Escalade - Rétro 2018 - Rétro 2018 : retour sur la saison internationale d'escalade 2018

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La saison internationale d'escalade 2018 s'est achevée le 27 octobre dernier sur les dernières étapes des coupes du monde de difficulté et de vitesse, à Xiamen en Chine. Retour sur une année intense et riche en médailles pour le clan français. Romain Desgranges n'en faisait pas mystère : le Championnat du monde de difficulté serait son grand combat en 2018. Car ses autres batailles, le Français les a déjà toutes remportées : champion d'Europe en 2013 et vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2017, il ne manquait au Chamoniard qu'une breloque dorée, celle de champion du monde. 
Terrible issue à Innsbruck pour ce régulier de la « zipette », cette erreur fréquente chez les grimpeurs qui ont du mal à appréhender la pression des grands rendez-vous, c'est un malheureux appui sur un panneau publicitaire qui lui faisait payer le plus lourd des tribus : une disqualification dès le premier tour de la compétition. La pancarte était-elle mal placée ? Sans aucun doute. D'autres grimpeurs ont-ils eux aussi posé leur chausson sur le morceau de plastique sans être écartés de la compétition ? À la polémique, Romain Desgranges répondait en champion : « Quoi qu'il en soit, le règlement est clair sur ce point : je n'avais pas à poser le pied sur cette pancarte. C'est une erreur de ma part. Il faut maintenant aller de l'avant. » En haut du mur en difficulté, les Autrichiens faisaient le doublé. Jessica Pilz chez les femmes et Jakob Schubert chez les hommes prenaient l'or à domicile. En bloc, le Japonais Kai Harada s'imposait chez les hommes, quand la terrible Janja Garnbret prenait l'or chez les femmes, après son titre en 2016 en difficulté. En vitesse, Aleksandra Rudsinska cherchait un nouveau titre sur la voie du record, quand le Français Bassa Mawem (en argent) concédait l'or à l'Iranien Reza Alipourshenazandifar. La jeune Japonaise Miho Nonaka (4e en 2017) s'imposait cette année avec seulement 5 points d'avance sur sa compatriote Akiyo Noguchi, de huit ans son aînée. Entre ces deux grimpeuses, qui ont dominé le circuit toute la saison, la victoire s'est jouée sur la toute dernière étape de Munich, en Allemagne. Miho Nonaka, en argent ce week-end-là, prenait 15 points de plus que Akiyo Noguchi (en bronze) et la devançait au tableau final de la Coupe du monde avec un total de 500 points. La Française Fanny Gibert complétait ce podium féminin. Elle cumulait cette saison un podium (bronze à Tai'an) et cinq finales pour un total de 320 points. Cette médaille au classement général témoigne de la grande régularité de la Française en 2018. Chez les hommes, avec une victoire à Meiringen, en Suisse, en tout début de saison puis trois deuxièmes places, Jernej Kruder s'imposait avec 442 points. En 9e position en 2017, le Slovène s'est vraiment révélé cette année, ne manquant qu'une seule finale sur les sept étapes. Sur la deuxième marche du podium, le Japonais Tomoa Narasaki cumulait 400 points, avec une médaille d'or, deux d'argent et une de bronze sur les différentes étapes de la saison. Ce sont principalement ses deux contre-performances à Chongqing et Munich qui lui coûtaient la victoire au classement général. Son compatriote Rei Sugimoto complétait ce podium masculin de la Coupe du monde de bloc 2018, avec 334 points et deux médailles sur le circuit (or et bronze). Chez les hommes, Jackob Schubert a indéniablement été l'athlète le plus solide de l'année. Après une année 2017 difficile, où il terminait 6e du classement général, l'Autrichien a renoué avec les podiums en s'offrant deux victoires et trois deuxièmes places sur les sept étapes, pour un total de 495 points. Une performance qui lui offrait la victoire en 2018, quatre ans après son sacre sur la Coupe du monde de difficulté 2014. Très proche, l'Italien Stefano Ghisolfi, déjà 2e l'année dernière, prenait à nouveau la médaille d'argent, avec 466 points. Le Français Romain Desgranges, vainqueur l'année dernière, avait commencé fort avec une 2e place sur la première étape à Villars, en Suisse. Mais deux douloureuses contre-performances au cours de la saison l'ont fait chuter à la troisième place du classement général, qu'il partage avec le Slovène Domen Skofic (ex aequo avec 356 points). « Cette finale était la dernière de la saison pour moi. Je suis sincèrement content d'avoir pu y participer et de m'être battu pour ce podium au classement général. C'est la troisième année consécutive que je décroche une médaille au classement général de la Coupe du monde de difficulté, comme quoi je ne suis pas encore trop vieux pour ce jeu-là », s'amusait Romain Desgranges. Chez les femmes, Janja Garnbret (550 points !) remporte le classement général de la Coupe du monde de difficulté pour la troisième année consécutive. Devançant de 90 points sa première rivale, l'Autrichienne Jessica Pilz, avant la dernière étape, la Slovène, qui cumulait quatre victoires et trois deuxièmes places sur les sept étapes, était assurée de reprendre son titre. Même si Jessica Pilz remportait cette dernière étape de la saison, elle ne cumulait « que » 505 points, laissant l'or à Janja Garnbret. Avec 354 points, la Coréenne Jain Kim semblait loin derrière ces deux leaders. Elle montait néanmoins pour la 9e année consécutive sur le podium du classement général de la coupe du monde de difficulté. En quatrième position, la Française Manon Hily, remarquable pour sa première saison en Coupe du monde, cumule 238 points. La leader de l'équipe de France avait déjà remporté le classement général en 2017. Cette année, Anouck Jaubert s'est assurée la première place avant même d'avoir participé à la dernière étape. Avec trois victoires et deux deuxièmes places en huit étapes, la Française cumulait 565 points, soit plus de 140 points d'avance sur l'Indonésienne Ariès Susanti Rahayu, qui s'offrait également trois victoires sur la saison. La Russe Iullia Kaplina, leader mondiale en 2016, prenait la troisième place avec 399 points. « Je suis vraiment ravie de ce résultat et d'avoir su défendre ma place de leader mondiale, tout en m'entraînant pour le combiné olympique, assurait Anouck Jaubert. Preuve que ces trois disciplines sont bien complémentaires. » Chez les hommes, en revanche, tout s'est joué sur la dernière étape. L'Ukrainien Danyil Boldyrev (437 points), alors en tête avec deux victoires d'étape, y réalisait une lourde contre-performance et cédait l'or à Bassa Mawem (448 points), vainqueur de cette dernière étape à Xiamen ainsi que de celle de Taï'an en mai dernier. Le Français a signé une très belle année et est monté pour la première fois sur le podium du classement général, après une année de break en 2017 et une quatrième place en 2016. Le Russe Dmitrii Timofeev (420 points) complétait ce podium masculin. « Ce fut une année incroyable pour moi. Ces victoires en Coupe du monde et mon titre de vice-champion du monde concrétisent des années d'entraînement, confie Bassa Mawem. Il ne me reste plus qu'à battre le record du monde, monter sur la première marche du Championnat du monde et surtout réaliser mon principal objectif pour la saison prochaine : me qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo. » À Buenos Aires, aux Jeux Olympiques de la jeunesse, l'escalade faisait son entrée dans le grand monde de l'olympisme. Le grand espoir de l'escalade tricolore, Sam Avezou, plusieurs fois champion du monde chez les jeunes, y prenait le bronze sur le format combiné de l'escalade olympique. De bon augure pour l'arrivée du sport chez les seniors aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

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