Alceste, Eric et Alexandre

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Eric Cantona dit-il n’importe quoi ? C’est mal comprendre notre penseur national qui manie aphorismes, sentences et bougonnements comme personne. 

J’ai toujours l’impression quand j’écoute Éric Cantona que la troisième guerre mondiale a éclaté. On n’est pas là pour rigoler est une discipline de chaque instant. Il s’y astreint depuis des années, égrenant de-ci, de-là quelques sentences qu’il annonce la voix grave et l’œil noir. La componction guide ces palinodies.

J’aime Éric Cantona ; il est drôle. Le sait-il ? Nous sommes chez Flaubert. Bouvard et Pecuchet devisent. Monsieur Homais fait ses comptes. D’apothicaire, forcement.

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Je ne doute pas que la vie soit une épreuve pour l’ex King de Manchester. Il publie ces jours derniers un petit livre de dessins, carnets de croquis tracés au feutre noir dont le sens m’a un poil échappé. Sont-ce quelques allégories que la nuit inspire entre le premier endormissement et le sommeil paradoxal ? Un artiste est parfois incompris.

Eric Cantona a fait le tour des studios radios et plateaux télés avec ce petit calepin de couleur noir que vous pourrez offrir à Noël pour égayer le réveillon. Je félicite l’ami Alexandre Delperrier d’avoir transporté dans son taxi Eric Cantona. L’automobile a traversé les rues de Paris, équipée de micros et caméras pour recueillir la parole sacrée même si la conversation a parfois plombé l’ambiance.

Hélas, cette ballade entre deux feux rouges fut de trop courte durée. Quel dommage que Jacques Chancel soit parti ! Il eut consacré un Grand échiquier, invité Herbert von Karajan, convié Arthur Rubinstein. Et qui sait si Maurice André ne serait pas passé, histoire de rendre hommage à notre ex footballeur. Maurice André était trompettiste.  

Dans le rôle de Philinte écoutant Alceste, Delperrier fut parfait. Il a entendu Cantona comme il faut l’écouter : religieusement. Il n’est pas utile de contredire Cantona. A quoi bon ? Passé cinquante ans, Alceste ne changera plus. Ce fut un joli moment de télé. Chacun en prit pour son grade ; Canto faisant de chaque chose son fiel : Neymar, la Ligue 1, la France, Guingamp etc.

Eric Cantona n’est jamais décevant. J’attends avec impatience le tome II de son carnet aux éditions Flammarion. « Si tout n’est pas carré, je tourne en rond » indique la jaquette. On ne saurait mieux dire.  


Pascal 

 

 

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