En anglais, on appelle ça un "fairy tale" ( un "conte de fée" pour les non-anglophones). Franchement, si on m'avait dit il y a un mois que j'allais m'infuser un 32e de finale de Cup entre Arsenal et Leeds, je ne l'aurais pas cru. Oui, mais voilà : entretemps, le fils prodigue est revenu au bercail. Voir un joueur statufié par un club porter le maillot de ce même club quelque semaines plus tard n'est pas quelque chose qu'on voit tous les jours.
Ce retour totalement inespéré était donc déjà un événement en soi. Pour Thierry Henry - car vous aurez compris que c'est de lui qu'il s'agit - rejouer en Premier League alors qu'il file vers ses 35 ans est un risque absolu. Cela fait maintenant deux ans que Titi joue dans un championnat de seconde zone où Leeds ferait sans doute bonne figure d'ailleurs. A part écorner son image, il n'a strictement rien à gagner dans cet ultime challenge.
Mais il faut voir comment le meilleur buteur de l'histoire des Bleus a été accueilli à l'Emirates. Lors de son entrée en jeu, tout le monde a pris son portable ou son appareil photo pour immortaliser l'instant, avec une ovation énorme. Ce qui démontre une fois de plus que ce mec qui a tant de détracteurs en France est véritablement adulé en Angleterre où, jusqu'à preuve du contraire, les gens connaissent au moins aussi bien le foot qu'en France.
Beaucoup - dont moi - l'espéraient sans vraiment trop y croire. Et pourtant. Quelques minutes après son entrée en jeu, passe de Song, contrôle, et la "spéciale Henry" dans un angle fermé : ça rentre ! Après ça, il y a eu beaucoup de symboles, dont l'accolade avec Wenger. Pour un mec venu pour le plaisir et pour rendre service à son club de coeur, c'est un début de pige rêvé.
Messi, incontestable...
Jouer pour le plaisir, pour son club de coeur, c'est aussi le choix fait par David Trezeguet, qui a accepté d'évoluer en D2 argentine pour pouvoir porter le maillot de River. Ce choix fait presque au même moment par nos deux derniers champions du Monde en activité montre que le foot peut encore réserver de belles histoires. Je trouve ça infiniment plus chouette que le feuilleton Beckham ou le retour de Brandao, qui a autant de chances de jouer pour l'OM que pour le FC Baumettes.
L'autre actu de la soirée, c'est évidemment le troisième Ballon d'Or consécutif récolté par Leo Messi. Autant celui de l'an passé était sujet à caution, autant celui-ci est absolument incontestable. Deux buts en demi-finale de Ligue des Champions à Bernabeu, un autre en finale devant MU, une incroyable régularité à marquer et à faire marquer. Cette récompense est plus que méritée et cette année, je ne vois pas où il peut y avoir débat.
Encore une fois, Cristiano Ronaldo est un super joueur, mais il n'est jamais là dans les grands matchs. Messi, presque toujours. Et c'est aussi pour ça que ce joueur me fait rêver. Alors évidemment, moins que Titi que j'ai connu chez les Espoirs et que j'ai suivi pendant toute sa carrière. A ce propos, je peux vous dire que je ne ferai pas l'économie d'un billet d'Eurostar pour le voir une dernière fois sous le maillot des Gunners avant qu'il ne retourne à New York.
Pierrot



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