Extra Time

Minnesota, l’équipe qui réconcilie tous les baskets

Minnesota TimberwolvesJ’attendais un coup d’éclat des Wolves pour vous parler de cette équipe que j’apprécie beaucoup. L'une de mes préférées à regarder jouer. Leur bilan reste moyen (essentiellement en raison des blessures), mais cette nuit, ils ont mis fin à l’impressionnante série du Thunder (12 victoires de suite), preuve que Minnesota est capable de tenir tête aux meilleurs, voire de les battre.

Si je voulais vous causer des Wolves, c’est parce que je crois qu’on tient là l’équipe la plus universelle du moment. Universelle dans le sens où elle tire le meilleur des deux baskets : le NBA et le FIBA.

Il suffit de regarder l’effectif pour constater que les dirigeants ont un faible pour les joueurs européens, voire internationaux. On se souvient d’ailleurs qu’ils avaient mis cet été plus de 40 millions de dollars sur la table pour s’attacher les services de Nicolas Batum.

Cette année, on trouve donc un Espagnol (Ricky Rubio), deux Russes (Andreï Kirilenko et Alexey Schved), un Monténégrin (Nikola Pekovic) et un Portoricain (JJ Barea). On a là quatre titulaires en puissance, et un 6eme homme. Vous ajoutez Kevin Love qui n’est pas loin d’être le meilleur ailier-fort de la ligue, et vous obtenez un sextet qui ressemble davantage à une équipe d’Euroligue qu’à une équipe NBA.

A la tête de tout ça, Rick Adelman. Peut-être le coach le plus sous-estimé de ces vingt dernières années. Pourtant, c’était lui sur le banc des Blazers au début des années 90 lorsque la bande à Clyde Drexler a buté en finale sur Detroit puis Chicago. Et c’était encore lui, au début des années 2000, sur le banc des Kings lorsque Sacramento pratiquait le jeu le plus sexy de toute la NBA.

Après des passages à Golden State et Houston, à des moments pas folichons pour chaque franchise, Adelman a donc finalement rejoint Minnesota l’an passé, et il a eu la possibilité de construire un effectif adapté à son jeu fait de mouvements et de créativité. Adelman était le coach idéal pour mettre en valeur Rubio. C’était aussi le coach idéal pour tirer le meilleur de la polyvalence d’un Andreï Kirilenko.

Adelman a vieilli aussi. Il a découvert les talents européens. Lui qui snobait Drazen Petrovic il y a 20 ans fait preuve d’une grande ouverture d’esprit avec Ricky Rubio ou Alexey Schved, l'une des pioches les plus intelligentes de cet été.

Le problème, c’est que Adelman, chantre du beau jeu, n’est pas un passionné par la défense. Là où certains coaches sanctionneraient Love pour sa passivité en défense, Adelman ne bronche pas. Les Wolves sont « joueurs » et c’est plaisant à voir. La balle circule vite. Le dribble est utilisé qu’en cas de nécessité. Il y a de l’improvisation. Mais pour que l’équipe franchisse un palier, et se mêle aux meilleurs, il lui faudra acquérir une mentalité défensive. Il lui faudra être méchant. Comme les Grizzlies par exemple.

Pour l'instant, je ne crois pas qu’ils en soient capables, car il leur faudrait jouer contre-nature.

A propos de Fabrice Auclert

Journaliste et chef d’entreprise, Fabrice Auclert a grandi aux sons de la voix de George Eddy et des dribbles de Magic, Bird et Jordan. Depuis 1996, il est l’homme qui se cache derrière Basket USA. Sur Yahoo!, il nous fait vivre l’Extra Time, les prolongations en Français. Il vous livre ses impressions sur la saison de nos compatriotes tout en dénichant des infos croustillantes ou des vidéos insolites sur les stars de la NBA.