Amiens sous le choc

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29 supporters blessés dont cinq grave. Le football a connu son accident le plus grave dans un stade depuis la catastrophe de Furiani en 1992. 

Qu’en 2017, une barrière cède devant le poids des supporters, qu’un stade de Ligue 1 n’assure pas la sécurité des spectateurs, qu’un préfet de la République explique que la commission de sécurité a fait son travail, qu’un président de Ligue 1 accuse les Ultras du club visiteur d’avoir voulu envahir la pelouse et qu’il les tienne pour responsables de l’accident et enfin que Madame la Maire de la ville ne suspende pas le stade avant même que l’enquête ne commence me parait ahurissant, révoltant et pour tout dire scandaleux.  

Citons le nom de ces braves gens : Philippe de Mester, préfet de la Somme, Bernard Joannin, président du club d’Amiens, Brigitte Fouré, maire UDI d’Amiens. J’oubliais le président d’Amiens Métropole, Alain Gest, qui expliquait ce samedi sur RTL durant le Multiplex, que le toit du stade était rouillé mais que les tribunes ne l’étaient pas. Le stade a vieilli par le haut, non pas le bas. De la même façon que le poisson pourrit.

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Que tous ces gens ouvrent le parapluie, chacun en a l’habitude dans ce type d’accident. Ce n’est jamais la faute de personne. Tout le monde se défile. J’écoutais les Mester, Gest et Fouré et je me souvenais des premières déclarations au lendemain de la catastrophe de Furiani. Tout était en règle, tout avait été fait. Demandez aux familles qui pleurent encore leurs morts ce qu’elles en pensent.

Au parapluie, le president d’Amiens Sporting Club, Bernard Joannin, a ajouté l’indécence. Son attitude et ses déclarations discréditent son action. Monsieur Joannin a-t-il encore sa place pour diriger un club de l’élite ? Qu’il s’excuse d’abord, qu’il démissionne ensuite. 

Nous étions ce samedi à l’antenne sur RTL avec Christian Ollivier pour la soirée du Multiplex, entourés d’Éric Silvestro et Bertrand Latour. Aucun des intervenants, préfet, maire, président, ne prenaient la mesure de ce qui aurait pu être un drame et qui – par miracle ! – n’a mortellement blessé personne.

Je pense ce matin aux Ultras de Lille, à leurs familles, à leurs parents. On ne va pas dans un stade de football pour terminer son voyage à l’hôpital. Le stade de la Licorne n’est pas adapté à recevoir des matches de Ligue 1, ni à accueillir des supporters d’un club de l’élite. Il fallait en faire l’analyse et en tirer les conséquences. Pour ne pas l’avoir fait, ceux qui sont aux manettes, administratives ou sportives, devront en porter la responsabilité.


Pascal 

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