Vélo Mag - Barry-Roubaix, l'enfer de l'Amérique du Nord

·2 min de lecture

Des milliers de cyclistes lancés sur des routes caillouteuses au fin fond du Michigan : bienvenue sur l'une des plus grandes courses de gravel des États-Unis, dont le nom, Barry-Roubaix, vous paraîtra sûrement familier. L'histoire ne dit pas si un cycliste souhaitant s'aligner sur Paris-Roubaix s'est un jour retrouvé, après une mauvaise recherche Internet, à braver la pluie et la boue du Midwest américain. Mais plusieurs touristes français de passage dans le Michigan ont déjà dû être surpris par les panneaux annonçant un peu partout l'autoproclamée plus grande course de gravel du pays. Chaque année, la Barry-Roubaix, dont les inscriptions viennent de s'ouvrir pour l'édition 2022, réunit au printemps des milliers de participants. À l'Enfer du Nord, l'épreuve emprunte bien sûr son nom, mais aussi une certaine idée du cyclisme. Au menu de Barry-Roubaix, pas de goudron peinard, mais des sentiers en terre propres au gravel, de la boue et, évidemment, des sections pavées. « Organiser la course en mars-avril, ça donne aussi une meilleure histoire. Il peut faire froid, il peut pleuvoir. Il y a quelque chose avec les courses comme Barry-Roubaix, un peu comme les classiques printanières en Europe, que les gens trouvent plus intéressantes que les courses au temps immaculé », complète fièrement Matt Acker, l'un des « Founders », les créateurs de ce rendez-vous unique. Pros et amateurs mélangés Dans les faits, Barry-Roubaix, qui tire son nom du jeu de mot avec le comté de Barry où il se dispute, est plus un mix entre une gentille classique ardennaise, avec son dénivelé de 2000 mètres, et, une fois la ligne d'arrivée franchie, une « grande fête, où l'on peut boire de la bière, manger un coup et où l'on allume des feux s'il fait froid ». Autant que possible, même s'il a vite grandi avec les années, l'événement respecte en effet l'esprit gravel. La course est ouverte à tous, avec différents parcours permettant de participer quel que soit son niveau sur un vélo : un de 29 km, un de 58 km, un de 100 km et le gros morceau, le redoutable « Psycho », long de 161 km. C'est cette accessibilité qui a permis à Barry-Roubaix de faire le plein en 2019, avec plus de 3500 passionnés venus se frotter aux cailloux du Michigan. Parmi eux, des habitués, dont une douzaine de légendes locales ayant participé à chaque édition, mais aussi des coureurs professionnels à la recherche de sensations. « Ce qui fait la beauté du truc c'est qu'on va avoir des mecs qui montent pour la première fois sur un vélo et des pros qui vont venir des quatre coins du monde pour essayer la course, comme Paul Voss ou Alexey Vermeulen », se réjouit Acker. Le coureur néerlandais Laurens Ten Dam devait même venir en 2019, mais il a eu un empêchement de dernière minute. Aux États-Unis, « le gravel éclipse le vélo sur route »

Le succès de la course témoigne de l'intérêt grandissant des Américains pour le gravel. Aux quatre coins du pays, les courses tout-terrain rencontrent un succès certain, à l'image de la Belgian Waffle Ride Dirty (4000 participants, en Californie) ou de la légendaire Dirty Kanza (2750 participants, au Kansas, désormais appelée « Unbound Gravel »), à laquelle Wout Van Aert a révélé « rêver de participer ». En France aussi, le phénomène commence à prendre, avec des courses comme le « Nature is Bike », qui a réuni 1000 participants dans l'Anjou en 2021. « Le gravel a éclipsé le vélo sur route aux États-Unis actuellement... Il y a une meilleure dotation et c'est plus accueillant pour des nouveaux venus, tente d'expliquer Acker. C'est pour ça qu'on a beaucoup de débutants. Il n'y a pas de catégories, personne n'est séparé, donc les pros peuvent être alignés à tes côtés. Et les évènements sont souvent dans des endroits très particuliers, quasi cinématographiques, des États-Unis. C'est l'assurance d'un beau spectacle. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles