Archidominateur dans le jeu et au classement sur la scène nationale, Lyon a forcé sa nature et fait le dos rond, pour décrocher le match nul sur le terrain du Bayern Munich (1-1). Une expression de réalisme qui lui offre un point précieux dans le groupe F : après le surprenant nul concédé par la Fiorentina face au Steaua (0-0), Lyon partage la deuxième place, à deux longueurs de son adversaire du soir. Avant tout attentif à densifier le bloc équipe et à ne prendre de buts, l'OL n'a jamais pris de risque inconsidéré pour attaquer dans cette rencontre.
L'ouverture du score est d'ailleurs venue d'un coup franc très lointain, à plus de 40 mètres, tiré par Juninho. La frappe flottante du Brésilien était finalement déviée par le crâne de Martin Demichelis (25e) et laissait Michael Rensing cloué sur place. Deux coups de pied du capitaine lyonnais dans les dix premières minutes avaient déjà provoqué les première sueurs froides en passant dangereusement devant le but bavarois (3e, 5e). Avant ce but, les Lyonnais n'avaient réellement pu construire qu'une action offensive avec un enchaînement entre Benzema et Makoun conclue par un tir non cadré de Réveillère (17e ). Ensuite, et même après l'égalisation de Zé Roberto (55e), ils ont rarement mis à l'épreuve le talent de Rensing.
Ribéry intenable
Car, malgré les critiques émises contre Jürgen Klinsmann et l'absence d'épaisseur dans le jeu du Bayern, c'est bien l'équipe allemande qui a réussi le plus souvent à faire la différence individuellement et collectivement, au moins pendant une heure de jeu. D'abord en s'appuyant sur sa tour de contrôle Luca Toni, parfait en déviation ou à la réception des coups de pied arrêtés. L'Italien a placé sa tête sans succès (7e et 40e), est tombé sur un Lloris impeccable (40e, 48e). Mais le Bayern a surtout passer par les ailes et s'appuyer pour éprouver la défense lyonnaise. Pour sa première titularisation, Franck Ribéry a joué sa partition habituelle : positionné sur le côté gauche, l'international a enchaîné les accélérations, les dribbles déroutants, les centres dangereux, les coups francs millimétrés (7e), les transversales et les frappes (65e). Sa complicité avec Lahm a offert plusieurs situations dangereuses, comme cette frappe captée du défenseur (9e) ou ce centre écarté de justesse par Bodmer (26e).
Lloris pourtant impeccable
La rupture pour l'OL est néanmoins venue du côté gauche de la défense, dans une situation de jeu qui avait déjà coûté deux buts contre la Fiorentina : Miroslav Klose effaçait John Mensah et offrait un centre parfait pour la tête de Zé Roberto esseulé au point de penalty. Après plusieurs parades décisives (30e, 48e), Lloris ne pouvait qu'effleurer le ballon qui offrait l'égalisation (55e). Symbole d'une certaine fébrilité, Mensah avait déjà commis la première faute de la partie, reçu le premier carton jaune et semé le trouble après un cafouillage (18e). L'égalisation du Bayern n'a cependant pas étiolé le bloc défensif lyonnais. Les principales frayeurs venaient d'ailleurs de coups de pied arrêtés, comme cette frappe vicieuse de Schweinsteiger captée en deux temps par Lloris (73e). En face, l'OL n'a pu convertir en buts sa poignée de contres exploités par Ederson (55e, 76e). Un point, c'est tout et c'est déjà bien. Mais pour se rapprocher des huitièmes de finale, il va maintenant falloir penser à gagner.



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