Transparent depuis son arrivée à l’OM, Kanga Akalé a profité d’une de ses rares titularisations pour se montrer à son vrai niveau. L’Ivoirien a même marqué à Lorient son premier but en un an.
Kanga Akalé a parfaitement reçu le message de Mamadou Niang. Agacé de voir son coéquipier ne pas jouer les coups à fond, le meilleur buteur marseillais a pris la peine de lui parler avant que Monsieur Gautier ne donne le coup d’envoi de la seconde période entre Lorient et l’OM. « J'ai dit à Kanga de se lâcher parce qu'il jouait avec le frein à main, expliquera à l’issue de la rencontre Mamadou Niang. S'il joue comme ça, c'est normal qu'il se fasse siffler par le public. » A l’issue du match, les visages crispés des Marseillais avaient pourtant disparu, remplacés par des sourires suite au succès au Moustoir. Une victoire 2-1 grâce à un Kanga Akalé retrouvé qui, à l’image de toute l’équipe d’Eric Gerets, s’est métamorphosé lors du passage aux vestiaires.
Un Akalé que les supporters de l’OM n’avaient encore jamais vu à l’œuvre serait-on même tenté de dire. Car depuis son arrivée cet été à la Commanderie, l’Ivoirien n’avait jamais donné sa pleine mesure. Loin de ses quelques prestations avec Lens (ndlr : il est sorti des plans du coach après le départ de Guy Roux), à des années lumières de son niveau auxerrois, Akalé n’a jamais réussi à s’imposer dans le onze de départ de l’OM. Pourtant irrésistible dans son couloir durant ses années AJA, l’Ivoirien n’était que l’ombre de lui-même à Marseille. Le Vélodrome avait bien eu droit à quelques débordements tranchants ainsi qu’à quelques dribbles dévastateurs. Mais beaucoup trop rarement pour s’enflammer. Et surtout, Akalé a pris la fâcheuse habitude depuis son arrivée de rater toutes ses occasions. Même les « immanquables ».
Dimanche soir, Eric Gerets, qui récupérait Niang après trois semaines d’absence, avait pourtant décidé de titulariser d’entrée l’ancien Auxerrois à la place de Djibril Cissé. Une nouvelle fois décevant durant les 45 premières minutes, Akalé s’est justement réveillé après l’entrée en jeu de Cissé et ces fameux mots de Niang à la mi-temps. L’Ivoirien, longtemps sollicité par l’Atletico Madrid, a alors affiché un tout autre visage, inscrivant même du plat du pied droit son premier but en L1 depuis le 1er avril 2007. Premier Marseillais à venir féliciter Akalé pour son sursaut d’orgueil : Mamadou Niang bien évidemment. Les deux hommes, alignés côte à côte pour l’une des premières fois de la saison, ont travaillé très intelligemment ensemble, le premier tournant autour du second. Mais le plus important pour l’OM, c’est vraiment qu’Akalé soit enfin sorti de sa léthargie. Et à sept journées de la fin du championnat, il était temps…
Aurélien CANOT

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