Abramovitch : le bourreau de Chelsea

t_clopeau
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En 9 ans de règne sans partage sur le club londonien, l'oligarque russe Roman Abramovitch a éclusé son 8ème entraîneur.


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Tous plus huppés les uns que les autres, de Ranieri sa première victime en 2003 à sa dernière victime en date dans la nuit d'avant hier, Roberto Di Matteo. Ventilé, dispersé façon puzzle à 4 heures du matin, après une défaite certes cuisante face à la Juventus en Ligue des champions, mais pas déterminante pour la qualification en 8ème de finale de cette même compétition.

Si Ancelotti (ce qui a été le cas entre 2009 et 2011) était aujourd'hui l'entraîneur d'Abramovitch, il y a longtemps que l'italien aurait été débarqué avec ses mauvais résultats en championnat. Les Qatariens sont des enfants de cœur par rapport au milliardaire russe, qui jongle avec ses entraîneurs au moindre faux pas.
Imaginez donc : Di Matteo a été le premier à lui ramener une Ligue des champions l'an dernier, après une finale gagnée face au Bayern. En guise de récompense, alors que l'équipe pointe à la 3ème place en Premier League, il le sort manu militari après la défaite à Turin 3 buts à 0. La guillotine un point c'est tout !

Haché menu Di Matteo, qui après la défaite avait été gentleman, endossant l'entière responsabilité alors que ses joueurs avaient été en dessous de tout. Après avoir décroché la prestigieuse coupe aux grandes oreilles, le coach italien promu en mars dernier en lieu et place du Spécial pas grand-chose Villas-Boas est donc flingué dans une saison de transition pour seulement 2 victoires sur 8 matchs. Mais quand même, un entraineur 3ème du championnat anglais avec encore une chance de se qualifier en cas de succès sur les danois de Nordsjaelland le 5 décembre, couplé à une défaite de la Juve chez le Chakhtior Donetsk, ce qui n'est pas impossible, méritait-il pareille sanction ?

Abramovitch ne s'embarrasse pas de fioritures. Si Wenger à Arsenal ou même Ferguson à Manchester avait eu comme patron le russe il y a longtemps qu'ils seraient passés à la trappe tant leurs résultats respectifs en Angleterre ont aussi été en dents de scie.
Virer un entraîneur l'année où il est champion d'Europe, difficile de faire mieux. Même le Réal Madrid, qui avait dégagé Capello après un titre de champion d'Espagne, n'avait pas osé un pareil limogeage.

Voilà donc arrivé par la petite porte, l'Espagnol Benitez, pour un intérim jusqu'en juin. Benitez, vainqueur de la Ligue des champions 2005 avec Liverpool, sans emploi depuis son départ de l'Inter de Milan en décembre 2010.

L'homme est un tacticien hors pair, plus doué par exemple que Mister Ancelotti, mais c'est sans doute l'entraîneur le plus psychorigide qui soit. Piètre diplomate et pas vraiment une super nounou pour les joueurs, ce serait plutôt genre père fouettard.
Or c'est le travail psychologique sur les joueurs, sur leur moral et leur motivation qui avait fait la différence l'an dernier avec Di Matteo et qui avait amené l'équipe à dominer l'Europe alors que sur le papier, ce n'était pas les meilleurs.
On se souvient d'ailleurs que Villas-Boas, dénué de toute psychologie (à voir cette année le traitement de la rivalité Lloris versus Friedl), s'était planté avec cette équipe de Chelsea pendant toute la première partie de la saison dernière.

A mes yeux, Abramovitch avec cette éviction, s'est comporté comme un dictateur sans foi ni loi, jouant à la roulette russe avec son club, à coups de morgue et de millions d'euros en provenance douteuse. Di Matteo en paie le prix fort contre toute attente, mais a-t-il son mot à dire dans un empire du plus fort ? Très rapidement, en contrat jusqu'en 2014, il prendra un gros chèque pour services rendus.

Ainsi va la vie au royaume bling bling de Roman...

Thierry

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