Kobe Bryant (Getty Images)Fin novembre, j’expliquais qu'avec Dwight Howard dans les pattes, Pau Gasol serait plus efficace pour les Lakers comme 6e homme.
Puis, un mois plus tard, que le problème de Kobe Bryant était qu’il ne rendait pas forcément meilleurs ses coéquipiers. Son poste, shooting guard, n’est pas forcément idéal pour faire jouer les autres.
La semaine dernière, j’ajoutais que les Lakers devraient envisager l’auto-gestion pour sauver leur saison.
Vous imaginez donc que j’ai souri en voyant les dernières prestations des Lakers et de Kobe Bryant, vainqueurs coup sur coup de Utah, solide équipe de l’Ouest, et surtout du Thunder, leader de la NBA. Car ce sont des Lakers new look qu’on voit évoluer depuis deux matches. Gasol est effectivement devenu 6e homme, Kobe Bryant n’a jamais autant passé en carrière (28 passes en deux matches avec deux triple double manqués pour un rebond !) et surtout Mike D’Antoni semble avoir lâché du lest.
« Le système D’Antoni ? On joue désormais avec notre propre système » a carrément déclaré Pau Gasol.
Kobe Bryant se LeBronise...
Dans les faits, ça donne quoi ? Ça donne un Kobe Bryant qui a autant la balle en main qu’avant sauf qu’il est devenu "playmaker". Il attire les défenses pour mieux servir ses coéquipiers. Il pénètre, aimante deux ou trois défenseurs, mais sert Howard ou Gasol plutôt que de tenter un shoot impossible.
En grossissant le trait, j'ai le sentiment que Kobe Bryant s’est transformé en LeBron James. 12 tirs seulement tentés hier. 11 deux jours plus tôt. A chaque fois des victoires. En fait, les Lakers n’ont gagné que quatre matches en janvier. Point commun de ces quatre victoires : Kobe a shooté moins de 20 fois. Si Kobe shoote moins, c’est forcément que ses coéquipiers ont davantage de tickets shoots, et c’est le but recherché.
Ce qui m’a frappé notamment, c’est que Kobe ne shoote plus à 3-points. Même s’il est arrière-shooteur de formation, il n’a jamais été un shooteur longueur distance, et il semblerait qu’il ait (enfin) décidé de laisser ce rôle aux spécialistes (au passage, Dwyane Wade ferait bien aussi de l'imiter).
« Nous faisons de gros efforts pour responsabiliser tout le monde. C’est ce qui fait la différence » témoigne Bryant, qui se comporte comme un coach sur les temps-morts, engueulant ses coéquipiers.
Cette métamorphose n’est pas sans poser quelques problèmes, ou plutôt provoquer des ajustements. Plus particulièrement, je pense au cas Steve Nash. Arrivé cet été de Phoenix pour piloter les Lakers, Nash n’est plus le « playmaker » des Lakers. Le voilà transformé en meneur shooteur, comme un Steve Kerr aux Bulls ou un Mario Chalmers au Heat. Pas sûr que ce soit la fin de carrière qu’il imaginait, mais le chemin vers le titre réclame des sacrifices.
Kobe shoote moins, Steve Nash dribble moins, Gasol débute sur le banc... C’est aussi à ça qu’on reconnaît les grands joueurs, dans cette faculté, voulue ou pas, à ajuster leur jeu pour le bien de l'équipe. On saura rapidement si le naturel revient au galop, ou s’ils sont capables de se faire violence jusqu’à la fin de la saison.
