Novak Djokovic et Roger Federer ont disputé deux chefs-d'oeuvre en 2011.
Facile ou pas d'établir un top 5 des plus grands matches de la saison écoulée? Il y a des années où l'on doit se creuser les méninges, d'autres beaucoup moins. C'est le cas en 2011, assurément un très grand cru en terme de duels magistraux. Oui, pas la peine de chercher bien longtemps, en ce qui me concerne, ils sont stockés dans ma caboche depuis un bon moment. Les voici, dans ce quatrième épisode de ma rétro 2011.
1. Roland-Garros - 1/2 finale - Federer b. Djokovic 7/6(5), 6/3, 3/6, 7/6(5)
Comme tous les choix, il est discutable mais ce duel a vraiment réuni tous les ingrédients qui concourent à faire d'un match un sommet inoubliable, voire historique. A commencer par le contexte, une demi-finale majeure, mais aussi parce que l'on se demande toujours en ce début juin qui va battre Novak Djokovic, le Serbe en étant alors à 41 victoires consécutives. Et puis il y a surtout eu ce tennis venu d'ailleurs pratiqué par les deux hommes, et ce, dès l'entame. Vitesse, intensité, refus de reculer, coups gagnants en pagaille (32 pour le seul premier set d'une durée de 1h10). Rare de voir ça, et plus encore sur terre battue. Mené deux sets à rien, Djoko est tout près de la porte. Mais le Serbe arrache la troisième manche et le match bascule dans la folie douce. Le jour décline sur Roland-Garros, le duel devient ultra-physique aussi, et l'on se dit que si Novak subtilise la quatrième manche, il va falloir revenir le lendemain. Terrible ! Mais Federer, qui a retrouvé sa baguette magique, remporte finalement cette double course, à la fois contre la nuit et son «invincible adversaire». Le futur numéro un mondial a pourtant servi à 5/4 pour égaliser à deux manches partout... 7/6 (5), 6/3, 3/6, 7/6 (5) en 3h39, tel est le score de ce chef-d'oeuvre. Première défaite de l'année pour Djoko et fin de série pour Federer qui restait sur trois désillusions de rang contre son adversaire du jour. Et place à une cinquième finale Porte d'Auteuil pour le Maestro suisse.
2. US Open - 1/2 finale - Djokovic b. Federer 6/7(7), 4/6, 6/3, 6/2, 7/5
On prend les mêmes et on recommence. Une demi-finale Djokovic - Federer, comme à Roland-Garros donc, mais aussi comme dans ce tournoi l'année précédente. A l'image de leur duel parisien, ce match va basculer dans l'irrationnel sous la forme d'un coup, d'un seul, mais qui va tout changer : un retour de coup droit frappé «les yeux fermés» par Djoko sur la première balle de match de Federer lors de la cinquième manche. Perdu pour perdu, le Serbe au coeur gros comme ça a joué le super banco et tapé dans le mille ! Incroyable ! Après ce miracle, il en appelle au public en levant les bras. Le stadium Arthur Ashe est en fusion. La deuxième balle de match est écartée. Le Suisse est comme sonné et commet ensuite une double-faute sur la balle de break qu'il doit défendre. Sa chance vient de passer. Comme douze mois plus tôt, il s'incline contre Djokovic en ayant eu deux balles de match mais là, c'est plus difficile encore à avaler, puisqu'il a mené deux manches à rien, comme d'ailleurs lors de sa défaite face à Tsonga à Wimbledon, quelques semaines plus tôt. Le Serbe, formidable de courage et de volonté, est en finale. Il peut rêver à son petit Chelem en 2011. Tout lui réussit.
3. Rome - 1/2 finale - Djokovic b. Murray 6/1, 3/6, 7/6(2)
Du grand, du très grand tennis sur terre battue que cette demi-finale disputée sous les projecteurs du Foro Italico. Un match qui vaut pour son troisième set qui va mélanger tennis de dingue (ah quand ces deux magnifiques revers sont face à face) et scénario à rebondissements. Mené d'un break, Murray se rebecte et prend même un avantage que l'on croit décisif lorsqu'il sert pour le match, à 5/4. Mais l'insubmersible Djoko ne coule pas comme ça. Le Britannique s'approche à deux points du match à quatre reprises mais ne se procure pas de balle de match. Toujours vivant, le Serbe finit en trombe lors d'un jeu décisif étincelant. C'est, je crois, un match charnière dans sa saison. Le type de victoire qui vous renforce dans vos convictions, vous donne le sentiment que rien ne peut vous arriver. Un sentiment si précieux en tennis...
4. Masters - match de poule - Federer b. Nadal 6/3, 6/0
Vous serez sans doute étonnés de trouver ce match dans ce classement. Mais un grand match, ce n'est pas forcément un grand combat. Ce peut être aussi la partition parfaite récitée par un soliste. Ce vendredi 25 novembre, dans une O2 Arena de Londres béate d'admiration, Federer produit un tennis total, comme chacun rêverait d'en jouer un jour, même quelques minutes, histoire de voir ce que ça fait ! Sans me réjouir des malheurs de Nadal, j'avais pris un kif terrible à suivre ce récital admirable. D'où sa place dans ce classement.
5. Open d'Australie - 1/8 de finale - Schiavone b. Kuznetsova 6/4, 1/6, 16/14
Eh oui, un match de femmes ! Ca vous étonne ? Vous l'aviez oublié celui-ci ? Vous pouvez avoir des excuses. C'est un huitième de finale et il s'est déroulé il y a près d'un an maintenant, au coeur du mois de janvier, à Melbourne. Allez, on trace direct à la troisième manche, où dans un combat physique terrible, les deux jeunes femmes vont en découdre pendant... trois heures. Un mini Mahut-Isner en jupettes. Le scénario ? A couper le souffle avec six balles de match obtenues par Kuznetsova et une Schiavone qui va servir pour le match quatre fois avant de finalement s'imposer. Il faut surtout préciser que les deux héroïnes ont pratiqué un tennis offensif, emballant même, au cours d'une partie ponctuée de... 50 balles de break (36 sauvées). Non, ce match n'a pas duré une éternité avec deux joueuses aux bras tremblants qui n'arrivaient plus qu'à «faire des ronds». C'est tout l'inverse ! Au final, les deux adversaires, qu'il faut associer dans les louanges, ont disputé en 4h44 le plus long match féminin en Grand Chelem de l'ère Open. C'est beau, mais cela n'a pas dû consoler Kuznetsova. «Cesca» et «Kuzi» n'ont toutefois pas battu tous les records. Celui du plus long match en nombre de jeux de l'histoire du tournoi reste détenu depuis 1995 par Chanda Rubin et Arantxa Sanchez (48). Cela dit, il s'en est fallu de peu. Faites le compte, ce Schiavone - Kuznetsova totalise 47 jeux.
Jeu Décisif, qui comme vous l'avez vu, arbore de nouveaux atours depuis peu, fait le break pour quelques jours. L'occasion de vous souhaiter de très belles fêtes et de vous remercier encore pour cette belle année en votre compagnie. A très vite, les amis...


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