseille la semaine dernière, les Auvergnats avaient imposé leur loi aux Perpignanais, une référence en la matière. L’alignement n’était donc pas une source d’inquiétude au moment d’affronter le Stade Toulousain pour la troisième fois de la saison. Il a pourtant failli et même Mario Ledesma, l’expérimenté talonneur argentin de Clermont, n’en revient pas. « Le pire, c'est qu'on avait les ballons dans les mains sur nos lancers ! Mais les Toulousains parvenaient toujours à les récupérer. Et puis, on ne les perdait pas sur les cinquante mais à cinq mètres de notre ligne... » La donne est simple et les Clermontois le savent. En perdant les ballons en conquête ou en les rendant par un jeu au pied approximatif, les munitions devenaient rares pour Napolioni Nalaga ou Aurélien Rougerie, habitués à plus de largeur dans le jeu de leur équipe. Le Fidjien n’a pas démérité mais s’est heurté à plusieurs reprises à Yves Donguy et au soutien toulousain. Quant au capitaine, il a aplati sur sa seule opportunité du match, au milieu de la première mi-temps. Et encore, son essai aurait dû être refusé pour un hors-jeu au départ de l’action.
Un match raté, en somme, alors que les Clermontois avaient survolé la saison régulière. Avant de tomber de haut avec cette défaite cruelle mais pas imméritée, comme le concède Pierre Mignoni, le demi de mêlée des Jaunes et Bleus. « Je crois qu'il n'y a rien à dire. Ils ont été bien meilleurs que nous sur les phases de conquête. Ils nous ont dominés. C'est dommage. Pendant une mi-temps, on peut espérer mais malheureusement, on a manqué trop de ballons pour pouvoir les déstabiliser. » Des finales, lui et ses coéquipiers pourront en jouer d’autres. Après tout, en basket, Nancy a échoué trois fois d’affilée avant d’être champion de France. Retenter leur chance, déjà un objectif pour les Clermontois et pour Julien Bonnaire, peu à l’aise en touche face au Toulousain Jean Bouilhou. « Il faut se remettre à bosser. On a fait une belle saison, c'est dommage qu'elle s'achève comme cela. » Le Bouclier de Brennus, les Clermontois s’en rapprochent un peu plus chaque année. Mais la patience a des limites.
Laurent PICAT

agrandir la photo

Commentaires 1 - 1 de 1
Dommage pour Clermond qui a fait très belle saison!!!!Mais il faux y croire car le bouclier n'est pas perdu il y en aura d'autres!!Mais l'année prochaine ils l'auront ce bouclier!!Allez Clermond!!!
Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire
Pas encore utilisateur Yahoo! ? Inscrivez-vous maintenant pour ouvrir un compte gratuitement