Extra Time

Charlotte, une équipe NCAA en NBA

Kemba Walker avec Mike Dunlap - APRisée de la NBA l'an passé avec ses 7 victoires en 66 matches, voilà que Charlotte affiche déjà 6 succès en compteur en seulement 10 rencontres ! Un bilan positif alors qu'on lui promettait (moi le premier) une nouvelle saison en enfer.

Mais que s'est-il passé cet été pour que cette formation, nullissime la saison dernière, devienne une franchise respectée et qui gagne (3e de la conférence Est !).

En fait, Michael Jordan, patron de la franchise, sans doute bien conseillé, a eu (pour une fois…) une idée de génie : confier l'équipe à un coach à tendance universitaire. Un certain Mike Dunlap, inconnu au bataillon, passé par les Nuggets il y a quelques années, et qui était assistant à St. John's. Un nom qui n'a donc rien de ronflant mais Jordan avait de la suite dans les idées (au-delà que ça ne le coûtait pas trop cher).

En fait, il a regardé son effectif composé de gamins (Walker, Biyombo, Kidd-Gilchrist…), et il s'est sans doute dit que seul un coach universitaire pourrait en tirer quelque chose. Et effectivement, il a vu juste. Dunlap est l'anti-coach NBA. De la zone (une 1-1-3 très risquée...), de la press tout-terrain, des prises à deux quasi systématiques, beaucoup de rotations, du jeu rapide… J'ai vu deux matches des Bobcats, et on ne s'ennuie pas une seconde. Vraiment, ça court et ça saute de partout, comme une équipe universitaire. Revers de la médaille, il y a beaucoup de déchets. Mais les résultats sont là, et la franchise ne fait plus rire personne. Et on notera que ce basket est pratiqué en Caroline du Nord, un Etat qui vit au rythme de la rivalité de Duke et North Carolina, et qui possède aussi d'autres fac' majeures comme Wake Forest ou North Carolina State.

Le basket universitaire est-il soluble dans la NBA ?

Paradoxalement, cette équipe de Charlotte me rappelle que le basket universitaire n'est pas soluble dans la NBA. Quel coach a réussi en NBA avec des principes tirés du basket universitaire ? Sur les dernières années, quels sont les coaches qui ont quitté leur fac' pour réussir en NBA ?

Franchement, à part Larry Brown, je n'en vois pas. Champion avec Kansas en 1988, il a remporté le titre NBA avec Detroit plus de quinze ans plus tard. Mais hormis lui, il y a qui ? Rick Pitino a échoué à Boston et New York. John Calipari aussi avec les Nets. Mike Krzyzewski ou Tom Izzo n'ont jamais franchi le pas. Billy Donovan non plus. Au-delà de la différence de salaire (globalement, les coaches universitaires sont mieux payés…) et de la durée des contrats, Il existe un véritable fossé entre le basket pratiqué en NBA et celui en université. Les 24 secondes, les zones ou encore la durée du match font qu'on ne coache pas en NBA comme à l'université. Et puis bien sûr, il y a la jeunesse des joueurs. Mike Dunlap ne ferait pas courir les Celtics ou les Spurs comme il fait courir actuellement ses Bobcats.

Il était donc l'entraîneur idoine pour cet effectif, et c'est une bonne chose qu'une telle prise de risque se traduise par du succès.

A propos de Fabrice Auclert

Journaliste et chef d’entreprise, Fabrice Auclert a grandi aux sons de la voix de George Eddy et des dribbles de Magic, Bird et Jordan. Depuis 1996, il est l’homme qui se cache derrière Basket USA. Sur Yahoo!, il nous fait vivre l’Extra Time, les prolongations en Français. Il vous livre ses impressions sur la saison de nos compatriotes tout en dénichant des infos croustillantes ou des vidéos insolites sur les stars de la NBA.