Extra Time

New York retrouve les sommets

Jason Kidd - APBah oui, je m'étais trompé. Je n'imaginais pas les Knicks aussi haut (leader de la conférence Est-ce vendredi matin). Je ne les imaginais pas capables de gifler deux fois le Heat en un mois. Dans le même temps, si j'étais de mauvaise foi (et je ne le suis jamais…), je vous ferais remarquer que New York joue sans Amare Stoudemire, et qu'ils sont donc forcément meilleurs.

Kidd - Felton : une traction arrière complémentaire

J'ironise à peine. Comme l'an passé, l'équipe est bien mieux équilibrée sans lui. Carmelo Anthony joue davantage au poste bas, et Tyson Chandler suffit pour être un danger intérieur. Un point de fixation qui oblige les défenses à ne pas faire l'impasse sur lui.

Pour moi, la force de cette équipe, bien plus que le très bon niveau de jeu de Anthony ou Chandler, c'est sa traction arrière composée de Jason Kidd et Raymond Felton. Je vous ai déjà expliqué combien j'appréciais les backcourts de « petite taille ». C'est-à-dire sans véritable arrière shooteur comme les Pistons de la fin des années 80. En l'occurrence, l'arrière shooteur, c'est JR Smith, et il est bien plus efficace comme 6ème homme.

Certains avaient regretté que les Knicks ne prolongent pas Jeremy Lin, mais la formule Felton-Kidd est une idée de génie. D'abord, Felton est revanchard. Doublement. Il y a deux ans, il avait servi de monnaie d'échange avec Denver dans le transfert d'Anthony alors qu'il réalisait une grande saison, puis il avait sombré avec Portland, incapable de retrouver une ligne d'athlète. Il paraît encore bedonnant mais il s'éclate aux Knicks (record cette nuit face au Heat) car il a Jason Kidd à ses côtés. C'est comme Chris Paul aux Clippers. Le peu de temps où il a eu Chauncey Billups à ses côtés, ça tournait comme une horloge.

La recherche de l'extra-pass

Car Kidd est un faciliteur de jeu. Même à près de 40 ans, il rend les autres meilleurs. Pas forcément par des passes ou des points. Simplement par sa vision de jeu et ses anticipations. La manière qu'il a de mener les contre-attaques est magnifique. Idem les renversements de jeu en attaque. Là où Felton est davantage dans le jeu en pénétration, Kidd est là pour transférer le ballon. En défense, il reste efficace sur le jeu sans ballon. Là encore par sa vision du jeu. Et puis, c'est un leader, et c'est ce qui manquait aux Knicks. Ni Stoudemire, ni Anthony n'avaient cette capacité à mobiliser leurs coéquipiers. Ils étaient aussi souvent blessés. D'ailleurs, ni l'un, ni l'autre n'étaient là cette nuit pour gifler le Heat dans sa salle.

Là, qu'il joue ou pas, on sent l'influence de Kidd, parfait relais de Mike Woodson (je ne l'oublie pas) sur le terrain. Kidd aime partager le ballon, et j'ai vraiment l'impression que ça déteint sur ses coéquipiers. Cette nuit, ça m'a vraiment marqué cette recherche de l'extra-pass. Là où n'importe quel joueur prendrait un shoot sur un ballon ressorti, les Knicks cherchent l'extra-pass. Le but : mettre le shooteur dans les meilleures conditions. Mais aussi pour user la défense. Miami n'en pouvait plus hier. A un moment, il leur fallait défendre sur Kidd, Felton, Smith et Novak. New York jouait presque en fer à cheval avec le seul Chandler dans la raquette. New York écarte le jeu au maximum. Si le Heat (décevant au demeurant) élargit sa défense, Smith ou Felton peuvent les punir. S'ils ne font pas prise à deux sur Chandler, il peut les punir.

Un jeu alerte et plaisant

A l'arrivée, ça donne vraiment un jeu plaisant qui n'est pas sans rappeler celui des Spurs car il y a cette volonté collective de chercher le panier facile à mettre, tout en usant du tir à 3-points. Le mythique Gérard Bosc, ancien entraîneur de l'Equipe de France et DTN, me disait : "Il vaut mieux un shoot manqué qu'un ballon perdu". C'est ce que je constate chez les Knicks qui préfèrent abuser du tir (44 tirs à 3-points hier... mais seulement 7 balles perdues) que de se compliquer la vie.

En clair, je m'éclate à regarder ses Knicks avec leur effectif qui me semblait trop vieux et pas cohérent. Mais j'avais sous-estimé l'impact que pouvait avoir un Kidd, voire d'un Wallace, sur un tel groupe.

A propos de Fabrice Auclert

Journaliste et chef d’entreprise, Fabrice Auclert a grandi aux sons de la voix de George Eddy et des dribbles de Magic, Bird et Jordan. Depuis 1996, il est l’homme qui se cache derrière Basket USA. Sur Yahoo!, il nous fait vivre l’Extra Time, les prolongations en Français. Il vous livre ses impressions sur la saison de nos compatriotes tout en dénichant des infos croustillantes ou des vidéos insolites sur les stars de la NBA.