Extra Time

Le vice de Miami

Le Three Amigos / Getty Images« Bullshit ». C’est ainsi que Michael Jordan qualifiait la saison régulière. Pour lui, mais aussi bon nombre de joueurs NBA, les 82 matches de saison régulière sont une plaie, et seuls les playoffs donnent envie de se surpasser.

Je crois que le Heat s’en rend compte, et qu’il a bien du mal à expédier les affaires courantes. Le champion reste sur six défaites en dix matches. Dans d’autres franchises de renom, on parlerait volontiers de crise. Là, rien... Parce que Miami a la chance de jouer à l’Est, et qu’il reste en tête de sa conférence malgré cette mauvaise passe.

Parce qu’aussi, on est tous conscients qu’il s’agit uniquement d’un problème de motivation et de concentration. D’autant que les deux principales lacunes du Heat se situent en défense et au rebond. Deux domaines qui exigent de l’envie et des sacrifices individuels, mais aussi de la solidarité et de la cohésion.

Actuellement, Miami est mou du genou. Au rebond, les écrans retard sont sans conviction, et les joueurs ressemblent davantage à des plots en défense. Pas de contestation sur les déplacements ou alors on gêne peu les tirs. On retrouve le Miami de 2010 qui part en contre-attaque avant même que le rebond soit pris...

Faut-il s’en inquiéter ? Je crois qu’à l’Est, le Heat est plus ou moins tranquille, et ça joue sans doute sur sa compétitivité et son envie d’évoluer au top niveau. Derrière lui, c’est tout aussi irrégulier avec New York et Chicago. Indiana, Brooklyn et Boston reviennent bien, mais on n'a pas le sentiment qu'ils puissent dominer le Heat sur une série. Attention tout de même car toutes ses équipes sont plus forts que Miami sous les panneaux, et au fil des semaines, on s'aperçoit bien que le Heat ne pourra pas conserver son titre sans l'ajout d'un vrai pivot dans sa rotation.

Le contraste avec les meilleures équipes de l’Ouest est tout de même impressionnant. Les Clippers, le Thunder ou les Spurs attaquent mieux et défendent mieux que le Heat. Ces trois équipes sont un cran au-dessus du Heat en termes de régularité. Peut-être parce qu’à l’Ouest, on ne peut pas se permettre de perdre six matches sur dix, sous peine de se retrouver sous la 8e place.

Mais le problème pour les équipes de l’Ouest, c’est qu’ils vont s’entretuer à partir d’avril, et que le Heat, s’il va en finale (comme je l'ai envisagé), affrontera un adversaire forcément plus fatigué. On a vu l’an passé comment les Spurs face au Thunder, puis le Thunder, face au Heat, avaient explosé au niveau athlétique. Ce Heat-là, à l’effectif riche en shooteurs et coureurs, est donc programmé pour frapper en playoffs après un premier tour pour se dégourdir les jambes. Il va continuer de gérer la saison régulière à la cool, se contentant de conserver la 1ère place à l’Est, pour ensuite affronter Atlanta, Milwaukee ou Philadelphie au premier tour. Peut-il se comporter encore comme ça jusqu'en avril ?

A voir Dwyane Wade et Chris Bosh scotchés sur le banc dans le money time face au Jazz, je doute qu’Erik Spoelstra accepte encore longtemps cette désinvolture.

A propos de Fabrice Auclert

Journaliste et chef d’entreprise, Fabrice Auclert a grandi aux sons de la voix de George Eddy et des dribbles de Magic, Bird et Jordan. Depuis 1996, il est l’homme qui se cache derrière Basket USA. Sur Yahoo!, il nous fait vivre l’Extra Time, les prolongations en Français. Il vous livre ses impressions sur la saison de nos compatriotes tout en dénichant des infos croustillantes ou des vidéos insolites sur les stars de la NBA.