Jo-Wilfried Tsonga et les siens attendent désormais les Américains.Pffff ! J'ai vraiment été déçu que le match Jo-Wilfried Tsonga- Milos Raonic, troisième simple de la rencontre du premier tour de Coupe Davis Canada-France, n'ait pas eu lieu. C'aurait été un vrai combat de poids lourds et j'avais surtout envie de voir ce que ce Canadien, dont on attend monts et merveilles, a vraiment dans le ventre. Un simple couperet de Coupe Davis, devant les siens, face à l'un des dix meilleurs joueurs du monde, on ne peut rêver meilleur test lorsque l'on est un joueur en devenir. C'est d'un tout autre tonneau que de briller sur des tournois ATP 250. Mais par la faute d'un genou récalcitrant, Raonic a donc été contraint au forfait laissant à Franck Dancevic, 175e mondial, le soin d'aller se faire découper en rondelles par Tsonga. Sans complexe et en jouant un tennis champagne (je tape tout, si ça rentre tant mieux), Dancevic, ex-65e mondial, n'a pas été ridicule mais loin sans doute de ce qu'aurait pu réaliser un Raonic au top. Canada 1, France 3, l'affaire était pliée.
Revenons sur le scénario de la rencontre dont finalement Raonic aura été le fil rouge. Impeccable le vendredi face à Julien Benneteau -lancé dans le grand bain à la place d'un Gaël Monfils à l'envers et pas totalement rassuré sur l'état de son genou- le jeune Canadien a vraiment baissé lors du double. Si son aîné Daniel Nestor a plutôt bien tenu la baraque, le grand Milos a manqué de constance, malgré quelques éclairs. Pépin physique ? Problème mental en raison de l'énorme pression qui pesait sur ses épaules ? Lui seul le sait mais il était évident que face à une paire aussi solide, samedi, que Mika Llodra et Julien Benneteau, les hésitations étaient interdites. Pour en terminer avec Raonic, ce week-end qui aurait pu faire de lui une idole, s'est finalement avéré être un apprentissage. Mais le garçon, on le sait, apprend vite, et il ne fait guère de doute que Milos deviendra un grand joueur de Coupe Davis. Le match de barrage que devra disputer le Canada en septembre prochain afin de rester dans le groupe mondial, lui donnera l'occasion de le montrer.
Et nos petits Bleus dans tout ça ? Ils repartent de Vancouver avec le sentiment du devoir accompli et les idées claires : Tsonga est le patron, Benneteau et Llodra forment un double de très haut niveau et le deuxième joueur de simple est à choisir en fonction des circonstances et de la forme de chacun. Fort de cette situation, Guy Forget sait où il va...
Les aventures de Gaël Monfils, finaliste à Montpellier la semaine précédente et arrivé tardivement en Colombie Britannique, avec qui plus est un genou grinçant, ont donc été sans conséquence. Cela dit, je me demande parfois si la Coupe Davis fait bien partie de ses priorités. Engagé dans un tournoi la semaine précédant cette rencontre, il l'est également la semaine suivante. Cette boulimie de jouer, cet enthousiasme fait plaisir à voir, mais n'est-ce pas prendre trop de risques pour un joueur dont on sait qu'il est sujet aux pépins physiques. Ce n'est pas la première fois que Gaël arrive à la bourre sur une rencontre de Coupe Davis. On ne peut pas dire que cela facilite la tâche de son capitaine et du staff. C'est aussi le charme du personnage….
A l'inverse, Tsonga, lui, organise son calendrier en fonction de la Coupe Davis. Jo n'a pas joué à Montpellier et ne rejoue pas cette semaine. Il sait combien la Coupe Davis est consommatrice d'énergie et il ne veut plus prendre aucun risque physique. Il connaît trop le prix des blessures et préfère justement se priver de quelques dollars afin de préserver son organisme. C'est bien de le rappeler.
Début avril, la France accueillera donc les Etat-Unis pour un quart de finale événement. Les Etats-Unis donc et non la Suisse de Roger Federer qui a complètement coulé sur ses terres de Fribourg. Oui, drôle de rencontre et surtout drôle d'attitude du maestro. J'avoue que j'ai parfois du mal à le suivre, le Roger. S'il fait le choix de rejouer de nouveau en Coupe Davis -dans le groupe mondial s'entend, pas seulement les barrages- c'est pour le faire à fond. En résumé, dans ses déclarations d'avant match il expliquait qu'il était ravi de retrouver ses potes et que si la Suisse perdait la rencontre ce n'était pas très grave. Tout cela m'a laissé coi. Ses propos post-match, chargeant quelque peu Stan Wawrinka, à la fois sur sa défaite en simple le vendredi et sa prestation en double, ont également étonné. Pas très classe de la part d'un joueur qui, comme son partenaire avait perdu son premier simple, et de manière assez nette finalement. Tout le monde peut s'incliner, y compris maitre Federer, d'autant que ce vendredi-là, John Isner a sorti un match de fou en retours. Mais cela n'interdit pas, malgré une déception légitime j'imagine, d'avoir un regard lucide sur les événements.
France-Etats-Unis, disais-je. L'affiche est belle. La FFT a 15 jours à compter d'aujourd'hui pour trouver la ville qui accueillera cette rencontre. Montpellier et sa nouvelle salle ultra-moderne ? Ce serait formidable mais un spectacle est déjà programmé ce même week-end. Pau ? Pourquoi pas. L'équipe de France y a de beaux souvenirs. Mais l'endroit pourrait aussi être déterminé par le choix de la surface. Avec toujours ce même dilemme en coupe Davis : faut-il jouer sur la surface qui vous convient le mieux ou sur celle qui convient le moins bien à l'adversaire ? Autrement dit, faut-il jouer sur dur ou sur terre battue ? Et quitte à jouer sur terre, autant le faire à l'extérieur, donc dans le Sud de la France. Allez, je lance une idée folle. Pourquoi ne pas jouer au Monte-Carlo Country Club, ce club étant situé, en France, sur la commune de Roquebrune Cap Martin ? Avouez que ça aurait de la gueule. C'est hautement improbable mais rêver à "haute voix", ça ne fait pas de mal…
PS : Petite info pratique pour finir. La vente des places grand public pour Roland-Garros débute le 15 février (pas avant 7 heures). Plus de 100 000 billets sont mis en vente en ligne, en temps réel, à l'adresse suivante rolandgarros.fft-tickets.com. Le prix des places à l'unité va de 17 € (courts annexes en deuxième semaine) à 169 € (finale du simple messieurs en catégorie or). La règle d'attribution est simple : premier arrivé, premier servi !


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