Solitaire du Figaro - Desjoyeaux insatiable

Eurosport - jeu, 30 juil 13:43:00 2009

Double vainqueur du Vendée Globe, Michel Desjoyeaux (Foncia) n'hésite pas à se remettre en question sur la Solitaire, qu'il a déjà remportée trois fois.

2009 Solitaire du Figaro Foncia Desjoyeaux Crédit : Jean Christophe Marmara / Richard Vialeron - 0

Le départ de la Solitaire du Figaro a été donné à Lorient, jeudi à 13h00. Michel Desjoyeaux (Foncia), 44 ans, est pour la 11ème fois de la partie, avec calme et sérénité, en ne cachant pas son enthousiasme devant les forces en présence venues souffler les quarante bougies de la plus célèbre des régates estivales.

C'est donc une année décidément chargée qui continue pour "Mich Desj". Après sa victoire dans le Vendée Globe il y a moins de 6 mois, le voilà de retour sur la plus "dure" des régates en solitaire. Un programme millimétré depuis son retour du tour du monde qui lui a laissé peu de place à une préparation spécifique au Figaro: "J'aurais aimé avoir un petit peu plus de temps et faire plus de stages d'entraînements sur le Figaro Foncia, mais depuis l'arrivée du Vendée Globe, j'ai eu beaucoup de sollicitations auxquelles j'ai répondu. J'ai beaucoup navigué sur le monocoque 60' en participant au Record SNSM et au Grand Prix Petit Navire. J'ai également couru le Bol d'Or sur le Décision 35 avec Alain Gautier. Autant dire que je suis resté au contact de la mer et de la voile ! Même si, ni le bateau, ni les conditions ne sont les mêmes, ça reste les mêmes lois physiques, les mêmes réflexes à avoir, les mêmes sensations à garder !"

Entraînement, derniers réglages et repos

Malgré cet emploi du temps chargé et une expérience de dix Solitaire du Figaro, dont trois victoires, le "Professeur" s'est astreint à un entraînement intensif : "En ce moment, je ne fais plus que du Figaro et rien que du Figaro !", lançait-il la semaine dernière. "Nous avons amené le bateau à Lorient dimanche dernier (19 juillet) et lundi nous avons fait la vérification de son poids par un jaugeur. Foncia est au-dessus du minimum requis, donc nous n'avons pas besoin de rajouter des poids compensateurs, ce qui est une bonne nouvelle, car cela signifie que le bateau est parfaitement préparé ! Côté voiles, on finalise les derniers petits réglages et on détermine avec quel jeu de voiles je vais courir."

En termes de préparation physique, le natif de Concarneau ne laisse rien au hasard pour être au mieux de sa forme avant les 1706 milles qui l'attendent : "Physiquement, sur le Figaro, nous ne sommes pas réellement sollicités, puisque le bateau ne fait que 10 mètres et les manuvres ne sont pas si difficiles que ça. Par contre, nerveusement et en termes de sommeil, c'est l'extrême en la matière. Pour me préparer, je fais des siestes tous les après-midi, je m'alimente bien pour prendre le départ le plus détendu et reposé possible. Sachant que l'on ne peut pas accumuler du sommeil, la seule chose que l'on puisse faire c'est partir reposé, mais pas plus !"

Afin de retrouver les sensations de son "petit" Figaro Bénéteau de 10,10 mètres, le skipper de Foncia a enchaîné les navigations : "Nous avons délocalisé le centre d'entraînement à Lorient pour naviguer en flotte avec une bonne partie de l'équipe Finistère Course au Large. C'est vraiment l'occasion de retrouver des réflexes, de se remettre dans le rythme de ce type de petits bateaux, mais aussi de se rendre compte de ce que l'on va rencontrer en face."

Une concurrence redoutable

Et côté concurrence, il y aura de quoi faire ! Pour ses quarante ans, la Solitaire du Figaro affiche un plateau exceptionnel de 52 coureurs, dont pas moins de six anciens vainqueurs et cinq skippers du Vendée Globe. "Il y a une concurrence redoutable, avec des gars qui naviguent à la perfection, qui font le bon choix de matériel, et qui s'adaptent très vite au changement des conditions de vents et de mer. Cela me pousse dans mes derniers retranchements pour être dans le coup ! Il n'y aura pas de place pour l'approximation ! A moi de m'adapter au plus vite."

Aurait-il la pression ? "Non pas du tout ! Je viens ici pour m'amuser, continuer à apprendre, me secouer aussi un peu, car il le faut parfois, mais le résultat ou un quelconque plan de carrière ne m'intéressent pas aujourd'hui. Cependant je ne suis pas blasé par une éventuelle victoire !"

Un parcours consistant

Pour l'édition 2009, les organisateurs de la course ont concocté un parcours que Michel qualifie lui-même de "pas simple". Quatre étapes, longues au total de 1706 milles, attendent les 52 skippers engagés pour un circuit qui les mènera entre les côtes bretonnes (Lorient), l'Espagne (La Corogne), la Vendée (St Gilles Croix de Vie) et l'Irlande (Dingle), avant une arrivée à Dieppe le mercredi 19 août.

Septième du prologue mardi, remporté par Jérémie Beyou, son partenaire sur la Jacques Vabre, la référence de la voile française a pris le résultat avec humour : "Je ne sais pas si vous savez, mais sur la Solitaire, il y a une superstition, que certains, plus pragmatiques, appellent une statistique : le vainqueur du prologue ne gagne jamais la Solitaire du Figaro, donc c'est dommage pour Jérémie, je suis désolé pour lui (rires)... Plus sérieusement, il a très bien navigué hier et c'est très bien pour lui, puisqu'à défaut de sponsor, il a un mécène. C'est une très belle histoire pour la famille de Bernard Paoli (ndr : le partenaire de Jérémie Beyou), que de se voir créditer d'une victoire de prologue, ça fait toujours plaisir. Maintenant, le prologue n'est ni un championnat du monde, ni une étape de Figaro, c'est juste un round d'observation, pour voir si tout fonctionne bien sur le bateau."

Crédit photos : Jean Christophe Marmara / Richard Vialeron

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