Dommage. Voilà le premier mot qui me vient à l'esprit après cette très belle première demi-finale de Coupe de la Ligue. Dommage, car une qualification pour la finale aurait donné un coup de projecteur sur la saison assez terne en championnat des Merlus. J'ai souvent loué le jeu lorientais ces dernières années mais il faut bien avouer que cette saison, c'est nettement moins emballant. Il faut dire que le matériel offensif est lui aussi moins emballant.
L'an passé, Amalfitano et Gameiro dynamisaient l'attaque lorientaise. Aliadière blessé depuis des lustres, Sunu out pour la saison et Monnet-Paquet qui marque aussi souvent que Maurice-Belay (il vaut mieux éviter les noms composés quand on est attaquant), évidemment le rendement n'est pas le même. Je trouve même Christian Gourcuff moins saignant qu'avant en conférence de presse… On le sent un peu résigné.
J'admire toujours la façon dont ce club est mené, surtout avec un budget aussi restreint - à ce propos, on peut aussi se demander où va l'argent à Lorient, parce qu'entre Koscielny et Gameiro un peu de cash est rentré ces deux dernières saisons. Mais le truc avec ce genre de club, c'est que tous les ans on se demande si ça ne va pas être la saison de trop. Oh, Lorient, véritable échelle de Richter de la Ligue 1 - toujours autour de la 10e place -, ne descendra pas cette saison. Mais ne pas avancer, c'est déjà un peu reculer, non (c'est beau ce que j'écris) ?
Bien sûr, le discours ne serait pas le même si le FCL avait battu Lyon et gagné son ticket pour le Stade de France. Mais là aussi, malgré un bon match - l'un des meilleurs de la saison de la part des Merlus - et deux buts d'avance à dix minutes de la fin, les Bretons ont fini par perdre. Inexplicablement. Car après une première mi-temps émaillée de nombreuses occasions des deux côtés, Lorient avait pris les choses en main dès le début de la seconde.
La page Puel est tournée
Il faut dire qu'à Lyon, le retour dans l'axe de Cris a été tout sauf inoubliable. En retard à l'impact, peu inspiré dans son placement, le "Policier" porte toujours l'uniforme, mais a perdu toute autorité, comme sur l'ouverture du score d'Emeghara où il se fait enrhumer en beauté. Dix minutes plus tard, Monnet-Paquet double la mise et avec l'absence totale de réaction lyonnaise dans les minutes qui suivent, on se dit que c'est plié, d'autant que Barthelme a l'occasion ensuite de mettre le troisième, Réveillère sauvant sur sa ligne.
Bref, rien ne laissait entrevoir ce qui allait se passer par la suite, avec d'abord la réduction du score de Lacazette d'une frappe imparable de 25 mètres, puis l'égalisation de Briand au bout du bout des arrêts de jeu. Comment le Lyonnais peut-il se retrouver tout seul à 7 mètres du but sur un corner aussi important et à ce moment du match ? Christian Gourcuff doit encore se poser la question.
Revenus de l'Enfer, les Lyonnais sont ensuite allés chercher la qualif' en prolongation. A l'expérience et avec le concours d'un bon Lloris, qui a repoussé toutes les tentatives désespérées de Lorientais qui se seront battus avec leurs armes jusqu'au bout. En vain. C'est l'OL qui ira au Stade de France le 14 avril prochain pour y défier le vainqueur de Marseille-Nice. Avec un constat : Lyon a définitivement tourné la page Puel et redécouvert une vérité simple mais toujours en vigueur dans le foot : quand on aligne des joueurs offensifs, on marque des buts…
Pierrot



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