Foot - POR - « Honteux », « une farce », « On touche le fond » : la presse européenne s'indigne après Belenenses - Benfica

Le match ubuesque entre 11 joueurs de Benfica et 9 de Belenenses, décimé par le Covid, interroge la presse, dimanche. Pourquoi a-t-il été maintenu ? « Honteux » (Gazzetta Dello Sport), « une farce » (The Guardian), « le match qui n'aurait jamais dû se jouer » (Marca)... Avec quatorze joueurs absents pour cause de Covid-19, Belenenses a été contraint d'aligner une équipe de neuf joueurs (dont son 3e gardien au poste d'attaquant) pour affronter le onze de Benfica samedi en Championnat du Portugal, un match, « le plus étrange de l'année » (Sportske Jutarnji, Croatie), finalement interrompu juste après la mi-temps alors que la modeste équipe lisboète était menée 7-0. lire aussi Pourquoi Belenenses SAD a joué contre Benfica à neuf avec deux gardiens L'histoire a fait le tour du monde. C'est le deuxième sujet de la page football du site Internet du journal brésilien O Globo, après la finale de la Copa Libertadores remportée par Palmeiras. La presse européenne et les réseaux s'étouffent aussi en rapportant cette « situation insolite et inédite » (Mundo Deportivo). Seuls sept joueurs de Belenenses sont revenus après la pause et l'un d'entre eux est resté au sol à la reprise. Constatant sa blessure, l'arbitre a été contraint d'arrêter les frais, les lois du jeu imposant au moins 7 joueurs par équipe. « La blague est terminée », a commenté RMC Portugal sur son « live ». Comment cette situation « bizarre » (le journaliste Amos Murphy sur son compte Twitter), « absurde » (Arthur Quezada, journaliste brésilien sur twitter), voire ce « foutoir » (le journaliste Colin Millar, idem) a-t-il pu se produire ? Au Portugal, la presse donne de la voix (« Un triste épisode pour le football » écrit A Bola, « On touche le fond » déplore Record) et la parole aux acteurs de la pantalonnade. Après avoir communiqué à la Ligue de football « que nous ne souhaitions pas jouer cette rencontre, on nous a répondu qu'on avait huit joueurs aptes à jouer » et que le fait de « ne pas comparaître pourrait être considéré comme une absence injustifiée », explique le président du Belenenses, Rui Pedro Soares dans les colonnes de Record. Joaquim Evangelista, président du syndicat portugais des joueurs, dans « A Bola » « Ce qui s'est passé ce soir est absolument inacceptable et ne peut plus se reproduire » Dans le même journal, Rui Costa, le président de Benfica, joue la défense puis l'attaque. Défense : « Benfica n'est en aucun cas responsable de cette page noire qui nous fait honte. » Attaque : « La DGS (direction générale de la santé) et la Ligue n'ont pas annulé le match et nous n'avons pas pu le faire nous-mêmes », explique l'ancien milieu offensif, élu président il y a quelques semaines. Le syndicat portugais des joueurs est furieux, rapporte A Bola. « Ce qui s'est passé ce soir est absolument inacceptable et ne peut plus se reproduire », tonne son président Joaquim Evangelista. « Il y a des valeurs qui sont plus importantes que toute exigence de compétition ou de calendrier, à savoir la santé des athlètes et l'intégrité de la compétition », poursuit-il, avant d'appeler la Ligue et les autorités sanitaires à une réunion d'urgence « visant à établir une procédure susceptible d'éviter des barbaries comme celle qui s'est produite ce (samedi) soir ».

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